APOLOGÉTIQUE

CATHOLIQUE 

o u

 

PREUVE

- par des arguments historiques et rationnels -

de la véracité

de la  seule R E L I G I O N

révélée PAR DIEU


 

_ 1 _ APOLOGẾTIQUE


(1)   Définition de l'Apologétique

 

D'après la signification du mot, "apologétique" signifie : "justification, défense" Appliqué au domaine religieux, ce mot concerne la justification et la défense de la foi religieuse.

L'Apologétique chrétienne est donc la science qui démontre, par la seule raison, la crédibilité de la Foi catholique.

A noter ici qu'un fait rapporté possède la "crédibilité" lorsqu'on peut raisonnablement accorder crédit à ce fait en raison des preuves manifestes qu'il apporte. Il y a, par ailleurs, "crédentité" lorsque c'est un devoir de croire au fait en question, en raison de l'importance de ce qu'il révèle à notre intelligence et à notre conscience.

Or, l'Apologétique chrétienne montre que la Foi catholique possède ces deux propriétés = la crédibilité et la crédentité.

But de l'Apologétique :

L'Apologétique chrétienne a donc pour but de montrer que l'on peut raisonnablement (et même rationnellement) croire à la r6vélation chrétienne dont Jésus-Christ est l'auteur et dont l'Eglise catholique apostolique et romaine est l’organe infaillible ;et même qu'il faut croire à cette révélation en raison de l'importance de ce qui en fait l'objet = le présent et l'avenir de l' âme humaine, compte tenu de ,ce ,qu'il Y va de la gloire de Dieu et de notre bonheur surnaturel actuel et éternel ,ou de notre malheur éternel consécutif à la séparation d'avec Dieu.

Précisons ici que "avoir foi en" signifie "tenir pour absolument vrai tel évènement, ou telle affirmation dont on n'a pas une évidence intrinsèque et sans intermédiaire, mais dont l'évidence est rendue certaine en raison de la valeur du témoignage ou du témoin, et de la véracité manifeste du témoignage éprouvé par le jugement rationnel de celui qui aboutit à l'acte de foi.

(2) Le but de l'Apologétique chrétienne, en fait sera donc double :

 

a)               Démontrer le caractère raisonnable et logique de l'adhésion de foi aux vérités religieuses considérées ( =crédibilité); et le caractère raisonnablement logique de la nécessité de cette adhésion (=crédentité) à ces vérités, en raison de l'importance pour l'individu de ce qui est en jeu. Par ailleurs, en face de cette question que beaucoup se posent logiquement = "Parmi toutes les religions qui partagent les humains, quelle est la vraie? ", l'Apologétique chrétienne répond = c'est la Religion catholique qui est la seule vraie! Et elle le prouve ensuite en donnant rationnellement aux plus incrédules les motifs raisonnés et critiques de cette affirmation.

De la sorte, une bonne apologétique

1° confirmera le croyant dans sa foi et l'éclairera.

2° elle guidera aussi vers la Vérité révélée l'incroyant de bonne foi et qui cherche avec une intention droite, la Vérité religieuse.

b)              L'Apologétique chrétienne a aussi pour but, du fait des conclusions critiques auxquelles elle aboutit, de réfuter les objections ces adversaires qui s'opposent aux bases de la Foi chrétienne ou aux dogmes révélés par Dieu et auxquels nous croyons sous la conduite infaillible de l'Eglise visible.

 

(3) La Foi

1° Comme cela a été dit plus haut, l'acte de foi (=avoir la Foi), considéré de point de vue purement intellectuel, consistera à tenir pour vraie une proposition reçue comme telle non pas en raison d'une évidence concrète et vérifiée par soi-même, mais en raison de la qualité des critères de véracité du fait rapporté ou proposé comme authentique.

2° Considéré par rapport au domaine religieux, l'acte de foi intellectuel est l'acceptation d'un enseignement d'origine divine par la soumission à l'autorité souveraine de la Parole divine.

Pour arriver à cet acte, il faut ce qu'on appelle des "motifs de crédibilité" - ou raisons sérieuses de croire.

C'est le rôle Le l'Apologétique d'Apporter ces motifs préliminaires et nécessaires à l'acte de foi.

En effet, l'esprit humain est ainsi fait qu'il affirme une chose, ou y croit fermement =

a) ou bien parce qu'il constate manifestement et par lui-même cette chose ( = évidence intrinsèque) ;

b) ou bien parce que quelqu'un manifestement digne de foi affirme cette chose et qu'il est, pour cette raison, tout-à-fait raisonnable de le croire compte-tenu de sa valeur personnelle ou des preuves qu'il apporte de son témoignage ( = évidence extrinsèque) .

N.B. C'est l'acte de foi intellectuel tel qu'il est considéré dans ce paragraphe qui est l'aboutissant logique de l'étude apologétique.

3° Enfin, considéré dans ses .conséquences religieuses d'union à Dieu, la Foi sera non seulement l'adhésion intellectuelle et rationnellement motivée chez le croyant en question, mais encore toute la richesse. .divine' de Grâce répandue dans l'âme réceptive et accueillant la vie divine en elle.

A ce point de vue, la Foi en question se confond volontiers, dans sa signification essentiellement religieuse avec la Vie divine de Grâce.

Et c'est en conséquence de cela qu'il est alors recommandé aux âmes vraiment bien disposées de « vivre leur Foi », c'est-à-dire de se sanctifier toujours davantage par les Sacrements, la prière, d'une part; et, d'autre· part, de se comporter pratiquement et en tout conformément aux convictions chrétiennes acquises mais aussi conformément aux exigences morales de la présence divine de Grâce dans l'âme fidèle. _

C’est en spiritualité ( = théologie ascétique nuptique) qu'est considérée la Foi telle que nous venons de la caractériser dans ce paragraphe.

 

(4) Importance de l'Apologétique._

 

Cette importance est manifeste, puisqu'il s'agit de conduire l'esprit humain d'une façon scientifique à l'acte de foi. et de justifier rationnellement cet acte de foi, lequel constitue le premier pas indispensable en vue de "la rencontre" avec Dieu et de l'union de Grâce avec Lui dès ici-bas, avant l'union parfaite et éternelle avec Lui dans l'Au-delà = but unique de l'homme, puisqu'il a été créé par Dieu pour être en Dieu.

N.B. Il faut préciser ici que l'apologétique est une véritable science, puisqu'elle en a les marques distinctives, toute science se définissant comme étant

" Un ensemble de connaissances exactes et précises ayant un objet déterminé et auxquelles on est parvenu grâce à l'expérience répétée des relations logiques et stables de cause à effets."

Remarques·-

1° l'Apologétique est d'autant plus à la portée de toutes catégories d'esprit qu'elle ne fait pas appel à la Foi religieuse, mais seulement au strict raisonnement, c’est-à dire aux seules considérations d'ordre rationnel.

2°- Et si elle ne suppose pas l'acte de Foi religieux, elle n'apporte pas non plus automatiquement la Foi ; elle ne fait que préparer cet acte en en fournissant à l'esprit bien disposé et objectif dans ses raisonnements, toutes les conditions nécessaires à l'acte logique de Foi, c'est-à dire à l'adhésion raisonnée aux vérités rapportées et auxquelles il sera logique, en effet, d'adhérer compte-tenu des preuves rationnelles présentées ~ l'esprit critique du futur croyant.

Mais l'acte de Foi lui-même, c'est-à-dire l'adhésion intellectuelle elle-même aux vérités religieuses par l'individu concerné ne devra et ne pourra être que le fait de l'individu en question. Et c'est par une Grâce de Dieu que, initialement puis se servant· des arguments rationnels apportés, l'intéressé pourra poser cet acte de Foi •

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(5) État d'esprit désirable pour l'étude de l'Apologétique.

Deux cas sont à considérer ici :

1° Celui du croyant convaincu =

- Celui-ci devra évidemment garder son adhésion ferme aux vérités révélées par Dieu et transmises infailliblement par l'Eglise.

- Il devra aussi chercher à se rendre compte loyalement, et sincèrement et scientifiquement de la valeur absolue de ses croyances religieuses, puis des motifs et de l'obligations logique de croire.

Au moment d'étudier l'Apologétique, le croyant a une connaissance réelle des motifs raisonnables de sa Foi  mais cette connaissance est souvent confuse. C’est l'Apologétique qui lui fournira cette connaissance plus approfondie et plus riche de la certitude et du bien fondé de son adhésion de Foi.

2°- Cas de l’incroyant ou du non-catholique =

Au moment d'aborder l'étude apologétique,

il convient, dans ce cas-là, d’être armé de deux dispositions

a) Avoir un désir sincère de la vérité telle qu'elle est en elle-même. D'où probité intellectuelle manifeste et objective, quitte à devoir renoncer, si nécessaire, à des préjugés personnels et à des antipathies.

b)Et il faudra être prêt, ensuite, si l'on pense avoir découvert la vérité, à accepter tous les sacrifices et conséquences consécutives aux exigences de la vérité.

          N.B.    Des dispositions morales - en plus des dispositions intellectuelles - favoriseront, et, dans certains cas, conditionneront la découverte de la vérité.

La religion chrétienne n'est gênée par rien de ce qui est grand, noble et légitime. Elle mène au plein épanouissement de la vie rationnelle et humaine. Elle comble et dépasse les vraies aspirations de notre âme. Mais il ne faut pas oublier que l'attachement à tout ce qui est moralement bas et vil est un obstacle possible - et très souvent réel - à l'acceptation des enseignements divins.

Enfin, à côté du rôle de l'intelligence et de la volonté, l'expérience des croyants et des convertis a toujours reconnu l’action de la Grâce en tant qu'aide divine indispensable et accordée à toute âme de bonne volonté et d'intention droite. Ce qui confirme l'enseignement catholique. Et la simple prudence conseille, en matière aussi importante, de demander cette Grâce par la prière.

  (6)      Division de cette étude apologétique

L'Apologétique telle que nous en traiterons, comprendra trois parties principales =

1°/ Notions sur Dieu; sur l'être humain; et sur ses rapports avec Dieu = D'où la conclusion de la nécessité d'une religion et d'une religion révélée par Dieu.

2°/ Divinité manifeste de la religion chrétienne, en raison de la divinité de son fondateur = Jésus-Christ, qui est Dieu-fait-homme.

3°/ L'Eglise catholique romaine est celle que Jésus-Christ a instituée pour transmettre fidèlement et infailliblement la Vérité révélée.

Puis, par mode de conclusion de cette étude, seront ajoutées quelques notions sur la constitution visible et humaine de cette Eglise (=chefs et membres de l'Eglise visible).

  (7)      Une considération préliminaire =

Les Causes de l'incrédulité ou de l'indifférence religieuse

Puisque l'acte de Foi est un acte de l'intelligence commandé par la volonté et aidé par la Grâce, il est facile de concevoir que la Foi exige, en ces trois domaines, des dispositions. Et donc, là où, par la faute de l'homme, ces dispositions feront défaut, Dieu ne trouvera en face de "Sa Parole" (=Son enseignement et Sa Grâce), qu'incrédulité ou indifférence, au lieu de la Foi sincère qu'elle mérite.

1°) S’opposeraient aux dispositions de l'intelligence:

A.- L'ignorance. Ignorance des motifs de la Foi; ou ignorance des vérités de la Foi. Cette ignorance peut être causée par les circonstances défavorables en lesquelles se trouverait l'intéressé; ou bien aussi en raison de sa négligence coupable (ou celle de ses parents éducateurs). De nos jours, le laïcisme des écoles d'Etat mène inéluctablement à cette ignorance.

B.- Les nombreux préjugés et erreurs qui circulent contre ces vérités; spécialement la tendance è donner libre cours, même valeur et même droits à toutes les opinions

2°) Aux dispositions de la volonté et de la sensibilité s'opposeraient les trois mauvaises et fondamentales tendances des hommes =

A - l'orgueil = Croire, c'est soumettre notre esprit sans pouvoir arriver à comprendre parfaitement ni totalement la Vérité en elle-même. Là où l'humilité manque, la Foi germe et demeure avec plus de difficulté.

B - l'attachement excessif aux biens matériels = les richesses terrestres de diverses natures, ainsi que les plaisirs et les honneurs, lors qu’ils rabaissent les préoccupations de l’homme, l'empêchent de s'occuper suffisamment de Dieu et de son âme. A bien plus forte raison si on laisse les passions l'emporter sur la raison.

3°) Le refus de la Grâce divine par l'impiété serait .aussi une cause très réelle de l'incrédulité ou de l'indifférence religieuse : Là, donc, où la piété s'affaiblit, la Foi tend aussi à s'affaiblir et même à disparaître -

En conséquences et par opposition à ces mauvaises dispositions = Nécessité de s'instruire de la religion; de combattre les préjugés; de choisir le milieu à fréquente ­Nécessité aussi de la vertu d'humilité; de la pureté d’intention; de la modération dans l'usage de tous les biens terrestres. - Enfin, nécessité d'une piété simple, mais réelle et forte, bien .Éclairée et alimentée par la Grâce des Sacrements, la prière, la vraie charité et le souci du devoir d'état bien accompli.

Car, dans notre vie en général et dans nos rapports de conscience avec Dieu en particulier = tout se tient.

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Quelques citations

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-      « Dans mes vers, la raison conduit l’homme à la Foi » (Racine)

 

-       « Qu'une chose doive être crue, ce n'est pas la Foi qui le voit, c'est la raison »

                                                                                                (Cardinal Pie)

 

-      « La Foi est un assentiment donné à la Parole de Dieu. Mais, avant de se lier, le croyant a besoin de s'assurer que Dieu a vraiment "parlé". Ce que Dieu enseigne, je dois le croire. Mais la question de savoir si Dieu a "parlé" est une question de fait; et l'enquête que j'institue pour résoudre cette question est de l'ordre de la raison. »                                                                                    (Mgr. d'Hulst)

 

-      « Celui qui croit une chose ne le croirait pas s'il ne voyait pas que cette chose doit (raisonnablement) être crue, soit à cause de signes évidents, soit pour un autre motif du même genre. » (St Thomas d’Aquin)

 

-      « Lorsqu'on parcourt la littérature contemporaine, on a vite fait de constater que, quand l'incrédulité dit ses raisons, on la prend en flagrant délit d'ignorer ce qu'elle rejette, et de se faire une idée du christianisme qui est toute différente du vrai ».

                                                                                                 (P.Longaye)

 

        - « Dresser l'une contre l'autre la Religion et la Science, c'est surtout le fait de gens mal instruits dans l'une et dans l'autre. »                                                                   (P. Sabatier)

 

-      « On se fait, des vérités religieuses fondamentales et immuables, les idées les plus bizarres; et on en arrive à prêter de bonne foi à l'Eglise des singularités, ou même des absurdités qui, de près ou de loin, n'ont absolument rien de commun avec ses croyances. »                       (Mgr. Dupanloup)

 

-      « Ceux qui, le plus souvent, condamnent la Religion, ne le font que par esprit d'orgueil; comme si le savoir humain était capable de trouver une solution à toutes les énigmes de la vie. » (G.André, de l'Académie des Sciences)

 

-      « Si la géométrie s'opposait autant à nos passions et. à nos intérêts présents que la morale, nous ne la contesterions pas moins, malgré toutes les démonstrations ».

                                                                                                     (Leibnitz)

 

-      « Bien des gens conviendraient, s’ils étaient sincères, que ce qui les éloigna d’abord de la Religion, ce fut la règle sévère qu'elle impose à tous au point de vue des sens ».

                                                                                                   (F.Coppée)

 

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1ère Partie

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DIE U    E T   L' H 0 M M  E

 

Seront traités, dans cette 1ère partie, qui est la base nécessaire des deux autres, ce que l'on peut appeler « les grands problèmes ».- A qui réfléchit vraiment apparaîtront l'importance et la gravité de la matière.-

Ces grands problèmes peuvent se formuler ainsi :

1°/ D'où venons-nous?

Y a-t-il un Etre supérieur qui, étant à l'origine absolue de tout, nous a créés et nous gouverne?

La réponse sera = Oui.- Cet Etre existe. On l'appelle Dieu (= lumière). C'est l'Etre parfait, initial, immuable et nécessaire en tant que cause première de tout et ordonnateur de toute le création.

2° / Qui sommes-nous ?

C’est-à-dire quels sont les éléments de notre nature humaine ?

La réponse sera = Nous sommes composes d’un corps matériel et mortel uni à une âme spirituelle et immortelle qui lui donne vie.-

3°/ Où allons-nous ?

C'est-à-dire = Pourquoi sommes-nous sur terre ? Quel est notre but ? Comment devons-nous atteindre ce but et que faire pour cela, sous peine (Je manquer la finalité de ce passage sur terre?

A quoi la réponse sera = Nous sommes faits pour glorifier Dieu, notre fin ultime, et pour nous procurer ainsi le vrai bonheur. -Et nous devons retourner à Lui par un comportement conforme à la Religion que, pour notre bien, Il a révélée Lui-même.


D I E U

 

La première question qui se pose en Apologétique est celle-même qui apparaît comme la plus importante à tout humain qui réfléchit vraiment : « Existe-t-il au-dessus de la créature humaine un être supérieur à tous et à tout, et créateur et maître souverain du monde ? Et si oui, quelle est sa nature ? »

Cette question amène tout normalement alors, l'étude des preuves rationnelles de l'existence de Dieu.

On distingue habituellement deux catégories de preuves = les preuves rationnelles et physiques et les preuves morales; celles-ci venant plutôt confirmer celles-là.

4°/ Preuves rationnelles et physiques de l'existence de Dieu.

Ce sont des preuves qui se présentent à l'esprit humain d'une façon intellectuellement spontanées: L’esprit humain qui est de bonne foi, en jetant un regard objectif sur le vaste et merveilleux univers connu, constate clairement que cet univers porte à la fois les marques si évidentes de grandeur, de complexité et d'imperfection, qu'on ne peut pas ne pas conclure sincèrement par cette constatation de bon sens que « cela n'a pas pu se faire tout seul; pas plus que cela ne pourrait se diriger et se mouvoir constamment sans un chef d'orchestre nécessairement au-dessus de tout cet univers. »

Guidé par son intelligence et son raisonnement rationnel, en même temps que par le principe de causalité - à savoir qu'un effet ne peut pas ne pas avoir de cause - l'esprit humain passe alors, sans hésiter, de l’œuvre ainsi constatée au nécessaire auteur ainsi qu’au non moins nécessaire ordonnateur de tout cet univers.

Ainsi l'esprit humain remonte du fini et du créé qu'il constate concrètement à l'infini et à l'incréé. De même qu'il remonte de l'imparfait au nécessaire parfait.

Cette voix du bon sens a été comme codifiée scientifiquement - rationnellement donc - dans les preuves physiques que nous allons d'abord étudier.

Redisons ici que le procédé commun à toutes ces preuves rationnelles s'appuie tout à la fois sur l'expérience concrète et sur la stricte raison sans appel à la Foi, par conséquent. C'est ce qui rend ces preuves aisément accessibles à l'esprit humain.

Ainsi, regardons et observons les êtres autour de nous = nous constatons qu'il y a quantité d’êtres qui commencent d'exister et qui n'ont pas en eux-mêmes l'explication de leur existence. Il y a foules d'êtres qui changent, et qui sont plus ou moins parfaits. Nous constatons aussi dans le monde un ordre admirable : chaque plante donne naissance à son espèce; les saisons reviennent harmonieusement; la nature corrige elle-même en maintes circonstances les effets de certains accidents, etc... En raisonnant quelque peu sur toutes ces constatations manifestes nous nous rendons très vite compte que tout cela ne peut pas s'expliquer par ces êtres eux-mêmes; mais ne peut l’être raisonnablement que par l'existence de cet être supérieur à tous ces êtres considérés. C'est donc à l'existence de cet « être supérieur » et nécessaire que nous devons raisonnablement, rationnellement conclure.-

Donc = un fait constaté; un principe et une conclusion logique : voilà ce que contient chaque argument.

Et nous pouvons déjà préciser ici que toutes les cinq - et classiques - preuves de l'existence de Dieu se ramènent au constat de la contingence des êtres peuplant l'univers par rapport à un être nécessairement absolu.

 

                                     1ère preuve

Elle est tirée de la nature des êtres de ce monde.

a) le fait = Aucun être de ce monde n'a en lui même l'explication (l'origine) de son existence;

b) le principe = Or, tout ce qui existe doit posséder une explication de son existence, en soi ou hors de soi;

c) la conclusion =Donc il existe un Etre nécessaire, distinct du monde et qui en est la raison, l’origine et l'explication dernière. Cet être nous l'appelons DIEU.

N.B. Les êtres de ce monde n'ont pas, en eux ­mêmes, une existence nécessaire. Ils pourraient ne pas exister. Ils ne portent donc pas en eux-mêmes une explication suffisante de leur existence. Il faut donc que leur existence vienne de l’extérieur; d'un être distinct de ce monde (lequel, en effet, ne comporte que des êtres contingents); un être dont la nature-même sera d'exister sinon l'on repousse le problème de l'origine des êtres sans le résoudre rationnellement.

 

2ème preuve

Elle est tirée de l'origine des êtres de ce monde.

a) le fait constaté = Tous les êtres d8 ce monde commence d'exister.

b) le principe = Or, tout être qui commence d’exister a nécessairement une cause distincte de lui-même.

c) la Conclusion = Donc le monde a une Cause distincte de lui et d’où il est originaire.

Cet être, nous l'appelons DIEU.

 

N.B. Les êtres de l'univers ont la plupart du temps une origine immédiate, « parentale », mais nous constatons que les êtres qui les ont produits ont aussi une origine parentale; et ainsi de suite. Ils transmettent l'existence mais ne la créent pas...

Or, on ne peut pas raisonner ainsi à l'infini : il faut nécessairement rechercher l'origine, la cause première et unique de l'existence de ces êtres ailleurs et au-dessus de ces êtres.

 

3ème preuve

Elle est tirée des changements que subissent les êtres que nous constatons dans l'univers.

a) le fait = Tous les êtres du monde subissent des changements, une certaine mutation;

b) le principe = Or, tout changement suppose un être immuable qui en est l’origine et le producteur;

c) conclusion = Donc, il existe un Etre immuable producteur de tout changement.

 

N.B. Parmi ces changements en question, on distingue =

- Le changement de lieu = le mouvement local ces êtres (en astrologie, par exemple, celui des cellules d'un corps, etc ... )

- Le changement de propriétés = passage d’une qualité ou d'un état à un (e) autre. Grâce à cela, bien des êtres acquièrent ainsi ces qualités qu'ils n’avaient pas auparavant.

Or, on ne peut pas expliquer un mouvement ou un changement sans l'existence et la capacité d'un agent - moteur de ces mouvements et changements. Et cet agent ne devra pas être seulement celui qui transmet cette énergie produisant le mouvement et le changement constaté, mais celui qui donne, crée par lui-même cette énergie qu'il n'a nécessairement reçue de personne, sinon on repousse le problème sans le résoudre.

D'où, la nécessaire existence d'un être stable et immuable.

 

4ème preuve

Elle est tirée des degrés de perfection constatés dans les êtres de l'univers.

a) le fait = Tous les êtres de l'univers sont plus pu moins imparfaits.

b) le principe = Or, une série d'êtres imparfaits suppose nécessairement un premier Etre, Parfait, Simple eh Lui-même, et Unique, par rapport auquel les autres êtres sont, précisément, et par référence, imparfaits.

c) la conclusion = Donc, cet Etre existe nécessairement. Nous l'appelons DIEU.

N.B. Les êtres qui existent dans l'univers possèdent à des degrés très divers des qualités = la beauté, la bonté, sagesse, puissance, etc... lesquelles sont des perfections pures. Et partout où il y a des degrés de qualités. Il y a nécessairement au-dessus de ces êtres l'idéal de perfection par rapport auquel chaque qualité est relativement considérée. C'est précisément cet idéal de perfection, Etre nécessairement Parfait en Lui-même, Absolu et Infini que nous appelons DIEU.

 

5ème preuve

Tirée de l'ordre du monde.

a) le fait constaté = Il existe, dans le monde, un ordre universel et essentiel aux choses (Ex = l'instinct des animaux qui les fait agir merveilleusement dans le sens de ce qui leur convient. Ex = le rôle des astres et de bien des choses ici-bas par rapport à quantité d'autres êtres qu'ils aident etc ... Bref = Ordre ayant pour but d’ordonner et de réaliser l'adaptation des moyens à leur fin propre).

b) le principe = Or, tout ordre (lequel est essentiellement organisation en vue d'une réalisation précise) exige une intelligence (concevant et dirigeant tout cet ensemble de relations constatées entre les êtres) et une puissance appropriée qui expliquera et dirigera cet ordre entre les choses en vue d'une fin connue, voulue et à laquelle parvenir.

c) La conclusion = Donc, il existe une Intelligence supérieure et absolue, Toute puissante et infinie, créatrice et ordonnatrice du monde.

Nous l'appelons DIEU

N.B. Aucune autre explication n'est possible.

1°/ Le hasard n'est que la rencontre inattendue, non nécessaire, mais fortuite de deux causes; il ne peut donc pas être régulièrement ni constamment à l'origine de ce qui nécessite une finalité précise, régulière et constante.

2°/ la constance et le déterminisme des lois de la nature ne satisfont pas davantage; car c'est précisément cela qu'il faut justifier. Et vouloir rendre compte d'un mécanisme par son fonctionnement même c'est refuser de l'expliquer.

3°/ La prétendue « évolution mécanique et inconsciente » grâce à laquelle les organes se formeraient sous l'impulsion du besoin n'explique rien non plus.

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Considérations consécutives :

- L'ordre du monde suppose donc une intelligence supérieure pour le concevoir, en même temps qu'une puissance absolue pour le réaliser.

- De toute évidence, cette intelligence n'est pas l'intelligence humaine. C'est une intelligence bien supérieure à la nôtre, puisque c'est déjà avec beaucoup de peine que nous ne pouvons que découvrir les merveilles du monde des infiniment grands et des infiniment petits.

- Par ailleurs, cet ordre est essentiel au monde, et non pas surajouté aux êtres. Il doit donc provenir aussi de l'auteur du monde. Et nous avons vu plus haut que cet auteur du monde ne peut être que d'une nature infinie, nécessaire et parfaite.

- Il existe donc un esprit infini, une intelligence parfaite et toute-puissante, créatrice et conservatrice du monde et de son ordre.

 

6°/ Preuves d'ordre moral et psychologique de l'existence de Dieu.

 

N.B. Ces preuves sont dites telles, mais, en réalité, parce qu'elles ne reposent pas essentiellement sur le rationnel, elles peuvent avoir moins de force convaincante pour maints esprits. Toutefois, voici celles qui sont classiquement données =

1°/ Preuve par le consentement universel =

Tous les peuples, pratiquement, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont reconnu ou ont ressenti le besoin de l'existence d'un Etre absolu et souverain, créateur et conservateur (=maître) de tout.

Ce plus inné et subjectif des humains correspond certainement à une réalité objective.

De même, tous les humains aspirent essentiellement et fondamentalement à l’infini ; infini dans un bonheur parfait et constant de même qu'en une vérité claire et complète. Or une tendance aussi naturelle et innée, comme celle ci-dessus, exige et suppose un objet réel = à savoir un être infini et parfait, éternel et source de tout bonheur.

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Citations apologétiques

« (Pour expliquer sans Dieu l'origine du mouvement) il faudrait donc admettre une puissance dans la matière-même, ce qui serait contraire à la doctrine de l'inertie; ou bien admettre le manifestation, du mouvement sans une cause = ce qui serait la négation des bases de toute science.

                                                                                             E. Naville.

« Les hommes véritablement scientifiques avouent franchement ne pouvoir apporter aucune preuve satisfaisante de l'origine de la vie sans une vie antérieure démontrée. »

                                                                                            J. Tyndall.

« Personne n’a vu une production spontanée de matière organique. Ce ne sont pas les théologiens, ce sont les Savants qui la repoussent. »

                                                                                              Virchow.

« Puisqu'il est acquis que le point de départ de tout être vivant est un germe, il s'ensuit que l'origine de la vie sur le globe terrestre implique une cause première. »

                                                                                           E. Ferrière.

" Il y a (dans le passage de la matière inorganique è la matière vivante) une borne immuable, une limite infranchissable opposée aux sciences naturelles. »

                                                                               E. du Bois-Reymond.

« L’impossibilité de concevoir que ce grand et étonnant univers avec nos ‘moi’ conscients a pu naître par hasard me paraît être le principal argument pour l' existence de Dieu. »

                                                                                                Darwin.

« Plus le champ de la science s'élargit, plus les démonstrations de l'existence éternelle d'une intelligence-Créatrice deviennent nombreuses et irrécusables. Géologues, mathématiciens, astronomes, naturalistes = tous ont apporté leur pierre à ce grand temple de la Science = temple élevé à Dieu Lui-même ».

  Herschell.

« On m'arracherait la peau plutôt que la croyance en Dieu. Je ne puis pas dire que ‘je crois en Dieu = Je le ‘vois’ .Sans Lui, je ne comprends rien. Sans Lui, tout est ténèbres. »

                                                                                              H. Fabre.

« Dans le mouvement régulier des planètes et de leurs satellites; dans leur direction, leur plan, le degré de leur rapidité, il y a la trace d'un conseil; le témoignage de l'action d'une cause qui n'est ni aveugle, ni fortuite; mais qui est assurément très habile en mécanique et en géométrie. N'en doutez pas = il est absurde de supposer que la nécessité préside à l'univers; car une nécessité aveugle étant partout la même ne saurait produire dans les choses la variété que nous y constatons. Tout porte l'empreinte d'un même dessein. Tout doit être soumis à un seul et même être. »

                                                                                               Newton.


 

2ème partie

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Rapports de Dieu et de l'homme.

- Puisque Dieu est nécessairement créateur et maître souverain en même temps que fin ultime de l'homme, ce dernier doit logiquement avoir des rapports qui le relient à Dieu.

Ces rapports seront d'autant plus intimes au niveau de la nature humaine (comparativement aux autres créatures non spirituelles) qu'il a reçu un esprit = ce qui lui permet des relations plus profondes avec son Créateur.

C'est l'œuvre de la Religion que l'établissement de la nature de ces rapports de la créature humaine avec son Créateur, et inversement.

- La Religion sera donc à la fois =

+ L'ensemble des vérités qu'il faut connaître pour connaître Dieu, L'aimer et vivre en conformité avec Son plan d'amour pour nous.

+ Et l'observance de ces vérités dans le mode courant de vie, en vue de réaliser, par voie de 5râce (qui est présence de Dieu dans l'âme fidèle), l'union d'intimité familiale avec Dieu qui se réalise excellemment par l'habitation des Trois Personnes divines en l'âme réceptive.

- Puisque l'être humain est relié à Dieu par la Grâce et vit sa Foi d'enfant de Dieu pas des convictions mais aussi par les actes de ses facultés humaines = intelligence et volonté, la Religion exigera donc =

1°/ des actes d'intelligence en vue de l'adhésion aux vérités de la Foi.

2°/ Puis des actes de volonté, en vue de remplir les devoirs qui expriment les bonnes dispositions et permettent l'union de Grâce.

3°/ Enfin, la Religion supposera aussi une participation de la sensibilité, et même du corps parfois, en vue de poser des actes rituels exprimant un culte liturgique extérieur.

Ainsi, c’est toute notre nature qui est mise en contact avec Celui par qui nous sommes, et pour qui nous existons.

La nature de nos rapports avec Dieu devra être marquée par :

1°/ notre Amour pour notre Créateur et Père.

2°/ notre reconnaissance envers Dieu notre Rédempteur.

3°/ notre regret et notre amendement en cas de péché.

4°/ Enfin, par notre demande instante de Lui être fidèle, et de tous les biens spirituels et matériels dont nous avons besoin pour entretenir de bonnes relations familiales entre Lui et nous.


 

3ème partie

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Les motifs de crédibilité de la Religion Chrétienne.

 

A.- Réflexions préliminaires.

- Il s'agit, en cette importante partie de l'étude apologétique, de présenter des arguments qui fourniront la preuve que nous pouvons être certains d'être dans la vérité lorsque nous avons foi en la religion chrétienne.

- Ces arguments ne font pas usage de la Foi, mais seulement de la raison.

- Le raisonnement essentiel de fond aboutira à la constatation suivante: Puisque les preuves que l'étude apologétique apporte à l’esprit qui raisonne sainement et objectivement concernant surtout l'origine, puis la nature et la finalité de la religion chr6tionne, ne peuvent pas être d'origine humaine et naturelle, il est manifeste que ces preuves ne peuvent être que d'une origine surnaturelle. Il faut donc admettre que la Religion chrétienne a pour origine Dieu; et que, conséquemment (parce que Dieu ne peut pas nous proposer plusieurs Vérités, ni des vérités qui s'opposent), elle est la seule vraie religion révélée par Lui.

- La crédibilité de la Religion chrétienne sera donc clairement établie par ces arguments apologétiques.

- Mais, s'agissant de réalités d'une telle importance (= notre mode de vie sur terre, puis notre destinée éternelle après la mort), la conclusion ultime et logique de l'étude apologétique ne devra pas se contenter du caractère raisonnable de l'adhésion intellectuelle et pratique à la religion chrétienne; mais devra î1boutir l’obligation logique d'y adhérer en esprit et en acte. C’est cette dernière disposition que l'on appelle les "motifs de crédentité".

- La question à résoudre est la suivante = L'homme, qui est un être spirituel et immortel par son âme, doit être en relation avec l'Etre absolu qu'est Dieu; Car Il est son créateur et son continuateur vital. Ces relations s'expriment par les devoirs de la Religion.

- Et Dieu Lui-même a voulu dicter à l'homme ses devoirs par Sa Révélation.

- La question à résoudre est la suivante = Quelle est cette Révélation ? La religion qui se présente à nous par l'intermédiaire de Jésus de Nazareth est-elle vraiment révélée de Dieu? Est-ce la vraie et unique révélation ?

Tel est là l'objet essentiel et final de l'Apologétique, et auquel il s'agira de parvenir au moyen des arguments rationnels que sont les motifs de crédibilité que tout esprit humain normal exige pour adhérer avec sécurité à une affirmation.

- Pour résoudre cette question de savoir si nous pouvons être sûrs d'être dans la vérité objective lorsque nous considérons la personne de Jésus puis la valeur de Son témoignage religieux, plusieurs arguments sont possibles :

a)    Pour prouver la vérité du christianisme, il faut démontrer que Jésus était un envoyé de Dieu parlant en Son nom. Par le fait-même de cette démonstration on prouve alors que les vérités rapportées viennent de Dieu.

b)    Pour démontrer que le Christianisme est la Religion vraie, complète et définitive, il faut prouver que Jésus-Christ est le Messie promis par les révélations prophétiques antérieures.

c)    Et il faut enfin prouver plus excellemment encore que Jésus est non seulement prophète (=a)),Messie promis (=b)) mais encore qu'Il est Dieu-fait ­homme.

Ainsi, une fois établies les preuves que Jésus a parlé et agi en représentant de Dieu, en tant que Messie, et comme Dieu-fait-homme, il sera très facile de conclure logiquement que la religion qu'Il a prêchée est la vraie Religion.

-Enfin, précisons ici que les principaux documents qui nous rapportent directement les dires essentiels et les principaux faits et gestes de Jésus sont les Evangiles. Mais ils ne sont pas les seuls = il Y a aussi les Prophéties de l'Ancien Testament et dans le Nouveau Testament, les Actes des Apôtres et les Epîtres apostoliques.

 

B.- Preuves de l'origine divine de la Religion chrétienne.

 

1°/ 1er argument = Les Prophéties concernant le Messie

 

- Les Prophéties messianiques se sont toutes réalisées en la personne de Jésus. Comme elles sont des faits dont l'origine ne peut être que divine, leur réalisation exacte en la personne de Jésus atteste donc l'origine divine de la Mission de Jésus et donc de son enseignement = la Religion chrétienne.

- La prophétie =

                 ° Au sens général et large, une prophétie est toute parole dite au nom de Dieu; tout enseignement donné de la part de Dieu.

C'est ainsi que maints prophètes ont eu pour rôle essentiel de rappeler ou d'expliquer le sens d'enseignements ou prescriptions divines. Ils étaient comme « les haut-parleurs » ou « les commis-voyageurs » de Dieu, dont la mission était de rappeler à l'ordre les fidèles enclins à certains égarements moraux ou religieux, voire politico-religieux, afin de les ramener dans la bonne voie.

                 ° Au sens plus particulier et fréquent, la prophétie est souvent la prédiction certaine d'un évènement futur n'étant pas nécessairement déterminé en lui-même ou en ses causes (=évènement contingent).

- De ce fait, la prophétie ne peut pas avoir pour origine la seule intelligence humaine, laquelle est dans l’impossibilité de prévoir, sans se tromper, des évènements futurs contingents.

- La prophétie en tant qu'annonciatrice d'évènements futurs humainement imprévisibles était utilisée par les Prophètes pour attester le caractère Divin de leur enseignement sur les sujets religieux dont ils traitaient. Prévoir l'avenir n'état pas, pour les Prophètes, la préoccupation essentielle. Leur désir n'était pas d'éblouir leurs auditeurs en faisant ainsi du sensationnel, mais d'appuyer leur autorité de délégués de Dieu sur des questions précises et d'importance par des prédictions d'origine surnaturelle.

- Quatre conditions sont nécessaires pour qu'il y ait une véritable prophétie, c'est-â-dire on vrai miracle intellectuel. Il faut qu'il s'agisse =

1°/d'une prédiction = donc que l'évènement annoncé soit annoncé avant sa réalisation.

2°/ d'une prédiction certaine, et non comme une possibilité, une probabilité ou une supposition.

3°/ d'un évènement précis et bien déterminé. Qu’il n'y ait donc pas possibilité d'équivoque, ni de confusion possible, ou d'ambigüité sur la nature Ce l'événement considéré au moment de sa réalisation.

4°/ Enfin, il faut qu'il s'agisse d'un évènement inconnaissable et imprévisible par l'intelligence humaine. (Seule, l'intelligence divine, pour qui il n’y a ni passé, ni futur, mais qui voit tout et constamment, peut avoir connaissance présentement d'un fait pour nous futur:

Ce qui montre bien l'origine divine d'une prophétie.

- L'importance des prophéties comme preuve de la véracité religieuse n'a pas besoin d'être longuement démontrée. Comme preuve , elle est moins spectaculaire que celle des miracles physiques que nous étudierons plus loin; mais elle est au moins aussi importante; parce que les prophéties nous mettent en contact avec l'éternité divine {qui voit le passé et le futur dans un présent éternel} et avec l'action de Sa Providence sur le monde. On comprend la prédilection qu'avaient pour cette preuve apologétique les esprits puissants du XVIIème siècle tel que ceux de Pascal ou de Mgr. Bossuet.

- Les principaux arguments que nous tirerons de la valeur apologétique des prophéties seront les suivants :

1°/ Jésus a été prophétisé

2°/ Jésus a prophétisé.

- L'argument apologétique concernant le fait que Jésus a été prophétisé à plusieurs points de vue peut être énoncé ce la façon suivante :

° Jésus a été annoncé prophétiquement par maints Prophètes et à maints égards comme envoyé de Dieu, comme Messie-Sauveur promis et comme Dieu fait-homme.

° Or tout cet ensemble de faisceaux convergents sur la personne de Jésus-Christ, s'étant réalisé exactement ne peut pas s'expliquer par les seules capacités de l'intelligence humaine.

° Donc Jésus vient de Dieu et Son enseignement (= la Religion chrétienne) est authentiquement divin.

La preuve détaillée de cette argumentation est la suivante :

+ Le fait du prophétisme et de l'attente du Messie:

oPendant plus de mille ans (Abraham =1920 environ avant notre Seigneur), l'histoire du peuple hébreu a été, par les évènements et les prédications d'hommes envoyés de Dieu (Prophètes) une préparation continuelle à la venue sur terre d'un messie libérateur et sauveur.

Or, un fait d'une telle ampleur et d'une telle continuité est au-dessus des capacités de la nature humaine, et constitue une intervention et une aide manifestes de la part de Dieu pour "Celui qui doit venir" et pour l'enseignement religieux qui sera le Sien.

Or, celui qui est venu au terme de cette longue préparation (=Jésus) est dit l'envoyé de Dieu, le Messie et même Dieu-fait-homme. Donc, son enseignement (= la Religion chrétienne) vient vraiment de Dieu et peut être cru.

oConstat des principales prédictions et de leur réalisation =

a) - Les prédictions concernant le Messie fixent l'époque de la venue de l'envoyé-messie de Dieu. Elle le fait en particulier dans la prophétie de Jacob:

« Le sceptre ne sera pas enlevé de (la tribu de) Juda, ni le commandement à sa race, jusqu’a ce que vienne Celui qui doit être envoyé; et qui est l'attente des nations » (Genèse49,10) ­C'est donc lorsque le pouvoir sortira de la race de Juda qu'apparaîtra le messie attendu. (N.B. Jacob=18 ou environ avent N.S.)

b) - Ces prédictions annoncent la nature particulière de la conception du Messie = « Voici qu'une (jeune fille) vierge concevra et enfantera un fils » (Isaïe 7,14 - Isaïe vivait en 750 avant N.S.)

c) - Elles annoncent la nature divine de l'envoyé-messie en même temps que son origine humaine = « C'est pourquoi Il sera appelé Emmanuel = Dieu avec nous » (Isaïe, 7, 14) et « On lui donne le nom de (...) Dieu-fort, Père des siècles éternels, Prince de la Paix. » (Isaïe, 8, 5). Et encore, en St. Matthieu 1, 21 « Elle (Marie) enfantera un fils auquel (vous Joseph) vous donnerez le nom de Jésus (=Sauveur) car c'est lui qui sauvera Son peuple de ses péchés (...) Or, tout cela advint pour que fut accomplie l'annonce prophétique du Seigneur = « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d'Emmanuel ». Nom qui se traduit (par) « Dieu avec nous ».

d) - Les prophéties messianiques ont annoncé aussi clairement le lieu de la naissance de l'Envoyé-Messie-Rédempteur = à Bethléem « Et toi, Bethléem Ephrata, petite cité en Juda, tu seras grande (en importance) car c'est de toi que naîtra Celui qui doit régner (comme pasteur) sur Israël ». (Michée 5,1 et St. Matthieu 2,6). Et le texte prophétique de Michée note l'origine du messie à naître à Bethléem par ces mots qui suivent ceux cités plus haut = « ... Ses origines sont dès le commencement, dès les jours de l'éternité. Michée vivait en 720 avant J.C. »

e) - Les circonstances de l'enfance de Jésus ont été Aussi prophétisées =

« Il sera adoré par des rois d'Orient qui lui offriront en présents de l'or et de l’encens » C’est le psaume 71 de David (1000 ans avent Jésus) qui annonce cette visite des Rois Mages à Jésus.

Le Prophète Aggée (2,7à8) annonce que le Messie paraîtra et prêchera dans le second temple restauré par Hérode = « Il sera présenté au second Temple de Jérusalem. »

C'est le Prophète Jérémie (650 avant J.C.) qui annonce le massacre des enfants de Bethléem = « A Rama on entend une plainte, une amère lamentation = c’est Rachel qui pleure ses fils. Elle ne veut pas être consolée pour ses Fils, car ils ne sont plus. » Rachel (femme de Jacob) a sa tombe à l'entrée de Bethléem.

C'est le Prophète Osée (780 avant N.S.) qui annonce le retour d'Egypte de Jésus après qu'Il y aura été conduit en fuyant le massacre des Saints Innocents de Bethléem : « Il reviendra d'Egypte où Il aura fui" (Osée 11,1). Prophétie à laquelle St. Matthieu fait écho en son Evangile (2,15).

f) - Le ministère de Jésus sera annoncé et préparé par un envoyé spécial, un précurseur = C'est le Prophète Malachie qui prophétise cela 422 ans avant J.S.~Voici que Je vais envoyer Mon messager afin qu'il déblaie (= prépare) un chemin devant ma face. Et (alors), soudain, le Seigneur que vous cherchez entrera dans le sanctuaire. (Malachie 3,1)

Le Prophète Isaïe (730 à 716 av. Jésus-Christ) de son côté (Isaïe 40,3 à 5) = « Une voix criera dans le désert (disant) = Préparez la route du Seigneur - Dans la steppe, tracez un chemin droit pour notre Dieu. Que toute dépression soit comblée, et que toute montagne et colline soit abaissée. Que tout précipice devienne une plaine et les escarpements une vallée = C'est alors que la gloire de Dieu se manifestera et toute chair la contemplera.

g) Prophétiquement, la prédication de Jésus est annoncée comme devant débuter en Galilée (et non pas en Judée comme on aurait pu s'y attendre, le Messie devant naître - et sensément demeurer à Bethléem) = « Mais il n' y a plus de ténèbres (= ignorance et impiété) pour le territoire qui a été dan s l'angoisse (...) : le pays de Zabulon et celui de Nephtali (=la Galilée) verra une grande lumière; et sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort (= du péché et de l'ignorance) la Lumière resplendira ». (Isa1e).

h) Le roi David a prophétisé (940 ans avant Jésus) que cette prédication du Messie se ferait en paraboles. = « Ma bouche prononcera des paraboles; elle clamera ces choses ignorées depuis la fondation du mon de » (en St. Matthieu 13, 43 , citant le Psaume 78,2).

i) Dans cette prédication, Jésus est prophétiquement annoncé comme se présentant en bon pasteur (Ezéchiel 3 : 595 avant N.S.) C'est ce qu'Il Se dira Lui-même et que les Evangiles rapporteront.

j) Isa1e, de son côté, avait présenté Jésus comme docteur et libérateur (Isaïe 61, 1 à 2). Et nous trouvons en St. Luc 4, 16 à 22, la déclaration de Jésus s'attribuant la réalisation de la prophétie messianique d'Isaïe. Un jour de Sabbat, dans la synagogue de Nazareth, Jésus fit la lecture commentée suivante de ce passage d'Isaïe = « L'esprit du Seigneur est sur Moi, parce qu'Il m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle. (de la prédication et de la Grâce) aux pauvres (ignorants) annoncer aux captifs (du péché et de l'impiété en particulier) la délivrance; et aux aveugles, le retour de la vue; rendre la liberté aux opprimés et proclamer une année de Grâce du Seigneur » (...) Et Jésus Se mit à dire « Aujourd'hui (avec Moi) s'accomplit ce passage de l'Ecriture ».

  k) C'est encore Isaïe qui avait tracé la physionomie morale du Messie (Isa1e 42, 1 à 4). Et nous trouvons la justification en même temps que la réalisation de ces précisions en St. Matthieu 12, 18 à 22. = « Voici Mon serviteur que J'ai choisi, Mon bienaimé qui a toute Ma faveur. Je répandrai sur Lui Mon Esprit et Il annoncera la vraie Foi aux nations. Il ne fera pas de querelle ni ne criera; nul n'entendra Sa voix sur les places publiques. Il ne brisera pas le roseau froissé et n'éteindra pas la mèche qui fume encore, jusqu'à ce qu'Il ait fait triompher la vraie Foi. Et les nations mettront leur espérance en Son Nom. »

  l) Les nombreux miracles accomplis par Jésus ont été annoncés par Isa1e (26,19), tandis que nous voyons (en St Matthieu 11, 4 à 7) Jésus Se reconnaissant cette qualité de thaumaturge, (auteur de miracles) = « Allez rapporter à Jean Baptiste ce que vous entendez et voyez = les aveugles voient; les boiteux marchent; les lépreux sont guéris; les sourds entendent; les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ... »

  m) L’entrée triomphale à Jérusalem, le jour des Rameaux, est annoncée par le prophète Zacharie (21,7) ainsi que par Isaïe (62, 11) et St. Matthieu qui rapporte la réalisation de cette prophétie cite le passage prophétique au chapitre 21,verset 5 de son Evangile = « Dites à la fille de Sion (=Jérusalem) = Voici que ton Roi vient à toi, en toute modestie, assis sur une ânesse et un ânon... »

n) C'est aussi le prophète Zacharie qui annonce (en 13,7) que le Sauveur sera abandonné de ses amis « Je frapperai le pasteur et ses brebis seront dispersées ».

0) Bien plus, Salomon, en son psaume 41, annonce que c’est par l’un des siens que Jésus sera livré à Ses ennemis = même le confident à qui Je faisais confiance et qui mangeait mon pain se hausse à mes « dépens ». A cette prédiction, St. Jean (en 13, 1.8) fait écho = « Je ne parle pas de vous tous, dit Jésus, car Je connais ceux que j'ai choisis; mais il faut que l'Ecriture s'accomplisse » (en son annonce prophétique) et qui dit = « Celui qui mange mon pain a levé contre Moi son talon». Et en St. Matthieu (26, 21) on fait lire la réflexion encore plus claire de Jésus prophétisant effectivement le trahison de Judas, son Apôtre = « En vérité Je vous le dis = l' un de vous Me trahira ! »

p) C'est encore le prophète Zacharie (650 avant J.C.) qui a annoncé en 11,12 la somme de laquelle fut payée la trahison de Jésus = Et ils pesèrent mon salaire : trente sicles d'argent mais Yahvé me dit = Jette-le au Trésor, « le beau prix auquel ils m’apprécièrent. Et je pris les trente sicles d'argent et les jetai dans le Temple de Yahvé. Ainsi, Zacharie faisait déjà parler le traître Judas.

St. Matthieu (en 27,3) notera la réalisation historique de la prophétie en rapportant le comportement de Judas = « Alors, Judas, qui L'avait livré (Jésus), (...) fut pris de remords et rapporta les trente pièces d'argent au Grand Prêtre et aux Anciens » = « J’ai péché, dit-il, en livrant un sang innocent (...) Jetant alors les pièces dans le sanctuaire (=Temple), il se retira et alla se pendre ».

  q) Les Prophètes, par ailleurs et à l'opposé de ce que le peuple israélite attendait, annoncèrent très clairement un messie souffrant.

Ainsi =

        _ Isaïe, 52 et 53 = « Objet de mépris et rebut de l'humanité »

« Beaucoup ont été dans la stupeur en le voyant, tant Il était défiguré, son aspect n'étant plus ·celui d'un homme, ni Son visage celui des enfants des hommes » - Il était méprisé et abandonné des hommes - ­homme de douleurs et familier de la souffrance (...) en butte au mépris (...) vraiment, c' était nos maladies qu'Il portait, et nos douleurs dont Il s'était chargé (...) Il a été transpercé à cause de nos péchés; broyé à cause de nos iniquités. Le châtiment qui nous donne la paix (du rachat) a été sur Lui; et c'est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. (...) Yahvé a fait retomber sur Lui l'iniquité de tous ...) On Le maltraite, et Lui Se soumet et n'ouvre pas la bouche (pour Se plaindre), semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie (Se rapporter à la comparaison donnée de Jésus par Jean Baptiste- = « Voici I’ Agneau de Dieu »). (...) Il a plu à Yahvé de Le briser par la souffrance; mais quand Son âme aura offert le sacrifice expiatoire, Il verra une postérité, il prolongera Ses jours (par Sa résurrection) et le dessein de Yahvé prospèrera dans Ses mains. (...)

En maints passages des Evangiles, nous trouvons le récit circonstancié et précis des souffrances, de la Passion et de l'assassinat de Notre-Seigneur. Il serait trop long (et même inutile tant ils sont connus) de rapporter ici tous ces textes évangéliques historiques.

            _ Salomon, en son psaume 21 tout particulièrement, a annoncé divers sévices et souffrances de Notre-Seigneur = « Ils ont percé Mes mains et Mes pieds; ils ont compté tous mes os. Ils se sont partagé Mes vêtements et ont tiré au sort la possession de ces vêtements.- Et l'on peut lire, en effet, en St. Jean (19, 23) la réalisation de cette prophétie = « Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent Ses vêtements dont ils firent quatre parts. Ils prirent aussi Sa tunique, mais comme elle était sons couture, ils se dirent : ‘Tirons-là au sort’ - C’est ce qu'ils firent. »

- Toujours dans le même psaume 21, le roi Salomon, plus de 900 ans avant sa réalisation, annonce le comportement d'un grand nombre envers Jésus = « Ils se sont moqués de Moi. Ils ont remué leurs lèvres (contre Moi) et hoché leur tête disant : Il a mis Sa confiance dans le Seigneur, eh bien, que le Seigneur Le délivre et qu'Il le sauve, s'il est vrai qu'Il L'aime! » - Et c'est St. Matthieu qui rapporte en son Evangile (27,31-43) la réalisation de ces tragiques annonces prophétiques = « Les passants blasphémaient et secouaient la tête en disant : Toi qui prétends détruire le Temple et le rebâtir en trois jours, sauve-toi toi-même... » De même, les Grands-Prêtres, les Scribes et les Anciens disaient = « Il s’est confié en Dieu; si Dieu L'aime, qu’Il Le délivre maintenant! Il N'a-t-Il pas dit: Il Je suis le Fils de Dieu ! » ?-

- Puis, c'est la résurrection de Jésus qui a été annoncée prophétiquement = En son psaume 15, verset 10, Salomon fait nettement allusion à cette résurrection « Car Tu ne livreras pas mon âme au Schéol (= séjour des morts) et Tu ne permettras pas que mon corps connaisse la corruption du tombeau ». Et Jésus Lui-même, à plusieurs reprises, annonce Sa résurrection en son allusion à la Destruction du Temple puis sa reconstruction en trois jours; et en d’autres circonstances encore qui sont précisées plus loin.

- C’est encore un psaume, le 10ème qui annonce que « Il montera au Ciel à la droite de Dieu »,

- L’envoi du Saint-Esprit est annoncé déjà Par le prophète Joël. (En 2,3) et cité par les Actes des Apôtres en 2,17 : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ».

- Le messie sera roi et prêtre ; restaurateur et juge futur de l'humanité = C'est, respectivement, ce qu'annoncent le psaume 109, puis les prophètes Ezéchiel et Joël.

- Enfin, toujours dans le domaine de la prophétie, quoiqu’en des conditions moins explicites parce que seulement allusives, mais certainement significatives, il faut aussi signaler les nombreuses figurations prophétiques de Jésus en l'A.T. =

Ainsi, Isaac, que son Père va immoler et qui porte le bois de son sacrifice (comme) Jésus portera sa Croix.

Joseph, vendu.par ses frères, puis les sauvant.

Jonas, réapparaissant trois jours et trois nuits après son naufrage, et préfigurant la Résurrection.

           -         Ainsi l'agneau pascal, offert rituellement par les Hébreux à chaque fête de Pâques, et dont le Sang répandu sur les linteaux de leurs portes sauve les hébreux de l'ange exterminateur des fils ainés des Egyptiens, préfigure la passion et le Sacrifice rédempteur du Sauveur-Jésus, appelé à juste titre « l'Agneau de Dieu » par St Jean-Baptiste.

           -        Et la manne dont s'est nourri le peuple Je Dieu durant sa longue traversée du Sinaï, préfigure certainement l'Eucharistie;

           -        Tout comme l' « arbre de vie » du Paradis Terrestre, et des fruits duquel Dieu recommanda à Adam et Eve de se nourrir, préfiguraient également l'Eucharistie et la Grâce divine se répandant en toute âme réceptive et d'intention droite.

           -        Enfin le Serpent d'airain élevé par Moïse dans le Sinaï et dont la vue préservait de la mort fut l'annonce de l'élévation de Jésus sur la Croix salvatrice.

Toutes ces prophéties se trouvèrent réalisées par Jésus historiquement = c'est ce que les faits attestent manifestement et clairement. Or, ils ne pouvaient pas être devinés, ni même, souvent, imaginés par l'esprit humain. C'est donc que Dieu seul, qui est toute Intelligence, a pu les connaître auparavant et les inspirer aux prophètes qui les ont annoncés plus ou moins explicitement en leur temps.

Ce qui manifeste bien le caractère et l'origine divins de telles prédictions, c'est qu'elles portent sur des faits que l'esprit humain ne peut absolument connaître, parce-que :

1°) leur réalisation dépend d’événements impossibles à prévoir tels que des décisions de volontés libres = par la trahison de Judas ; le partage des vêtements de Jésus par les bourreaux, etc ...

2°) ces annonces furent faites par traits épars, formulés les uns après les autres, par des personnes ne se connaissant pas parce qu’ayant vécu en l’espace de centaines et même de milliers d’années.

3°) ces annonces portèrent sur des évènements recouvrant toute une vie et réalisées ensuite en un seul homme = Jésus.

4°) souvent, ces évènements bousculent l’ordre naturel = Par exemple, tout Israël attendait un Messie glorieux et puissant, apportant à Son Peuple choisi l’indépendance politique, puis la puissance et la gloire, et, conformément, aux prophéties (de ce fait mal comprises par Israël) c'est un Messie souffrant et humainement vaincu qui Se manifestera.

A noter que Jésus Lui-même a souvent fait référence aux prophéties et aux figures prophétiques = « Pour vous convaincre de ma personnalité, dit-Il, scrutez les Ecritures = les Prophètes l'ont dit ».

Par exemple, en St. Luc, 19,31, = « Voici que nous montons à Jérusalem et que s’y accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes au sujet du Fils de l’homme : Il sera, en effet, livré aux Grands Prêtres, aux Scribes et aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; après L’avoir flagellé, ils Le mettront à mort. Et le troisième jour Il ressuscitera ». St. Luc affirme a maintes reprises que la Passion de Notre-Seigneur a été prédite par les Prophètes (St. Luc 24, 25, 27,44. Puis dans les Actes des Apôtres = 2,22 et 3, 18 à 24 : en 8, 32 à 35 ; en 13, 27 et en 26, 22 et suivants).

Il est à remarquer aussi que Jésus a, Lui-même et à plusieurs reprises, prophétisé. Il l'a fait :

a) Sur les événements futurs de Sa vie lorsqu'Il annonce :

- Ses miracles è l'avance = la pêche miraculeuse; la guérison de l'aveugle-né, celle des dix lépreux. La résurrection de la fille de Jaïre, celle de Lazare; la guérison de loin, du fils du Centurion romain; etc...

- Il annonce aussi les miracles que feront Ses Apôtres, en leur donnant, ainsi qu’à Ses disciples, le pouvoir de faire des miracles. Et les Actes des Apôtres nous rapportent la réalisation de cette annonce = En A-A 2, 6 = « Et chacun les entendait (les Apôtres) parler en sa propre langue ». En A-A.3, 6 « Dieu dit: De l'argent et de l'or, je n'en ai  pas; mais ce que j'ai je te le donne = Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, marche! » En A-A. 5,12 : « Per les mains des Apôtres il se faisait de nombreux miracles et prodiges parmi le peuple. »

- Jésus annonce Aussi avec précisions les circonstances de l'entrée à Jérusalem et du repas pascal.

b) Sur Sa Passion, et Sa Mort, Jésus annonce de nombreuses fois les évènements qu'Il voyait clairement. Par exemple = la trahison de Judas; le reniement de St. Pierre avant le chant du coq; l’abandon dont il sera victime; Sa livraison aux Prêtres Juifs et aux païens; Sa flagellation, la dérision en laquelle Il sera tourné; la crucifixion; et le moment où tout cela se produira = dans deux jours.

C'est en st Matthieu 20,10 et 19 ; puis 26,1 que l'on pourra se reporter pour lire dans les textes ces prophéties de Jésus -

c) Et c'est en St Matthieu.12, 39; 16,21;17,21; et en St Jean 6,63, qu'il faudra se reporter pour lire en ces évangélistes l'annonce par Jésus de Sa résurrection, le 3ème jour après Sa mort; puis l'annonce de Son apparition en Galilée, du don de la primauté à St Pierre sur les autres Apôtres. Enfin Jésus annonce Son ascension au Ciel devant ses Apôtres.

d) Concernant son Eglise visible et Ses Apôtres, le Seigneur annonce l'institution par Ses soins d'une Eglise catholique (accessible à tous), perpétuelle et infaillible et dont St Pierre sera le Chef.

Il annonce l'envoi du Saint-Esprit à Ses Apôtres. Il prophétise à nouveau la capacité, pour Ses Apôtres, de faire des miracles; puis la persécution dont ils seront victimes, ainsi que la crucifixion de St. Pierre (St. Matthieu :10,17-18. St Jean : 20,18).

e) Au sujet des Juifs de ce temps-là, le Seigneur annonce qu'ils seront rejetés par Dieu comme nation; qu'ils seront trompés par de faux prophètes, puis chassés de Jérusalem, dont le siège et la destruction par les Romains seront l'image prophétique de la fin du monde.

Puis Il annonce la dispersion des Juifs dans le monde entier - Tout cela est décrit avec précisions en St Mat.12, 8 et 9 :13,1 et 23. En Si Luc 19,41 à 44.

Et les faits historiques rapportés soit par les Evangiles, soit par les Actes des Apôtres, soit par l'histoire montreront, maintes fois et clairement, la réalisation de ces prophéties.

 

 

Valeur apologétique des Prophéties

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Ainsi, cet argument apologétique que sont les prophéties, vrais miracles d'ordre intellectuel, est-il de première importance puisqu'il fait inévitablement appel à une intelligence surnaturelle pour en expliquer la nature.

On peut donc conclure, une nouvelle fois, à l'issue de cette étude des prophéties, que si Jésus a fait l'objet d'une telle intervention divine par rapport aux évènements qui devaient marquer Sa vie terrestre de Messie, et qui l'ont effectivement marquée à divers égards, ce ne pouvait être que pour bien marquer l'origine et donc la nature divines de Sa mission.

Et donc Son enseignement (la Religion Catholique qu'Il nous a révélée et précisée) vient de Dieu.

...Avec toutes les conséquences qui découlent, pour nous, face à cette évidence.

 

 

Citations apologétiques

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« La plus grande des preuves de Jésus-Christ sont les prophéties. C'est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu. Car l'évènement qui les a remplies est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Eglise jusqu'è 12 fin. Aussi, Dieu a suscité des prophètes durant 1600 ans. Et pendant quatre cents après, Il a dispersé toutes ces prophéties avec tous les Juifs qui les portaient dans tous les lieux du monde. Voilà quelle a été la préparation à la naissance de Jésus-Christ dont l'Évangile devant être cru de tout le monde, il a fallu non seulement qu'il y ait eu des prophéties pour le faire croire, mais que ces prophéties fussent par tout le monde, pour le faire accepter par tout le monde. »

                                                                                               Pascal (Pensées)

 

« Quand un seul homme aurait fait un livre des prédictions de Jésus-Christ, pour le temps et pour la manière, et que Jésus-Christ serait venu conformément à ces prophéties, ce serait une force infinie.

Mais il y a bien plus ici = c'est une suite d'hommes, durant ces quatre mille ans, qui, constamment et Sans variation, viennent, l'un en suite de l'Autre, prédire ce même avènement. C'est un peuple tout entier qui l'annonce et qui subsiste depuis quatre mille années, pour rendre en corps témoignage des assurances qu'ils en ont, et dont ils ne peuvent être divertis par quelques menaces et persécutions qu'on leur fasse = ceci est tout autrement considérable. »

                                                                                                                     Pascal (Pensées)

« Qu'une seule personne pût accomplir toutes les prophéties messianiques de l’Ancien Testament, cela paraissait, cela était bien difficile, ou pour mieux dire = Il y fallait u n miracle inouï ».

                                             R. Père Lagrange (Le Messianisme chez les Juifs)

 

« Puisque le Christ prétendait nous apporter du Ciel une révélation, il était un moyen, plus approprié que tous les miracles physiques, à autoriser de notre part une confiance absolue dans Sa Parole. C’était de montrer par des prophéties précises, vérifiées de point en point, que le Père Eternel lui avait communiqué certains de Ses secrets.

Ce signe, pouvons-nous dire, il était moralement nécessaire qu'Il nous le fournit. Si donc les Evangélistes affirment qu’Il l'a donné è maintes reprises, nous ne pouvons en être surpris. Comme chacun de leurs récits se présente à nous avec les mêmes garanties que les prodiges (physiques), en toute prudence, nous pouvons) les en croire. »

                                                   R. Père Pinard de La Boullaye. (Conférence. 1931)

 

 

« L'étude des prophéties messianiques et chrétiennes, en même temps qu'elle fournit à la Foi un argument des plus puissants, a ceci de salutaire qu'elle nous élève quelque peu au contact de l'Intelligence - Divine, au-dessus du temps et des choses, qui passent, pour nus placer sur le plan de l'Eternité.

L'annonce certaine et précise d'évènements imprévisibles que l'action des causes libres vérifiées ensuite est non seulement une manifestation impressionnante de la Science-Divine et de la Providence sur le monde; mais elle nous suggère aussi que, pour porter un jugement juste et vrai pour prendre une décision sans reproche, il faut se placer en face de l'éternité et de ses réalités sublimes.

La maxime d'un Saint Louis de Gonzague = « Quid Hoc ad æternitatem ? » (Qu’est-ce que cela par rapport à l’éternité ? »), reste un secret de vérité et de la sainteté.

Penser et agir comme je voudrais l'avoir fait quand approchera pour moi l’éternité! »

                                                                                          Abbé A. Texier

 

 

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2ème  Argument apologétique = la divinité de l'auteur du Christianisme.

 

La divinité de Jésus, auteur de la religion chrétienne, est prouvée = d'une part, par les déclarations de Jésus sur l'origine de Sa mission (= Il est le Messie annoncé et attendu).

D'autre part, par Ses affirmations concernant Sa divinité (Il est Dieu-fait-homme).

Et enfin par l'excellence et donc le caractère divin de Son comportement (= perfection de vie de Jésus).

A la base de toute la démonstration qui va suivre, nous devons placer le témoignage de Jésus sur Lui-même. L'argumentation peut se résumer ainsi =

‘’ Jésus s’est affirme être l’envoyé (= le Messie) de Dieu; et être Dieu Lui-même-fait-homme

'’ Or, Il est digne de foi parce que absolument vrai

‘’ Donc Il est réellement le Messie, et Dieu-fait-homme. Et donc Son enseignement religieux est vrai.

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Le témoignage de Jésus par Ses déclarations

 

1°) Jésus se proclame envoyé de Dieu

Voulant nous donner de Sa personnalité une notion complète et claire, Jésus nous a livré dans l'Evangile une série d'affirmations qui Le montrent sous divers aspects.

C'est ainsi qu'Il S'est, maintes fois affirmé comme étant un envoyé de Dieu le Père=

« Ma doctrine n’est pas de Moi, mais de Celui qui m'a envoyé ».

                                                                                         (St. Jean 7,16)

« C’est le Père céleste qui M’a envoyé ; le Père qui M’a envoyé a Lui-même rendu témoignage de Moi ».

                                                                                         (St. Jean 5,37)

 « Ce n’est pas de Moi-même que Je suis venu. Mais Il est Véridique Celui qui M'a envoyé et que vous, vous ne connaissez pas. Moi, Je Le : connais, parce que Je suis venu d'auprès de Lui ; et c'est Lui qui M'a envoyé »

                                                                                  (St. Jean 7, 28 - 24)

Jésus est donc envoyé par Dieu-le-Père pour nous apporter, de la part du Père, un enseignement religieux (= une doctrine) révélé.

Mais Jésus précisera encore la nature de Sa mission en déclarant qu'Il est non seulement un envoyé de Dieu ( Les prophètes le furent aussi à leur manière), mais qu'Il est très précisément le Messie annoncé et attendu depuis des siècles =

° C'est à plusieurs reprises que Jésus S'applique à Lui-même le nom de « Fils de l'homme » qui est dans toute la révélation prophétique un titre du Messie rédempteur et juge.

N.B. Il faut voir dans cette manière de s'exprimer = « Fils de l’homme », l'idée de quel qu'un qui, bien qu'étant Dieu, est venu dans le but de servir l'humanité. Or c'est essentiellement là le rôle qui devait être celui de l'envoyé de Dieu.

° « Vous verrez les Anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme ». (St. Jean 1.51)

° « Nul n'est monté au Ciel, si ce n'est Celui qui est descendu du ciel » (St Jean 3,13)

° « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner Sa vie en rançon pour beaucoup ». (St Marc 10,45).

° « Afin que vous sachiez que, sur terre, le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés ». (St. Marc 2, 10).

° « Le Fils de l'homme sera livré aux Grands Prêtres et aux Scribes. Ils Le condamneront à mort; Le livreront pour être bafoué, flagellé et crucifié; mais, le troisième jour, Il ressuscitera ». (St. Mat. 20,18).

Lorsque Jean-Baptiste envoie è Jésus ses amis pour Lui demander « Etes-vous Celui qui doit venir (=le Messie annoncé et attendu), ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus répond en accomplissant et en S'appliquant la prophétie d'Isaïe (26-19) sur les miracles messianiques (St. Luc 7,22) « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu = les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres... ». En invoquant les prodiges qu'Il a accomplis et accomplit, Jésus signifie par là qu’il est bien le Messie annoncé agissant avec la puissance divine.

Dans la synagogue de Nazareth. Jésus s'applique aussi cette autre prophétie messianique d’Isaïe (61,1) « L'esprit de Dieu est sur moi »... et, plus loin, Il précise = « Aujourd'hui cette annonce prophétique est réalisée parmi vous (et par Moi) » (St. Luc 4,20-25).

Rapportant le passage prophétique d'Isaïe, St. Luc précise les caractéristiques de l'œuvre du Messie = « ... Il M'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres; annoncer aux captifs (du péché et de l'ignorance religieuse) la délivrance, et aux aveugles (spirituellement parlant, surtout) le retour à la vue; rendre la liberté aux opprimés (enchaînés par les liens du péché et de cette ignorance religieuse) ».

° Enfin, lorsque la femme samaritaine, étonnée et subjuguée par Son autorité morale dit à Jésus: "Je sais que le Messie doit venir, et qu'Il nous enseignera toutes choses », Jésus répond simplement mais catégoriquement = « Je le suis, Moi qui vous parle ! »

 

2°) Jésus se proclame Dieu

Cette affirmation est la plus fréquente que fait Jésus. Elle apparaît, de ce fait, comme étant la principale de Ses affirmations sur ce qu'Il est, et comme le centre de toute la révélation apportée par Notre-Seigneur.

Et cette affirmation, l'histoire l'atteste et l'Evangile la prouve surabondamment :

L'histoire =

° Trente ans après Sa mort et Sa résurrection, Jésus est adoré comme Dieu par beaucoup d'anciens Juifs ou païens convertis à Son enseignement := « Un grand nombre, dit Tacite, meurent même pour l'attester ». Tel est le fait. Or, seule une affirmation de Jésus concernant Sa divinité, peut conduire à une telle extrémité ceux qui ont accepté de donner ainsi leur vie. (Nous verrons plus loin largument apologétique du martyre).

° La mentalité des Apôtres empêchait d'inventer un homme-Dieu = Esprits rudes mais aux prises avec le concret de la vie, croyant en un Dieu unique, ils ont peine à concevoir et même a accepter le mystère de plusieurs personnes en Dieu. Ayant même l'interdiction de représenter Dieu sous une forme sensible quelconque, ils étaient loin de pouvoir imaginer un homme qui soit aussi Dieu.

De plus, ils n'avaient rien à gagner ici-bas, tout au contraire ! à suivre Jésus et à Lui être fidèles. D’ailleurs, ils ont payé cette fidélité par la persécution constante, puis par le martyre. On ne peut pas raisonnablement invoquer leur enthousiasme pour ce surhomme que S'est montré Jésus au milieu d'eux = Cela ne suffirait pas au moment où, humainement déçus et même désemparés par l'échec humain de Jésus face à ses ennemis, ils auraient tout abandonné de l'enseignement de leur Maître s'ils n'avaient pas, par ailleurs, des preuves manifestes de Sa puissance et donc de Sa nature divine. Tout comme nous, ils leur fallut des raisons sérieuses, solides et indiscutables de se compromettre de la sorte, et jusqu'au martyre inclus.

Et enfin, si, après avoir entendu annoncer un évènement aussi humainement incroyable que l'était une résurrection par la seule volonté d'un cadavre, ils n'avaient constaté concrètement cette résurrection (et quarante jours durant !), jamais ces partisans du Seigneur auraient continué à Lui être fidèles, compte-tenu de ce qu'ils ont eu à subir pour le demeurer jusqu'à la fin.

L'Evangile =

° C'est constamment que l'Evangile démontre la divinité de Jésus en rapportant très objectivement Sa manière d'agir et de Se comporter = Jésus a non seulement parlé en Dieu, mais a aussi agi de la sorte :

° Jésus Se dit supérieur à tous les Prophètes = à Moïse, à Elie, à Jean-Baptiste, aux Anges. Il donne la raison de cette supériorité dans la parabole des vignerons homicides = Le fils (du propriétaire de la vigne) tué par les vignerons, signifiant Jésus tué par les Juifs de Son temps, est opposé aux serviteurs venus antérieurement et qui furent repoussés. Or, des serviteurs du propriétaire de la Vigne (image de Dieu le Père) sont eux-mêmes l’image des serviteurs de Dieu envoyés aux Juifs, c'est-à-dire les Prophètes. Eux ne sont que les envoyés de Dieu, tandis que Jésus est le Fils de Dieu au sens strict et véritable, étant Dieu comme le Père. (St. Mat. 21, 33-34).

° A maintes reprises, Jésus Se proclame maître de la Loi religieuse, maître du sabbat et du Temple. Or, le Maître qui a institué la Loi et le sabbat, et qui est adoré dans le Temple, c'est Dieu.

° Par ailleurs Jésus S'attribue des œuvres divines:

1°) Il fait des miracles en Son propre nom = « Je te le dis : Lève-toi ! » « Je le veux : sois guéri ! »

2°) Il donne des enseignements d'une sagesse miraculeuse. Il fait preuve d'autorité divine dans la législation religieuse et morale = « Il a été dit aux anciens (de la part de Dieu)... Eh bien : Moi Je vous dis, etc ... »

3°) Il remet les péchés en Son Nom = « Vos péchés vous sont remis »

4°) Il revendique pour Lui les attributs divins tels que la science divine, la puissance infinie, l'éternité = « Avant qu’Abraham fût, J’étais et Suis ».

° Jésus Se présente comme étant le terme et la fin ultime de bien des réalités =

1°) De la Foi = « Croyez au Père et croyez en Moi ! »

                                                                                        (St. Jean 14,1).

2°) De la vision béatifique dans le Ciel = « C'est la Vie éternelle que (le fait que) les hommes Vous connaissent, ô Mon Père!, et (qu'ils connaissent) Celui que vous avez envoyé = Jésus-Christ ».

                                                                                  (St Jean 23,3).

3°) De la Religion = Jésus veut être aimé: par-dessus tout = « Si quelqu'un fait passer l'amour même de son père ou de sa mère avant celui qu'il doit avoir pour Moi = celui-là n'est alors pas digne de Moi ».

Or, il est manifeste que tous les points de vue ci-dessus considérés ont pour objet propre Dieu, puisque Dieu seul peut être préféré à toute autre réalité. Jésus a donc parlé et agi en Dieu; ce qui faisait dire à Ses auditeurs = « Quel est donc celui qui commande au vent et aux flots, et qui lui obéissent? » (St. Luc, 8,22).

« Qui est Celui-ci qui ose même remettre les péchés? » (St. Luc, 7, 49). « Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? » (St. Marc 11,1-7).

Ce raisonnement sous forme de questions sur Son comportement et Sa nature, face à Son propre comportement, était celui que recherchait Jésus = afin que la logique apporte réponse à ces questions, par le constat de ce que Jésus disait et réalisait divinement.

Mais Jésus a exprimé des affirmations plus explicites encore =

° Il s’est très explicitement affirmé comme étant Dieu = « Je vais à Mon Père ». « Mon Père et Moi nous ne faisons qu’un » (St. Jean 10,30).

° Et les Juifs ont bien compris qui, pour certains, Lui reprochent Ses affirmations en disant, en St. Jean 10,34 = « Vous vous faites Dieu ! ».

oEt c'est pour prouver physiquement l'affirmation de Sa divinité que Jésus fait certains miracles = « Afin que vous sachiez que J'ai (Moi, Dieu qui Me Suit fait humain) le pouvoir de remettre les péchés. Levez-vous, prenez votre litière, etc. » dit Jésus (en St. Marc 11,10).

oLa reconnaissance par St Pierre, de la divinité de Jésus et l'approbation de Jésus constituent aussi une preuve de la divinité de Notre-Seigneur. Voici le passage évangélique en question = « Jésus étant venu dans le territoire de Césarée de Philippe, posa cette question à Ses disciples =’A ce que disent les gens, qui Suis-je?’ Ils lui répondirent = ‘Pour les uns, Vous seriez Jean-Baptiste; pour d’autres, le Prophète Elie; pour d'autres encore, Vous seriez Jérémie, ou un des Prophètes’. Mais vous, leur dit Jésus, qui dites-vous que Je suis? ». Simon-Pierre Lui répondit = « Vous êtes, Seigneur, le Christ = le Fils du Dieu vivant ! ». Et Jésus reprit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, parce que ce n'est pas la réflexion humaine qui t'a révélé cela, mais Mon Père qui est dans le Ciel. Et Moi Je déclare que tu es Pierre et que sur cette ‘pierre’ Je bâtirai Mon Eglise. Etc...

Dans tout ce passage, le sens strict dans l'affirmation de la divinité de Jésus se prouve par la gravité et la solennité de la demande, comme aussi par la solennité de l'approbation de Jésus à la déclaration de Pierre, et aussi par la récompense promise par Jésus à Pierre. « Je te donnerai les clés du Royaume, etc ... « Tout ce que tu lieras sera lié, etc... » = infaillibilité, autorité et primauté de Pierre en tant que Pape, indéfectibilité. Donc = des pouvoirs divins sont donnés à Pierre après qu’il ait reconnu la divinité de Jésus, dont il sera personnellement le représentant sur terre.

o Est à souligner aussi l'unité de nature et de science de Jésus avec celle du Père céleste (St. Luc 10, 22) « Tout M’a été transmis par le Père et nul ne connaît qui est le fils, sinon le Père; ni qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Donc = la nature du Fils est aussi excellente que celle du Père. Et donc Jésus est vraiment Dieu.

- D’autres affirmations de Jésus (et Il ne ment jamais, me l'oublions pas !) attestent sa divinité : « Mon Père agit sans cesse, et Moi avec Lui ». « Tout ce que Mon Père fait, Moi, le Fils, Je le fais pareillement ». Et les Juifs ont bien compris cette identification qu'ils le Lui reprochent : « Il se fait égal à Dieu ».

- Puis encore cette affirmation des plus explicites de Jésus = « Mon Père et Moi ne sommes qu'un ». Et comme pour préciser encore = Mon Père est en Moi; et Moi dans le Père ». (St. Jean 5, 28-35).

- Envoyant Ses Apôtres à Sa suite, Jésus leur dira « Allez enseigner (tous les peuples de) toutes nations, puis baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit! » (St. Mat. 26,19).

- Devant Ses juges du Sanhédrin, à leur question = êtes-vous le Christ, le Fils de Dieu ? Jésus répond explicitement = « Je le Suis ! »

Jésus a donc clairement affirmé être Dieu.

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Réflexion et remarque

L'examen rapide du caractère de Jésus prouve la valeur du témoignage qu'Il porte sur Lui-même:

Il ne Se trompe pas :Il sait ce qu'Il dit = Il a la science.

Il ne nous trompe pas: Il dit ce, qu'Il sait = Il a la véracité.

- En effet, s'Il S'était trompé sur ce point, une telle erreur serait inexplicable de Sa part, Lui qui a toujours et en tout manifesté une intelligence des plus manifestes, tranquilles et élevées. Même Ses adversaires ont toujours reconnu en Jésus une intelligence supérieure.

- Il n'est pas davantage pensable qu'Il ait pu ou voulu nous tromper; surtout sur un sujet si grave et si important. Si cela avait été, c’eut été manifester une perversité monumentale et qui alors n'aura pas pu ne pas paraître en maintes autres circonstances. Tandis que, comme nous le verrons plus loin, Jésus a, au contraire, toujours donné les preuves de la plus haute sainteté, et cela jusqu'à un degré héro1que =

Absence de quelque défaut que ce soit, tout d'abord; puis manifestations multiples de Sa sainteté = Envers Dieu, Il n'a prêché qu'une re1igion d'amour de Dieu. Envers le prochain, Il n'a manifesté que bonté, charité, justice, fermeté et générosité selon les besoins et les cas~ Et quant à Lui-même, Il n'a manifesté que humilité, mortification et don de soi aux autres. Et cela durant toute Sa vie. S'Il y avait manqué quelque peu et seulement une seule fois, Ses Apôtres et Disciples ne L'auraient pas suivi jusqu'au bout, ni continué.

Enfin, si Jésus nous avait trompé en Se déclarant Dieu, jamais Dieu n'aurait cautionné, par ailleurs, Ses activités comme cela a été en particulier par les miracles qu'Il a opérés pour appuyer la véracité de sa prédication et de Ses affirmations.

On peut donc dire en toute sécurité ici et en terminant ce chapitre que = par le degré miraculeux de la science et de la sainteté personnelle de Notre-Seigneur, Dieu le Père Lui-même, nous montre clairement que Jésus, qui Se dit Dieu au sens strict, est ce qu'Il affirme là = c'est Dieu qui S'en porte garant. Et nous pouvons, nous aussi à la suite de St. Pierre, affirmer = « Vous êtes, Seigneur, le Christ = le Fils du Dieu vivant ! »

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Quelques citations.

 

« La Preuve péremptoire que Jésus est vraiment Dieu, c’est Qu'Il l'a dit. Oui, Lui l'Etre providentiel, Il S'est affirmé tel, d'une affirmation formelle, catégorique, absolue, irréfragable (et solennelle), chaque page du Nouveau Testament est comme une cédule de cette affirmation.

En cent-vingt-quatre endroits au moins, les Evangiles expriment la divinité de Jésus; et soixante-quatorze passages rapportent les propres témoignages de Jésus sur Lui-même. »

                                                                                           Mgr. Tissier

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« La prétention de Jésus a été bien comprise = Il Se donne comme ‘le Fils de Dieu’. C'est de cela que Caïphe L'invitera, sur un ton tragique, à répondre. C’est là-dessus que Jésus donnera Sa vie. L'histoire impartiale doit vraiment conclure que Jésus a versé Son sang pour avoir affirmé Sa divinité ».

                                                                                  Chanoine Cristiani

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« La perfection du cœur de Jésus et de Sa volonté nous ferme la porte de la fourberie et du mensonge. La perfection de Son esprit nous ferme la porte de la démence. Il ne nous reste donc plus que la porte de la sincère vérité. Jésus affirme donc ce qu'Il voit en Lui. Jésus Se prononce sur un état réel de Sa personne. Jésus-Christ exprime un fait de conscience = Il est Dieu! »

                                                                                          P. Monsabré


3ème argument apologétique = La sainteté héroïque de Jésus

 

Réflexions préliminaires =

° Il y a des affirmations évangéliques ou populaires qui sont devenues des proverbes. Ainsi celles-ci « On juge l'arbre à ses fruits ». Et « c'est au pied du mur (qu'il construit) qu'on juge le maçon ».

° Ainsi, un nouvel argument apologétique nous est donné lorsqu'on critique et juge le genre de vie que Jésus a menée sur terre. Car, à aucun moment on a pu prendre Jésus en défaut sur quoique ce fut. Or, nous savons que tout être humain est imparfait et que même s'il n'y a pas de constat de péchés en des êtres d'exception, il reste qu'ils sont tout de même imparfaits en ceci ou cela. Mais chez Jésus, c'est héroïquement - ce qui signifie = grâce à une intervention supérieure à l'homme ­qu'Il a manifesté Ses perfections. Cela n'a pu donc être que parce qu'Il disposait d'une puissance supérieure, qui ne peut être que la « Puissance Supérieure » = Dieu.

Et donc, venant de Dieu, aidé par Dieu, manifestant Dieu, Jésus peut et doit être cru et suivi en tout ce qu'Il nous a apporté et laissé = le Catholicisme.

Et donc, le catholicisme ne peut être que la seule vraie religion, Dieu ne pouvant pas Se contredire en maintes vérités religieuses composées ou différentes les unes des autres en des points essentiels.

° Reprenant les proverbes ci-dessus en précisant leur portée = c'est ainsi que n'importe qui peut dire n'importe quoi; mais dans ses ACTES, un jour ou l'autre il se trahira en agissant en fonction de ce qu’il est, et non plus de ce qu' il voudrai t paraître. De même que l'on peut dire que s'il est possible de tromper quelques personnes sur tout, ou tromper tout le monde sur certains points, on ne peut pas tromper tout le monde, tout le temps, et sur tout = un moment arrive toujours où l'on est dévoilé.

Or, en Jésus, nous constatons que partout, toujours, en tout, et envers tout le monde, Il a été toujours égal à Lui-même et sans un hiatus, sans un faux-pas en quoi que ce fut, et cela, en des domaines et des circonstances exceptionnelles d'importance = Tout cela ne peut pas être le fait d'un homme qui dispose de ses seules facultés et qualités humaines.

­Il lui faut donc nécessairement - compte-tenu de l'imperfection absolue et fondamentale de tout être humain - que Jésus ait bénéficié des secours, voire des qualités, supérieurs à ceux de tout être humain = la Puissance Supérieure et absolue : Dieu.

Conséquemment = la Religion prêchée par Jésus et continuée par l'Eglise catholique est donc la Vraie Religion puisque cautionnée ainsi par Dieu agissant en Jésus.

Après ces considérations, il nous faut donc maintenant prouver que Jésus a vraiment bénéficié de cette puissance divine qui nous L’a présenté en cette perfection et en cette sainteté.

La sainteté parfaite de Jésus

La sainteté comprend deux aspects =

+ L'absence de péchés (=sainteté négative)

+ La pratique des vertus (=sainteté positive).

Or, nous constatons que Notre-Seigneur a possédé ces deux formes de sainteté au plus haut degré :

1°) Il n'a pas commis de péché = Il a dit, un jour, cette chose étonnante et qui ne peut pas être dite par un homme sensé = « Qui de vous me convaincra de péché? » Ce qui, dit en d'autres termes, pourrait s'exprimer ainsi = « Je défie qui que ce soit de me trouver en défaut sur quoi que ce soit! »

Eh bien, Ses adversaires, qui épient tous Ses actes pour pouvoir trouver quelque raison - ou prétexte - pour L'accuser - et le déconsidérer, ne purent jamais contredire Son affirmation de perfection.

Ses partisans aussi se devaient de s'assurer de la véracité des dires de leur maître afin de vérifier la crédibilité de Son témoignage. Pour eux surtout, il était capital d'être sûr que Jésus ne les trompait pas, eux à qui reviendraient humainement bien cher leur fidélité à leur maître et leur continuité à Sa suite comme chefs de l'Eglise du Christ, ou comme simples témoins fidèles de Sa prédication. S'ils avaient constaté la moindre contradiction en Jésus, jamais Ses Apôtres et Ses Disciples ne seraient restés fidèles comme ils le sont demeurés; le témoignage du martyre compris.

Cet exemple des contemporains de Jésus, qui avaient tout à perdre, humainement, à suivre et continuer Jésus - et Il les en avait avertis ! (« Que celui qui veut Me suivre, prenne sa croix ») - est un critère d'importance qui a, à lui seul, une grande force, pour peu que nous réfléchissions à la situation humaine et psychologique qui était celle de ceux qui se déclaraient et se maintenaient ouvertement partisans, amis et continuateurs de Jésus de Nazareth !

La preuve de la déclaration de Jésus sur Sa parfaite sainteté affirmée par Son impeccabilité. est donnée à longueur des pages de l'Evangile. Il suffit de lire l'Evangile pour constater que Jésus a effectivement toujours donné, en tout et en toutes circonstances, l'exemple des plus parfaites qualités et vertus = Qu'il s'agisse de l'amour de Dieu (« Ma nourriture est de faire la volonté de Mon Père qui est dans les Cieux ») ; de l'obéissance; de la pauvreté; de la prudence; du respect des autres; justice; patience; etc...

- Par ailleurs, tout ce comportement n r est pas l'effet d’une quelconque faiblesse, encore moins d'une démagogie tendant à Se faire « bien voir » pour mieux Se faire accepter = à l’occasion, Jésus est exigeant voire même très ferme : Il flagelle moralement - et même physiquement, à deux reprises, dans le Temple - la mauvaise foi des Pharisiens.

- Toute Sa vie Il a fait consister Son action à fustiger, en le dénonçant, en le combattant et en instituant, par le Sacrement de Pénitence, son antidote = le péché.

 

Le caractère miraculeux du comportement de Notre – Seigneur

Une telle conduite est frappante et attirante parce qu'elle est manifestement au-dessus de la manière constante d'agir de tous les humains = En effet, à tout résultat permanent et habituel, il faut, dans l'ordre normal, une cause proportionnée, permanente et habituelle.

Pour expliquer de façon satisfaisante à notre esprit cette rectitude inaltérable et cette énergie de la conduite, il faudrait une soumission habituelle et sans aucune défaillance, de toutes les facultés à la raison; et une soumission constante de la volonté à la Loi divine.

Or, l'expérience générale et constante nous apprend d'une façon certaine que, dans la manière ordinaire et constante d'agir des humains, cette disposition n'existe pas = Les meilleurs, en effets bien souvent et en bien des manières, blessent l'ordre moral.

Donc, une absence prolongée - et à bien plus forte raison, constante - de toute faute, ainsi que le pratique constante et sans faiblesse de toutes les vertus sont au-dessus du cours ordinaire des choses et des forces de la volonté et de la puissance humaines, lesquelles sont vite lassées et prises en défaut dans la lutte contre les mauvais penchants.

Ce double aspect de la sainteté constitue dona un éclatant miracle moral.

En ce qui regarde la valeur apologétique de cet argument, on peut dire que la sainteté de Christ est un des arguments de marque en faveur de Sa doctrine et de Sa personne divine avec lesquelles Il est en rapport.

En effet, Jésus fait appel au miracle de Sa sainteté, comme à toutes Ses œuvres, lorsqu'Il dit = « Les œuvres que Je fais témoignent pour Moi ».

Cette relation est plus spécialement mise dans la phrase citée plus haut et d'une importance apologétique capitale = « qui de vous me convaincra de péché ? » (Je défie qui que ce soit de Me trouver en défaut en quoi que ce soit!). « Si donc Je vous dis la Vérité, pour quoi ne Me croyez vous pas ? » St. Jean 8,46.

Or, donner une sainteté à un fondateur de religion qui se dit Dieu Lui-même, c'est, de la part de Dieu, engager la véracité divine. Or c'est ce que Dieu a manifestement et clairement fait là, en soutenant Jésus sans aucune réticence, tout au contraire. Or Jésus est allé jusqu'à Se dire Dieu; c'est donc qu'Il l'est vraiment.

 


4ème  Argument apologétique = Les miracles d’ordre physique opérés par Jésus

 

Il existe une nouvelle preuve rationnelle capable de motiver raisonnablement, et donc logiquement, notre croyance en éprouvant les bases sur lesquelles le christianisme se fonde et repose = Cette preuve c’est le fait que Jésus a opéré des miracles ; et qu’Il les a opérés par Sa propre puissance.

L’argumentation apologétique sera simple et claire = Le miracle étant la réalisation d’un acte ou d’un fait inexplicable par les seules « forces » et capacités de l'être humain ; et Jésus ayant manifestement fait des miracles, cela prouve alors qu'une « Puissance Supérieure » agissait en Sa faveur.

Bien plus, ayant réalisé ces prodiges miraculeux par Sa propre puissance, on peut raisonnablement conclure qu'Il est Lui-même cette « Puissance Supérieure » = c’est à dire Dieu.

Puis, poussant logiquement plus loin les conséquences de ce constat des miracles opérés· par Jésus, et par Sa propre puissance, nous pouvons conclure en affirmant que =

Puisque Jésus a manifesté ainsi en Lui la puissance divine, Il est déjà digne d'intérêt. Et digne d'intérêt est aussi ce qu’Il nous a apporté : le Christianisme.

Donc, le Christianisme est digne de foi, puisque Son auteur Jésus S'est rendu digne de foi en manifestant, par les nombreux miracles qu’Il a opérés, l'assentiment divin et même la puissance divine.

Ou = Jésus est croyable, ayant agi avec la puissance miraculeuse qu'Il a manifesté~ en maintes circonstances; et est donc croyable aussi le christianisme qu'Est Son enseignement et la religion qu'Il nous a prêchés.

Cela dit, il restera à prouver que Jésus a vraiment opéré des miracles manifestes; et à étudier la nature de ces faits miraculeux, afin de bien voir s'ils sont une manifestation réelle de la puissance divine en faveur de l'auteur du christianisme. Puis on pourra et devra alors en tirer la conclusion toute logique et inéluctable de la véracité du catholicisme que l’Eglise nous propose à la suite de Jésus et qu'elle ne fait que continuer.

 

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          Etude des miracles

 

Cet argument apologétique que constituent les miracles opérés par Jésus étant des plus spectaculaires pour l'esprit de la majorité des humains, il convient d'en détailler l'étude. Nous le ferons en trois grands chapitres =

1°/ le miracle en général

2°/ Les miracles opérés par Jésus

3°/ Le miracle particulier de la Résurrection

 

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   1° - Le miracle en général

A – Considérations préliminaires =

- On appelle habituellement "miraculeux" un fait accompli en dehors du cours ordinaire des choses.

Exemple = un mort ressuscite; un aveugle retrouve la vue instantanément et sans opération proportionnée à cette guérison ; etc...

- La nature d'un être, c'est ce qui fait tel être et non pas tel autre. C’est pourquoi il est ce qu'il est = c'est à-dire son essence propre.

- Or, parce qu'elle est faite pour agir, cette nature a des forces et des facultés ou puissances d'action. Par exemple, pour l'homme: l'intelligence, la volonté, etc...

- Cette nature a aussi des exigences, et une fin propre et proportionnée à ce pour quoi elle est faite.

- Mais il y a, ici-bas, de nombreux êtres. Ces natures particulières agissent les unes sur les autres de façon proportionnelle à leurs forces et à leurs exigences = par exemple, le feu brûle dans notre chair; notre corps s'enfonce dans l'eau;

- Et parce que ces natures sont constantes en leurs particularités et ne changent pas, on constate tout logiquement que « les mêmes causes, dans des circonstances identiques données, produisent nécessairement toujours les mêmes effets. »

- Ces rapports constants entre les causes et les effets sont des lois de la nature. Et l'ensemble de ces relations constantes entre les natures particulières, cet enchaînement rigoureusement constant entre elles, cette succession déterminée de phénomènes que nous révèle la science, se nomment « l'ordre », ou « le cours ordinaire de la nature ».

- Par contre, et logiquement, on appelle surnaturel (sur-naturel) tout ce qui dépasse, surpasse, la constitution d'un être, ses forces et puissances, ou ses exigences. Par exemple, pour un homme, il est surnaturel de réaliser ce qu'il ne peut pas réaliser par les seules forces de sa nature ou de la nature.

- Or, le surnaturel, qui dépasse les proportions de toute nature créée ou créable n'est le propre que de Dieu. Et c'est à ce dernier point de vue qu'appartient le miracle.

- Le miracle, qui est un fait naturel et sensible en lui-même, s'intercale dans la série continue des faits comme un élément produit par la puissance divine, en dehors de l'ordre communément observé dans les phénomènes naturels.

- Par les circonstances, par le caractère instantané, le miracle est en marge et au-dessus du cours ordinaire des faits.

- Si l'on peut constater (et vérifier, évidemment) qu'une intervention surnaturelle est manifeste, ce sera alors là la preuve que Dieu intervient d'une part, et conséquemment, qu'Il intervient pour attirer notre attention sur un fait qu'Il approuve et auquel Il confère une signification et une importance particulières. C'est la raison pour laquelle l'apologétique, dont le but est de manifester l'origine divine de la Religion prêchée par Jésus, tiendra pour particulièrement probant et important le fait des miracles.

 

B - Notion du miracle

« Le miracle est un fait sensible, produit par Dieu comme cause efficiente, en dehors du cours ordinaire des choses, en vue de prouver la vérité d’une révélation et son origine divine ».

Détail de la définition =

° « un fait sensible » = C’est-à-dire un fait qui puisse être perçu par les sens ; soit aux sens externes (vue, ouïe, etc...), soit à la conscience (= constat intellectuel et manifeste d'un état de fait.)

 ° « En dehors du cours ordinaire des choses » = En fait, cela revient à dire que c'est Dieu seul qui peut être considéré là comme étant le véritable agent de ce qui se passe, ou s'est passé, parce que cela dépasse les capacités de la seule nature des choses en jeu. Par exemple : la manière subite et sans moyen proportionné avec laquelle s'est produit l'évènement considéré comme le serait une guérison subite, totale et définitive.

A noter que s'il se produit chez un être une situation qui ne peut pas être du fait de cet être, en raison de son incapacité totale à réaliser ce fait (guérison subite, ou résurrection), c'est bien alors la preuve qu'il y a eu intervention d'un être autre et supérieur à lui, le sujet étant inapte à réaliser un tel changement.

 

C - Différentes sortes de miracles.

Trois catégories de miracles peuvent être considérées =

° Le miracle est dit « physique » si l'effet constaté est en dehors et au-dessus des lois de la nature physique d'un corps sur lequel ou en lequel l'effet est produit.

° Le mira.cle est dit « intellectuel » si l'effet constaté est au-dessus des proportions de toute intelligence créée ou créable; par exemple = la prophétie.

° Enfin le miracle est dit « moral » si le fait constaté est une action morale ou une série d'actions en dehors et au-dessus de la manière constante d'agir de toute volonté créée ou créable ; par exemple = la conversion subite d'une volonté.

 

D - Constatation et discernement des miracles.

Pour prouver la valeur d'un fait comme miracle, il faut résoudre trois questions =

1°/ Le fait appelé « miracle » a-t-il eu lieu réellement, historiquement ? (=vérité historique).

/ Quelle est l'origine exacte de ce fait? Est-il au ­dessus des proportions de toute nature créée ou créable ? Est-il en dehors de la nature ? (= la surnaturalité du fait)

3°/ Que vaut ce fait comme preuve ? = Est-il e~ relation effective avec une révélation divine? (=Vérité apologétique).

A ces questions, nous allons pouvoir répondre positivement, et montrer, en nous basant sur l’expérience et la raison, que les trois genres de miracles (miracles physiques, intellectuels et moraux.) peuvent être utilises de façon certaine comme preuves apologétiques; car ils peuvent être constatés aux trois points de vue historique, {existence réelle du fait); théologique (= origine surnaturelle du fait); et apologétique (= relation du fait avec la Révélation divine).

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1°/ Caractère historique et réel du miracle

° Pour les contemporains qui sont les témoins immédiats, les faits miraculeux sont des faits concrets, sensibles (=saisissables par les sens) et donc réels.

Du temps de Jésus, les contestations, les enquêtes et les critiques, furent exercées par des gens compétents et disposant de moyens efficaces pour déceler d'éventuelles supercheries. De nos jours, il en est de même, et avec des moyens techniques encore plus précis, plus nombreux et plus efficaces encore que jadis. = exemple, le Bureau des constatations de Lourdes, où des dizaines de milliers de médecins de toutes nationalités et religions ont accès aux dossiers.

° La transmission historique des faits, grâce aux dossiers établis avec précision et compétence, est un moyen sûr et précis de connaître la vérité historique des faits. Cette transmission est effectuée en respectant les lois qui permettent de vérifier la conservation et l'authenticité des documents.

° La plupart du temps, les faits historiques sont corroborés par d’autres ouvrages historiques indépendants des ouvrages et documents conservés par des auteurs de pensées ou de religions différentes.

2°/ Caractère surnaturel et divin des faits miraculeux.

° Nous constatons, d’une part, que = Les mêmes causes, dans les mêmes cir­constan­­­ces, produisent toujours les mêmes effets;

° Nous constatons, d'autre part que telles causes naturelles, dans des circonstances naturelles données, ne produisent jamais tels effets.

Ces causes ne produisent pas tels effets parce qu’elles ne le peuvent pas; car pour produire naturellement un effet donné, il faut un moyen proportionné

° Mais il est manifestement et historiquement arrivé que, dans tels cas particuliers et alors que seules étaient présentes des circonstances incapables de produire tels effets, ceux-ci se sont tout de même produits. Force alors a été de constater que, dans ces cas en question, seule une cause surnaturelle a pu être à l'origine de cette réalisation.

° Ici, il est intéressant de remarquer dès maintenant que si un « thaumaturge » (=une personne qui fait des miracles) présente un ensemble de plusieurs faits miraculeux dans un même but, et si on constate de façon certaine le caractère miraculeux d’un de ces faits, on peut alors logiquement conclure au caractère vraiment miraculeux de tous les autres faits. En effet, si tous les faits sont présentés, en faisceau, comme motifs de crédibilité, Dieu, en Se montrant origine du premier fait miraculeux, cautionne, soutient et approuve, par Son intervention, le thaumaturge. Dès lors, celui-ci ne peut pas être pris pour un menteur ou un imposteur lorsqu'il présente ses faits comme vraiment miraculeux.

° Réponse à une objection facile et assez courante =

Certains considèrent que ce que nous appelons faits miraculeux ne sont que des faits naturels dus à des causes naturelles puissantes mais encore cachées ou mal connues (comme autrefois l'étaient l’électricité, les ondes hertziennes, les fluides, etc...), lesquelles forces naturelles seraient soit physiques et matérielles, soit psychiques et intellectuelles.

1°/ On peut répondre alors à cela que, en ce qui concerne les causes de nature physique et matérielle, cette explication se détruit d'elle-même, car:

- Si ces forces sont naturelles, elles ont comme caractères essentiels d'agir de façon constante, régulière et déterminée. C’est, en effet, le caractère propre de toute loi révélée par la science. Or, le propre du fait miraculeux, est d'être produit dans des circonstances les plus diverses et dissemblables = En effet, dans des circonstances en tout identiques, certains effets se produisent, et tantôt ne se produisent pas.

C'est donc bien qu'il y a alors une cause surnaturelle qui agit; puisque toute cause purement naturelle est toujours soumise à un déterminisme rigoureux.

Et, par ailleurs, si l’on ne sait pas toujours ce que peuvent produire les forces naturelles, on sait très bien certaines choses qu’elles ne peuvent pas, et ne pourront jamais produire : Par exemple, la création spontanée et instantanée de matière; la résurrection d'un mort, etc...

2°/ Pour ce qui concerne les forces de nature psychique et intellectuelles, on a parfois voulu rapprocher le miracle de certains phénomènes ou guérisons dûs à des opérations hypnotiques. Il faut alors se rappeler que ces opérations relevant de l’hypnose concernent ces phénomènes spéciaux d'origine naturelle qui se reproduisent en des états nerveux anormaux, spontanés ou provoqués, dont les principaux sont la suggestion ou un somnambulisme artificiel dans lequel le sujet opère des actes imposés à sa volonté par celle de l'hypnotiseur.

Or, on connait un grand nombre de faits qui n'ont rien à voir avec une origine hypnotique et qui ne peuvent être, dès lors, que des faits miraculeux, c’est-à-dire ayant le surnaturel pour origine (= Dieu).

Cela se prouve par le fait que

a)    Ces faits sont tout-à-fait en dehors du pouvoir de toute cause naturelle, même d'ordre hypnotique = Exemple une résurrection.

b)    Les moyens employés en ces faits sont différents de ceux qu’emploie l'hypnose. En celle-ci, ces moyens sont toujours proportionnés et toujours les mêmes = Il y a une technique, des procédés. Tandis que dans le miracle, les moyens sont divers pour le même effet et toujours disproportionnés avec cet effet. Et, d'ailleurs, ces moyens n'en sont pas même à vrai dire, n'étant, en fait, que des signes et des symboles = Jésus étend la main et guérit ; ou prononça telles paroles et guérit...

c)    Enfin, tandis que dans les cas d'hypnose un certain temps est requis pour que la cause puisse produire son effet, dans le cas des miracles, c'est habituellement et au contraire immédiatement et sans méthode particulière que l'effet est produit.

Le fait miraculeux ne peut donc jamais être confondu avec les résultats des traitements hypnotiques tels que « la foi qui guérit par 9uggestion » (Charcot), ou « l'attente qui crée son objet », etc... D'ailleurs, l’Apologétique, par souci de rigueur, renonce à utiliser les faits où l'élément nerveux pourrait jouer un rôle.

° Une autre objection serait celle qui tendrait à mettre dans le Démon l'origine d'un fait que l'on présente comme étant d'origine divine. A cela il peut être répondu que

a) Il y a des choses qu'un esprit créé ne peut absolument pas faire = ressusciter quelqu'un ; créer une matière ; transformer une substance etc...

b) Il Y a des choses qu'un esprit créé pourrait faire mais que Dieu ne permettrait pas en raison du trouble que cela créerait = par exemple modifier le cours normal de certaines choses en vue de troubler l'esprit des hommes de bonne volonté.

En effet, l'homme a besoin, pour sa Foi, d'un motif de crédibilité à la portée de tous ; et Dieu Se doit de faire en sorte que, s'Il S'exprime, l'homme d'intention droite puisse reconnaître Sa parole par une « signature » incontestable et n'appartenant qu'à Lui. Et cette « signature » sera caractérisée par la nature bonne de l'effet produit. Tandis que lorsque le Démon agit, c'est toujours - et même si le point de départ est d'apparence bonne et attirante, anodin - finalement en vue du mal qu'il le fait.

3°/ Le caractère apologétique du miracle

° Tout miracle véritable est donc une « œuvre divine » en son origine et donc en dehors du cours ordinaire des choses, mais il n'est pas nécessairement toujours donné comme preuve de l'origine divine d'une Révélation. Dieu peut l'accomplir parfois pour d'autres motifs, par exemple : bonté envers une âme bien disposée.

° Pour qu'un miracle puisse servir de preuve irréfutable en apologétique, il est nécessaire de constater qu'en tel cas donné, il est fait pour démontrer la provenance divine authentique de telle révélation. Or, lorsqu'il y a cette relation entre un fait miraculeux et une doctrine déterminée, il est souvent aisé de la discerner et d'en reconnaître la valeur. Et cette relation montre alors quelle est l'intention spéciale de Dieu en faisant (ou faisant faire) le miracle.

° Un exemple de cette relation = la prophétie en tant que miracle intellectuel.

Il faut un lien entre le miracle (ici =la prophétie) et la Révélation divine, afin de montrer que tel prophète s'exprime bien de la part de Dieu.

Cette relation nécessaire et suffisante sera réalisée si les conditions suivantes sont respectées :

a - Le prophète annonce le miracle comme preuve de ce qu'il présente comme révélé.

b - le miracle prophétique se réalise effectivement.

c - Après enquête, on ne trouve pas, de la part de Dieu, un autre but, que celui indiqué par le prophète.

 

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Quelques citations à propos des miracles.

" On appelle proprement « miracle » ce qui se fait en dehors de l'ordre de la nature. Mais il ne suffit pas, pour qu'il y ait miracle, que quelque chose se fasse en dehors de l'ordre, d'une nature particulière...

Une chose est dite « miracle », lorsqu'elle est en dehors de l’ordre de toute la nature créée. Or, Dieu seul peut faire un miracle ainsi conçu ; parce que tout ce que fait un Ange ou toute autre créature par sa propre puissance est toujours selon l'ordre de la nature créée; et ainsi ce n'est pas un miracle. Il reste donc que Dieu seul peut faire des miracles.

                                    (St. Thomas d'Aquin S.T. Ia.pars. quest.110, art.4.)

 

« La question du miracle n'est qu'un point particulier du problème plus général de la Révélation divine. Le miracle, seul, est contraignant. Le miracle, seul, nous oblige à penser que « Dieu est là, que je le veuille ou non ; il y a, ici, une vérité qui s'impose. Libre à moi, sans doute, de le rejeter ; mais, (si) je me mets en révolte contre l'autorité (et la puissance) de Dieu-même ».

« On ne conçoit pas que Dieu prenne pour ainsi dire la peine de nous faire une révélation sans que celle-ci soit pour nous obligatoire. Dieu ne Se révèle que parce qu’Il n'y a pas d'autre moyen pour nous de comna1tre ce qu'Il veut de nous ; et parce que l'enjeu n'est autre que notre bonheur ou notre malheur éternel... »

« Le cours ordinaire des choses est réglé une fois pour toutes. Et Dieu seul peut y introduire des exceptions. Or, nous constatons que, dans certains cas, l’ordre établi est passagèrement suspendu. C'est donc que Dieu est alors intervenu dans ces cas-là ; et lui seul. »

                                                                                       (Ch.Christiani)

 

« Le miracle est un syllogisme en action. Le meilleur et le plus convaincant des syllogismes ! »

                                                                          ( La Harpe, sur Diderot)

 

 

20 - Les miracles physiques opérés par JESUS

 

N.B.      Après une étude des miracles en général, nous reprenons ici celle plus spécifique des miracles physiques opérés si souvent et diversement par Jésus.

C’est le 3ème argument apologétique tendant à nous prouver que nous sommes dans le vrai avec la religion catholique, puisque son auteur a manifesté – ici par ses miracles - l'origine divine de Sa mission; et même de Sa propre divinité, puisqu'Il a opéré ces miracles non pas (comme dans le cas des Apôtres, par exemple) par une puissance déléguée, mais par Sa propre puissance = en Son Nom propre.

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Ainsi, Jésus affirmait nettement Sa divinité; mais Il en donnait aussi clairement et physiquement des preuves irréfutables en opérant, par sa propre puissance des miracles.

A/    ° Les miracles opérés par Jésus sont, selon leurs objets, de catégories différentes =

Miracles sur les corps (guérisons, etc...) et miracles sur les esprits (conversions, exorcismes etc...)

° Il suffit de lire l'Evangile pour constater que les miracles opérés par Jésus furent très variés et très nombreux.

Et St Jean (21,25) nous avertit que loin d'être tous racontés dans l'Evangile, les miracles que fit Jésus furent si nombreux qu'ils n’auraient pas pu être contenus par tous les livres de ce temps-là...

Les miracles que le Seigneur fit, furent mêlés à tous les évènements de Sa vie terrestre; et ils apparurent souvent comme preuves de l'origine divine de Son enseignement, ou de Sa puissance, voire de Sa nature de Dieu-fait-homme.

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B/ Diversité des miracles opérés par Notre-Seigneur.

1° - Nous constatons que Jésus a opéré des miracles sur les éléments de la nature :

o  Changement de l'eau en vin aux noces de Cana (en St. Jean 2, 1 et 11).

o  Jésus a apaisé une tempête sur le lac de Tibériade (en St. Mat. 8,2 et 26).

o  Il a marché sur les eaux du même lac (St. Mat.14, 25).

o  Les Evangélistes ont rapporté l'évènement des pèches miraculeuses = En St. Luc 5,1 et 11, et en St. Jean, 21,3-4.

o  Les deux multiplications des pains que fit Jésus; le figuier desséché sur l'ordre du Seigneur Jésus, ainsi que d'autres miracles sur des êtres inanimés manifestent également Sa puissance divine.

  2° - Encore bien plus souvent, Jésus fit des miracles sur le corps humain :

oC'était soit pour faire des guérisons de malades (lé­preux, paralytiques, sourds-muets, aveugles et hydropiques)

oSoit pour chasser les Démons de maints possédés que ces esprits mauvais torturaient diversement (Par exemple = St. Luc, 6,33; St. Marc, 5,1 ; et 9,14 ; etc...)

oSoit aussi pour faire ressusciter des cadavres, exerçant ainsi Sa puissance divine sur la mort elle-même. C'est ainsi que l'Evangile rapporte trois résurrection :

1.      Celle du fils d'une femme veuve demeurant au village de Naïm (St. Luc 7,11-17).

2.      Celle de la fille d'un certain Jaire, chef de Synagogue (en St. Mat. 9,18 ; en St. Marc 5,21;et en St. Luc 8,40).

3.      Celle enfin de Lazare, à Béthanie (St. Jean 11,1-44).

N.B. Au sujet des résurrections opérées par Jésus, il y a à considérer aussi, bien sûr, celle qu’il a faite de Son propre corps humain, après la crucifixion. Mais, c'est là un argument apologétique d'une telle importance, qu'il fait l'objet d'un chapitre tout particulier.

N.B. Bien qu’ils ne furent pas l'œuvre de Jésus, il convient de signaler ici les miracles réalisés par Dieu à l’occasion de Jésus.

- C'est ainsi qu'au moment de l'annonce de Son incarnation, l'ange Gabriel Se manifestera à la Vierge Marie.

- L'Incarnation elle-même du Sauveur constitue un miracle de particulière importance, compte-tenu du caractère absolument extraordinaire de cette conception.

- Au moment de la naissance de Jésus, apparition de l'étoile et des Anges.

- Lors du baptême de Jésus par Jean-Baptiste, la manifestation de Dieu le Père et celle du Saint-Esprit attestent en faveur du Sauveur.

- La Transfiguration sur le Mont Thabor et l'apparition de Moïse et d'Elie qui l'a accompagnée, constituent elles aussi une preuve dont l'origine ne peut être que manifestement divine.

- A la mort de Notre-Seigneur sur le Golgotha, il y eut aussi des manifestations dans les éléments qui ne peuvent pas s'expliquer naturellement quant au lieu et au moment où ils se sont produits = les ténèbres à 3h de l'après-midi ; un tremblement de terre en même temps, et le voile du Temple déchiré sur toute sa hauteur sans cause naturelle; ainsi que la résurrection spectaculaire de morts.

- Enfin, tant au moment de l'Ascension de Notre-Seigneur que déjà auparavant, peu après Sa résurrection, des Anges se manifestent par leur apparition à divers témoins de ces faits in explicables humainement.

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C/         La signification de ces faits miraculeux

Après ce qui a été dit dans le chapitre concernant les miracles en général, il suffit de montrer ici la vérité historique, théologique et apologétique des faits miraculeux rapportés dans l'Evangile et attribués à Jésus. II suffit, pour cela, d'appliquer les principes donnés à ce sujet =

- 1.- La vérité historique de ces faits miraculeux

Ce sont là des faits réels et qui nous ont été rapportés tels qu'ils ont eu lieu. En effet =

A.- Les faits ont été dûment constatés ; car il s'est agi là de faits :

a) sensibles et extraordinaires, donc faciles à constater.

b) importants et graves de conséquences et donnés comme preuves d'une doctrine élevée, exigeante et difficile : A cause de cela, on y aura prêté nécessairement une grande attention critique avant de les accepter.

c) opérés publiquement; et même, assez souvent, en présence d'adversaires, donc: de gens indisposés à leur égard et même lia priori" contre; comme par exemple lors de la guérison de l'aveugle-né, envoyé à la piscine de Siloé; du paralytique guéri un jour de sabbat devant les Scribes et les Pharisiens; de la multiplication des pains; de la résurrection de Lazare, à l'ensevelissement de qui ont dû assister bien des chefs religieux de Jérusalem...

B.- Ces faits ont été transmis véridiquement : Ils sont contenus dans les Evangiles, dont la véracité historique a été démontrée après des critiques historiques rigoureuses.

Et la fidélité dans la transmission du récit nous est garantie =

a)Par l'importance des faits et la place de premier plan qu'ils occupent dans les récits évangéliques.

b)par les preuves de sincérité des narrateurs, données par la simplicité du récit, comme par les précisions qu'il donne et, finalement, par le témoignage héroïque de sa véracité allant jusqu'au martyre.

c)par le soin et la surveillance dont amis et adversaires de. Jésus et de Sa doctrine ont entouré les récits évangéliques.

-2.- la vérité théologique des faits miraculeux

Ces faits sont non seulement historiques, mais ils sont théologiquement miraculeux. C'est-à-dire qu'ils ont Dieu seul comme cause principale et propre, et qu'ils ont été « opérés par Lui en dehors du cours ordinaire des choses ».

A.- Les arguments positifs (= constatation directe d'une action divine et extraordinaire) :

a)Les faits énoncés comme miraculeux dans les Evangiles se passent des lois de la nature clairement connues sur ces points = par exemple, la résurrection d'un cadavre! la guérison subite d’un aveugle-né et sans moyen approprié.

b)Il n'y a dans les récits miraculeux évangéliques, que des circonstances en lesquelles le fait ne se produit jamais selon le cours ordinaire des choses = la cause est sans aucune proportion naturelle avec l'effet; par exemple: une guérison apparemment produite par une parole ou un simple geste.

c) De plus, le sujet aussi est impuissant à recevoir l’effet : On constate que la disproportion existe soit pour recevoir l'effet lui-même (par exemple =un cadavre, pour recevoir la vie); soit pour recevoir cet effet instantanément (par exemple, le changement instantané de l'eau en vin).

B. - les arguments négatifs (= par exclusion des causes inférieures à celle provenant de Dieu).

a)Les miracles de Jésus ne sont pas explicables par des causes naturelles même cachées ou encore inconnues :

Pour se rendre compte de cela, il suffit de se rappeler que les causes naturelles agissent toujours suivant un déterminisme rigoureux. Si bien qu'il est une loi qui, naturellement, ne peut jamais être démentie et selon laquelle « les mêmes causes, dans des circonstances identiques, produisent nécessairement les mêmes effets ».

Or, nous constatons que, en certains faits évangéliques :

oparfois des causes et des circonstances, naturellement différentes, produisent les mêmes effets = Ainsi, des aveugles sont guéris tantôt par une simple parole, tantôt par un attouchement.

oAilleurs, le même moyen (Exemple = une simple parole) produit des effets aussi différents que sont une résurrection, ou l'arrêt d'une tempête.

oAilleurs encore, aucun moyen n'est employé et cependant un effet est produit (par exemple à Cana).

b) Les miracles de Jésus ne peuvent pas davantage être expliqués par des phénomènes hypnotiques :

oLes œuvres opérées sont totalement disproportionnées à ce que ferait une cause hypnotique ; une résurrection, par exemple; ou les miracles ayant des choses pour objet.

oDe même, le mode opératoire = Dans le cas d'un miracle, ce mode d'action est nul, ou très varié ; tandis que la technique hypnotique est minutieuse et précise.

oLes sujets du miracle sont très différents les uns des autres, et non pas spécialement choisis comme nerveux ou prédisposés.

oEnfin, le caractère instantané des guérisons que Jésus a opéré n'existe jamais dans les cas d'hypnotisme, de l'aveu même des spécialistes de la psychothérapie.

c) Il faut exclure aussi l'action du Démon =

oIl est à remarquer, tout d’abord, que, dans beaucoup de miracles de Jésus, le Démon se combattrait lui-même = lors des exorcismes (=expulsion des Démons). C'est d'ailleurs un argument « a contrario » que Jésus oppose à ceux qui Le critiquent.

oNotre-Seigneur fait des œuvres que le Démon est radicalement incapable de faire (= les résurrections, par exemple) ; ou que Dieu ne laisserait pas faire au Démon, car elles le feraient aussi puissant que Lui.

oAucune empreinte de mal n'apparait ni en Jésus, ni en ses miracles; ce qui serait contraire si le Démon était l’auteur de ces faits, car Satan ne peut pas ne pas être « contre » et à l'inverse de tout ce qui est divin, bien, bon et vrai.

Toutes ces précisions et analyses des faits extraordinaires opérés par Jésus et que nous appelons miraculeux parce qu'ils se situent en dehors du cours ordinaire des choses, montrent bien que ces faits exigent théologiquement une intervention spéciale de Dieu Lui-même.

3. - La vérité apologétique des faits miraculeux opérés par Jésus

Ces miracles de Jésus sont manifestement faits pour prouver l'origine divine de la mission de Jésus en Sa prédication, et pour prouver aussi Sa propre divinité. Ils sont faits dans un but bien déterminé = prouver la divinité de la révélation chrétienne, et celle de Jésus Lui-même. Ils sont mis en relation de preuve à thèse avec cette révélation. Et cette relation est parfois explicité, parfois implicite

A. - Relation explicite du miracle avec la doctrine et la personnalité de Jésus =

a)Tous les miracles de Jésus sont, d'une façon générale, mis en relation avec Lui et avec Sa prédication :

oEn effet, Notre-Seigneur met une relation générale de preuve à thèse entre Sa doctrine et Sa personnalité divine, d’une part, et tous Ses miracles, et Ses œuvres, d'autre part = « Croyez à mes œuvres, dit-Il sans cesse. Puis « Les œuvres propres à Mon Père et que Je fais, témoignent pour Moi ».-       « Allez, rapportez (à Jean-Baptiste) ce que vous voyez et entendez = les aveugles recouvrent la vue ; les boiteux marchent ; les lépreux sont guéris; les sourds entendent ; les morts ressuscitent ». (St. Mat.11, 5 ; St. Jean 5, 36 ; 10, 25 et 37-38 ; 14, 12 et 15, 22-21, etc...)

oA son commandement, et en Son nom propre, le miracle se produit aussitôt.

oAucune intention spéciale de Dieu, différente de celle indiquée par Jésus ou s'y opposant, n’est manifestée et n'appara1t pour les miracles de Jésus. C’est un point de vue négatif, mais qui a son importance, car il marque bien l'accord de Dieu le Père avec les agissements de Jésus (« Celui qui ne dit mot, consent »).

b)Cette mise en relation est spéciale, en même temps que très lumineuse.

oDans la guérison de l'aveugle-né: = « Crois-tu au Fils de Dieu ? » (St. Jean 10, 36). Et les chefs religieux feront les frais de tout leur procès déclenché à cette occasion envers le miraculé, et donc envers Jésus qui l'a guéri.

oDans la guérison aussi du paralytique. En effet, là, le Seigneur lie les deux faits miraculeux = le pardon invisible qu'Il a accordé au paralytique, puis sa guérison physique et spectaculaire attestant sa guérison spirituelle. = « Afin que vous sachiez que J'ai le pouvoir de remettre les péchés... etc... » (St. Marc 2, 10-11) car ce pouvoir ne peut qu’être que divin.

oA la résurrection de Lazare (St. Jean 11) les affirmations sont très nettes et répétées (out ce chapitre est à lire pour se convaincre aisément).

oTous les disciples de Jésus ont bien compris les choses ainsi et croient en Lui dès Son premier miracle (St. Jean, 2,11)

oNicodème, de son côté, le déclare clairement = « Ma1tre, nous savons que Vous êtes venu de Dieu pour nous enseigner; car nul ne peut faire les miracles que Vous faites si Dieu n’est pas avec Lui ! (St. Jean 3,2).

Les foules elles-mêmes étaient dans l’admiration des œuvres et de la prédication de Jésus; et c’était au point qu'elles devinaient déjà le lien logique entre ce qu'elles entendaient et constataient de Jésus et l'origine divine de tous ces prodiges. Le bon sens populaire, là, ne s'y trompait pas lorsque beaucoup se demandaient « n'est-ce pas là le Fils de David ? » c'est-à-dire l'Envoyé de Dieu promis et tant attendu.

D. - Il Y a aussi relation implicite des faits miraculeux opérés par Jésus et Dieu =

a)Dieu, en accordant un tel pouvoir au « faiseur de miracles » qu'était Jésus et qui Se dit constamment Son Fils unique, sanctionne et atteste. Cette affirmation : Si celle-ci était fausse, il faudrait alors admettre que Dieu soutiendrait le mensonge, ce qui est impossible.

b)Par ailleurs, Jésus accorde à Ses disciples le pouvoir de faire des miracles pour donner la foi en Lui. (St. Mat. 16,17 et St. Jean 14,12).

c)Les miracles de Jésus étaient annoncés par des prophéties et, ils réalisent ces prophéties. Ce que Jésus rappelle en St. Mat. 11,5.

d)Enfin, comme nous l'avons vu plus haut, Dieu fait des miracles à l'occasion de la naissance, de la mort, de la résurrection et de l'ascension de Jésus, ou même en d'autres circonstances se rapportant à lui : C'est donc bien que Dieu S'est engagé en sa faveur et a cautionné les dires et les gestes de Jésus.

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En conclusion de quoi nous pouvons bien dire que les miracles physiques opérés par Jésus prouvent manifestement Sa divinité. Ils en sont comme « la signature divine », indubitable et éclatante.

 

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Citations

 

« Le miracle est le véritable pivot de la Religion chrétienne. Ni dans la personne de Ses prophètes ; ni dans la personne de Son Fils, Dieu n'a essayé de démontrer par des raisonnements quelconques la possibilité des vérités qu'Il enseignait, ou la convenance des préceptes qui Il intimait au monde. Il a parlé. Il a commandé. Et, comme garantie de Sa doctrine et comme justification de Son autorité (et de Sa puissance), Il a opéré le miracle ».

                                                                                                 Cardinal Pie.

«  Il n'est pas excessif d'affirmer que le miracle est une donnée importante de la Religion révélée : En effet, s'il n'est pas un fait religieux par sa nature intrinsèque, il est un fait religieux par sa finalité inaltérable. Il est appelé à accompagner, à souligner, à attester, à confirmer le contenu de la ’Bonne Nouvelle’ renfermée dans l'Evangile. Bref, il a un rôle apologétique à jouer et on peut dire qu'il a partie liée avec la doctrine qui fait le fond du christianisme.

C'est en ce sens que Pascal a fortement raison de soutenir que ‘les miracles discernent la doctrine et que la doctrine discerne les miracles’.

Les miracles viendront donc appuyer le message évangélique. Ils seront produits devant les hommes comme une garantie de son origine divine, et, en même temps, ils seront de telle nature qu'ils formeront comme un commentaire de son contenu spirituel .»

                                                                                            J.Werlé.

                                                               __  

« Il ne faut pas se dissimuler que la place occupée par les miracles dans les Evangiles est énorme.

T.H. Wright, critique très précis, y a relevé en tout quarante et un miracles, ou groupes de miracles = St. Mat. en rapporte vingt-quatre ; St Marc = vingt ­deux; St. Luc vingt-quatre et St. Jean = neuf.

Mais surtout, le miracle est dans la trame du récit...

Et d'abord; les miracles sont liés intimement à la Foi des disciples en leur Maître ; de sorte que cette Foi est formellement et continuellement mise en relation par les Evangélistes, avec le fait des miracles.

Sous ce rapport, les ennemis de Jésus pensent comme Ses amis, face à l'évidence des miracles = Les Princes des Prêtres et les Pharisiens réunirent le conseil du Sanhédrin et dirent : ‘Qu’allons-nous faire? Car cet homme accomplit beaucoup de miracles. Et si nous Le laissions faire, ainsi, tous croiront en Lui’. (St. Jean 11,17) »

                                                                                                  Ch.Cristiani.

« Les miracles opérés par le Christ manifestent clairement Sa divinité sous un triple rapport =

1°/ Par la nature-même des œuvres accomplies, puisqu’elles dépassaient la puissance de toute créature. C'est ce qui faisait dire à l'aveugle-né, après sa guérison (St. Jean 9,32) :

‘Jamais on a entendu dire que quelqu’un ait donné la vue à un aveugle de naissance; si ce n'était pas là le fait d'un envoyé de Dieu, rien de semblable aurait pu être fait.’

2°/ Par la manière dont ces miracles ont été accomplis; car le Christ les faisait par Sa propre puissance, et non par la vertu de Sa prière, comme les autres thaumaturges (ceux qui firent des miracles). Voilà pourquoi il est dit, en St. Luc 6,9 ‘Une force sortait de lui et qui guérissait tous les malades’ (...) Et encore, en St. Mat.8 = ‘Il chassait les Démons par Sa seule parole’ (...)

3°/ Cette même vérité r6sulte de Sa doctrine, puisqu'Il affirmait Lui-même qu'Il était Dieu. Et si cette affirmation n'était pas vraie, jamais elle n'aurait été confirmée, comme elle l’a été souvent, par des miracles où éclatait la puissance divine ».

                        Thomas d'Aquin. Somme théologique, 3ème partie question 43)

 

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- Le miracle particulier de la Résurrection de Jésus.

 

C'est parce que ce miracle constitue le fait le plus probant de la divinité de Jésus et, par voie de conséquence, de la véracité et de la divinité de Sa doctrine, que nous l'étudions ici en un chapitre spécial.

Préliminaires

Définition d’une résurrection = La résurrection est le passage du même corps humain, de l'état de mort (=cadavre) à l'état de vie, de telle sorte que la même âme vivifie son corps è nouveau.

L'importance spéciale de ce miracle de sus provient =

a)            De la grondeur éclatante du fait lui-même = se ressusciter soi-même (= c'est le mort lui-même qui agit),

b)            et de la place unique que les Apôtres ont donnée à la résurrection de Jésus, leur Maître, parmi les motifs de crédibilité :

St. Pierre en fait, dès le début de sa prédication, la base de cette prédication =

Actes des Apôtres, 2,32.

      «            «      3, 26

      «            «      4

      «            «      5,30

      «            «      10, 40

St. Paul, de son côté, écrit aux fidèles de Corinthe = « Si le Christ n'est pas ressuscité, votre Foi est Vaine »                                                   (1ère Co, 15,17)

c)            L'importance de la Résurrection est manifestée aussi par les attaques des adversaires contre ce point capital qui les gênait;

d)            Et aussi par la lumière éblouissante et inévitable faite sur Jésus par les défenseurs de la vraie Religion.

 

 

 

Etude du fait de la Résurrection

 

1/ La vérité historique de la résurrection de Jésus

C'est un fait absolument certain que celui de la résurrection de Notre-Seigneur. Il suffit que le passage de la mort à la vie du corps de Jésus soit démontré comme ayant été un fait historique pour que nous puissions tenir ce fait pour authentique:

La preuve en est donnée de la façon suivante :

 

A.- Jésus était bien mort.

Cela est prouvé par :

a) la multiplicité et la nature des tortures endurées par Notre-Seigneur = la sueur de sang (=hémathidrose); la flagellation; le couronnement d'épines; le portement; le supplice final du crucifiement et de l'étouffement progressif ainsi que de la déshydratation qui s'en suivaient; enfin par le coup de grâce donné par la lance, après la mort apparente du supplicié.

b) le témoignage des ennemis de Jésus eux-mêmes; témoignage peu suspect, en la circonstance...

- Témoignage des chefs religieux, tout d'abord, et dont la haine ne voulait pas laisser échapper celui qu'ils avaient tant combattu, et dont ils diront : « Ce séducteur, lorsqu'il était encore vivant... », ou encore : « de peur que Ses Apôtres ne disent ‘Il est ressuscité d'entre les morts’. »

- Témoignage des exécuteurs, qui ne rompent pas les jambes de Jésus, Le voyant déjà mort.

- Témoignage du centurion romain, qui perce le côté de Jésus, « voyant qu'Il était mort » (ce qui se faisait, classiquement dans ces cas-là, pour donner le coup de grâce).

- Témoignage de Pilate enfin, qui permet la sépulture.

c) mais témoignage surtout des Apôtres, déçus et comme désespérés, en tous cas désemparés = « Voilà le troisième jour qu'Il est mort !... »

N.B. Jésus avait Lui-même annoncé Sa mort comme but final et, rédempteur de Son passage sur la terre. Les Prophètes l'avaient annoncé aussi.

 

B.- Jésus est vraiment ressuscité.

1°/ Les témoignages =

Ceux-ci sont contenus :

a)En partie dans les Evangiles = Ces témoignages nous montrent à la fois l'argument indirect = le tombeau vide ; et l'argument direct = les apparitions de Jésus ressuscité

Voici un bref résumé des évènements =

° Le matin du troisième jour de saintes femmes vont au tombeau pour faire achever l'embaumement du corps de Jésus, fait que de façon sommaire précédemment à l'approche de l'heure du sabbat.

oMarie-Madeleine y arrive de grand matin (St. Jean 20,1) voit la pierre d’entrée roulée sur le côté, croit à un enlèvement du corps de Notre-Seigneur et court en avertir les Apôtres.

° les deux Apôtres Pierre et Jean se précipitent et constatent que le tombeau est vide, les linges retombés sur eux-mêmes; puis se retirent.

° Marie-Madeleine, qui est certainement revenue au tombeau, reste là désemparée. C’est alors que, dans l'aube naissante Jésus lui apparaît. Elle Le prend pour le gardien de l’endroit. Jésus Se fait alors reconnaître.

° Entre temps, d'autres saintes femmes étaient arrivées au tombeau alors que le soleil venait de se lever (St. Marc 16,2). Elles constatent d'abord la disparition du corps, mais deux Anges leur apparaissent et l'un d'eux leur annonce la Résurrection de Notre-Seigneur et les charge d’en porter le message aux amis de Jésus.

° Durant le chemin du retour, Jésus leur apparaît et leur fait donner rendez-vous à Ses disciples en Galilée (St. Mat 28,1-10)

° Remplies de joie, Marie-Madeleine et les saintes femmes informent les Apôtres, mois se heurtent à leurs hésitations (St. Marc 16,11).

° Mais Notre-Seigneur apparaît bientôt à St. Pierre (St. Luc 24, 34)

° Jésus apparaît ensuite il deux disciples bien inquiets et qui se rendaient au village d’Emmaüs, Il leur explique le sens de Sa Passion et de sa crucifixion. (St. Luc 24,13 et 35).

° Le soir-même, Jésus est présent dans le Cénacle; Il rassure Ses apôtres craintifs, mange avec eux pour les convaincre; leur donne. Sa bénédiction et le Saint-Esprit en vue du pardon des péchés (St. Jean 20,19-24)

° Huit jours plus tard, Jésus apparaît de nouveau et, pour convaincre Thomas, lui fait toucher Ses plaies.

° En Galilée, a lieu une apparition à sept disciples, sur le bord du lac de Tibériade, sur lequel Il provoque une nouvelle pêche miraculeuse, mange     avec Ses Apôtres et con­fère la primauté à st Pierre (St. Jean 21).

° Une outre apparition aux onze Apôtres est signalée dans l'Evangile, sur une montagne die Galilée, sur laquelle ils reçoivent leur mission définitive. (St. Mat.28,16-17)

oEnfin une dernière apparition est relatée en St. Luc, 24,50, en vue de l'Ascension, au jardin des Oliviers.

Le revirement des Apôtres, qui adoptent une attitude courageuse et même parfois téméraire, ne peut pas s'expliquer autrement que par le choc que leur fit la Résurrection. Aussi, désormais, non seulement ils resteront fidèles à Jésus, mais iront de l'avant.

 

b)Les témoignages sont contenus aussi dans les Actes des Apôtres et les Epitres. =

Nous constatons, en effet, l'énumération de plusieurs apparitions de Notre-Seigneur, vivant et ressuscité, faites à Ses Apôtres et à Ses disciples, spécialement à plus de cinq cents disciples, dont plusieurs vivaient encore au moment où St. Paul écri­vait son épitre, et qu'il prend précisément comme témoins de la véracité du fait (1ère Cor.15,36).

La rencontre de Jésus avec Ses Apôtres en vue de Son Ascension est clairement signalée au chapitre 1er versets 21 et 22 des Actes des Apôtres.

Et ces mêmes Actes des Apôtres rapportent maintes affirmations de la Résurrection et des apparitions de Notre-Seigneur ressuscité qui suivirent = chap.1,31; 2,23-24; 3,15; 4,9-10.

c)Toute la Tradition (=transmission fidèle des faits catholique9 dès les plus hautes origines, affirme, par ailleurs et jusqu'au martyre, la Résurrection du Seigneur.

 

2°/ La valeur des témoignages

Elle ressort des deux propositions suivantes =

A) Première proposition = les Apôtres n'ont pas été trompés.

Pour que les Apôtres se soient trompés, il aurait fallu deux choses:

° L'enlèvement du corps de Notre-Seigneur par d'autres personnes pour expliquer le tombeau vide; et Chez les Apôtres et les disciples, un phénomène d'hallucination basé sur l'attente de la Résurrection, pour expliquer les apparitions qui se sont produites.

Or, rien de tout cela n’a pu se produire; car =

- Pas J'enlèvement possible du corps de Jésus par les Juifs en vue de le mettre à la fosse commune ou ailleurs. Cet enlèvement aurait été contraire :

° à la psychologie des Juifs, qui ne pouvaient pas commettre une telle maladresse et donner ainsi un prétexte à des bruits de résurrection qu'ils redoutaient par-dessus tout, et contre lesquels, au contraire, ils réclamèrent eux-mêmes aux Romains la garde du tombeau. Et le tombeau, d'ailleurs, fut bien gardé = par une garde doublée, sur un ordre de Pilate, qui voulait en finir avec cette histoire.

° L'enlèvement du corps de Jésus aurait été contraire aux prévisions évangéliques sur l'ensevelissement au tombeau de Joseph d'Arimathie.

oEt il aurait été contraire aussi aux données de l'histoire profane, qui n'a jamais eu connaissance de cet usage chez les Juifs de mettre des corps dans une fosse commune.

- Il n'y a pas davantage de possibilité de phénomènes hallucinatoires chez les amis de' Jésus. En effet =

° Marie-Madeleine, la toute première dans le temps de ce matin-là, attend si peu la Résurrection qu'elle a apporté avec elle de quoi achever l'embaumement; elle pense, de plus, à un enlèvement du corps, face au tombeau ouvert et déserté par les gardes...

° Les Apôtres et les disciples sont désemparés. Ils doutent des dires des saintes femmes. Ils vont vérifier sur place par l'intermédiaire des principaux d'entre eux: St. Pierre et St. Jean, le disciple très apprécié de Jésus...

- Lorsqu'ils percevront le Christ ressuscité, les témoins du fait le feront d'une manière concrète et palpable, ce qui n'arrive pas dans un cas d'hallucination: Jésus mange, boit, fait toucher Ses mains et Son côté. L’ensemble des perceptions est cohérent et identique pour tous.

- Et à supposer que Jésus ait été mis au tombeau encore vivant, plusieurs semaines, voire plusieurs mois lui eussent été nécessaires, après le genre de traitements physiques subis, pour apparaître en l'état normal de santé en lequel Il est apparu au matin du troisième jour.

  - Enfin, pour en revenir au phénomène d'hallucination si volontiers invoqué bien plus tard, il faut convenir que les sujets ne sont pas aptes è une telle hallucination.

Il ne peut y avoir hallucination collective pour des groupes importants d'hommes (500) de tempéraments divers et de santé normale.

Les circonstances des apparitions de Notre-Seigneur après Sa Résurrection sont trop diverses et variées pour qu'on puisse conclure à des illusions des yeux ou de l'esprit.

Donc, les Apôtres furent ces témoins compétents et réels de la Résurrection du Christ.

Reste à savoir s'ils furent sincères.

 

B) Deuxième proposition = Les Apôtres ne nous ont pas trompés

 

1°/ Ils n'ont pas voulu enlever le corps de Jésus

- Ils étaient trop découragés et désemparés

- Ils n'avaient pas de raison de s'exposer aux conséquences de la non-résurrection de Jésus, qui avait annoncé ce fait comme le signe le plus manifeste de Sa puissance et de la véracité de Sa prédication. Tous les intérêts des Apôtres s'opposaient à l'enlèvement du corps de Jésus.

- D'ailleurs, l'auraient-ils voulu qu'ils n'auraient pratiquement pu le faire, le tombeau étant trop bien gardé par des soldats impossible à compromettre ou à circonvenir pour quelque raison fut, tant ils méprisaient les Juifs et trop graves auraient été les sanctions en outrepassant la mission reçue.

- Ils n'auraient pas davantage pu agir par ruse ou par surprise sur les gardiens du tombeau.

- S'ils avaient pu enlever le corps de Jésus pour faire croire à la Résurrection, les Apôtres ou d'autres partisans de Jésus auraient eu à fournir, pour être crus sur leur affirmation de la Résurrection prétendue par eux, des preuves manifestes et concrètes; car les gens, surtout en une question aussi étonnante et humainement invraisemblable (=un mort qui se ressuscite !...), ne se serait pas laissés convaincre facilement.

- Au contraire, la sincérité des Apôtres est affirmée

° Par le ton de simplicité directe dans la narration des faits;

° Par le merveilleux changement opéré sur eux à la suite de la Résurrection, constatée et vérifiée

° Par l'acceptation, plus tard, du martyre en vue de témoigner de la véracité de la Résurrection de leur Maître et donc de la divinité de Sa doctrine, comme celle de Sa personne.

 

2°/ La vérité théologique de la Résurrection de Jésus

En effet, c'est là, théologiquement, un vrai miracle.

A - Argument général = Ce fait est en dehors des lois ordinaires de la nature universellement connues sur ce point.

B - Arguments particuliers =

- l'âme, sitôt après la mort, se trouve naturellement fixée pour toujours à son terme selon l'orientation prise durant la vie = récompense en Dieu, ou châtiment de la séparation.

- le corps, lui, à l'état de cadavre, va inéluctablement à sa destruction par la décomposition.

- Donc, quant à la nature des choses, impossibilité naturelle d'un retour à l'état antérieur à celui ce la mort réelle. Il faut donc une puissance qui ne peut être que divine pour qu’il en aille autrement. Car, seul l’auteur d'une nature spirituelle, comme l'est l'âme, peut avoir puissance pour agir sur la constitution de l'âme.

- De plus, Jésus lui-même - et après lui les scientifiques compétents en cette sorte d’études - reconnaissent dans la Résurrection un miracle de premier ordre.

 

3°/ La vérité apologétique de la Résurrection de Jésus

° D'une façon générale, Jésus donne le merveilleux miracle de Sa Résurrection comme une preuve de la divinité de Sa doctrine et de Sa propre nature divine.

° Mais plus spécialement, alors que Ses contradicteurs Lui demandent un signe leur permettant d'authentifier l'origine divine de Sa mission et de Sa doctrine, Jésus leur répond = « Détruisez ce Temple et Je le rebâtirai en trois jours ! » Or, Notre-Seigneur leur parlait là du temple de Son corps : « Et les apôtres, après que le Seigneur eût ressuscité, comprirent qu'il s’agissait du temple de Son corps ».

° St. Mat. en 12,38 et 13 rapporte le signe de Jonas:

« Cette génération cherche un prodige, il ne lui, en sera pas donné d'autre que celui du prophète Jonas = De même, le ‘Fils de l'homme’ sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ». Et, comme Jonas, Jésus réapparaîtra au troisième jour, alors qu'on Le croyait, Lui aussi, perdu pour toujours.

La victoire de Jésus sur la mort, après trois jours passés dans le sépulcre, est donnée comme un signe irréfutable et capital pour Sa doctrine.

Les chefs religieux juifs l’ont d'ailleurs bien compris ainsi, puisque les gens du sanhédrin dirent : « Ce séducteur a dit ‘Je ressusciterai après trois jours’, et ils firent garder le tombeau afin d'éviter les conséquences psychologiques d'une résurrection même prétendue.

St. Jean, au chapitre 10ème, verset 18, rapporte la déclaration de Jésus : « Je donne ma vie, mais pour la reprendre de nouveau. Personne ne Me l'enlève, mais Je la donne de Moi-même. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre : Telle est la mission que J'ai reçue de Mon Père (qui est dans les Cieux) ».

En dernière considération, on peut aussi dire que, de sa nature-même, ce miracle est un privilège absolument extraordinaire, et donc, que Dieu ne peut pas l'accorder à un imposteur.

En effet, si Dieu accorde à Jésus la Résurrection, alors que ce même Jésus S'est dit « Fils de Dieu », nous ne devons pas hésiter à croire cette affirmation, ainsi que tout ce que Jésus a enseigné.

Donc, en conclusion apologétique = Jésus-Christ est vraiment Dieu. Donc Sa doctrine est divine. Donc le christianisme est la seule vraie Religion révélée par Dieu.

 

Quelques réflexions

 

« Si le Christ n'était pas vraiment ressuscité; jamais les Apôtres n'auraient continué à croire en Lui et se seraient arrêtés de prêcher Son enseignement.

En effet, ils n'avaient aucun avantage matériel ou temporel à retirer de leur fidélité envers Jésus; tout au contraire = Jésus les en avait même avertis: « Que celui qui veut me suivre prenne sa Croix et vienne à ma suite. » S'ils (les ennemis de Jésus) ont ainsi maltraité le bois vert (= Jésus), à bien plus forte raison maltraiteront-ils le bois sec (=les Apôtres).

Humainement, les Apôtres et disciples rie Jésus avaient beaucoup à perdre à Lui demeurer fidèles; y compris leur propre vie, face aux puissants chefs religieux juifs et Romains excités par eux et déjà pleins de mépris pour tout juif.

Apôtres et disciples n'auraient pas même pu imaginer un pareil miracle = la résurrection d'un homme mort et bien mort et qui cependant agit encore et pour Se redonner la vie : Mais du moment que Jésus avait annoncé un pareil prodige, s’il fallait qu'il prouvât la véracité de cette affirmation inconcevable et humainement incroyable. D’ou l'attente perplexe et même douteuse des Apôtres eux-mêmes de la réalisation de ce prodige. Car, encore une fois, c'était là le miracle des miracles qu'un être mort puisse agir, manifestant alors on ne peut plus clairement l'existence en lui d'une puissance supérieure à celle de la nature humaine; puissance qui ne pourrait être divine, le Démon lui-même ne pouvant avoir un tel pouvoir sur la vie, puisqu'il est lui aussi une nature ayant reçu son existence angélique.

La fidélité des Apôtres et disciples de Jésus ne peut donc que confirmer la Résurrection de leur Maître. Sans elle, tout se serait arrêté là; car c’aurait été la preuve que Jésus S'était trompé ou aurait trompé les Siens, pour la première fois, certes, mais aurait menti. Dès lors, impossible de faire confiance à un meneur qui, en général, ne suscite plus la confiance »...

                                                                                                     L.A.

« Les Apôtres, surtout Pierre et Paul, comprirent à ce point l'importance exceptionnelle du miracle de la Résurrection du Seigneur Jésus, qu'ils invoquent ce fait historique devant les contemporains de l'évènement en les prenant à témoin de sa véracité. Jamais ils n'auraient inventé, face à ceux qui pouvaient juger par eux-mêmes l'exactitude ou. la fausseté d'un fait historique, un évènement aussi incroyable pour tromper; car ces contemporains avaient tous les moyens de prouver le contraire, si l'évènement dont ils étaient pris comme témoins, n'avait pas eu vraiment lieu. »

                                                                                                     L.A.

« Le Saint Suaire de Turin, dont études et analyses scientifiques des plus minutieuses ont été faites encore tout récemment, avec des moyens techniques les plus modernes et précis, peut être donné comme un surcroît de preuve manifeste de la Résurrection de J6sus, en particulier par le mode ce marques laissées sur la trame du tissu = la « fulguration », qui a légèrement roussi ce même tissu, le marquant ainsi d'une façon ignorée jusqu'ici, et alors que l'on croyait communément à une imprégnation par réaction chimique de la sudation du corps de Jésus au contact avec les produits de l'embaumement. Cette « fulguration » a certainement été produite au moment de la Résurrection du Christ, dont le corps glorieux et « rayonnant » aurait ainsi laissé sa marque sur le suaire qui enveloppait le corps. »

                                                                                                     L.A.

« Les nombreuses conversions qui, suivirent et s'ajoutèrent à la fidélité des Apôtres et des disciples de Jésus après Sa Résurrection, ne pouvaient pas reposer sur l'incroyable imposture de cette résurrection si celle-ci n'avait pas été vérifiée et certifiée de cette manière. »


5ème argument apologétique =

L'excellence de la doctrine prêchée par Jésus.

 

Un autre miracle, d'ordre intellectuel, réside dans le fait que Jésus a prêché une doctrine religieuse d'une excellence sans égale.

Apres avoir constaté le fait, il sera aisé d'en distinguer le caractère divin.

° Il faut reconnaitre, toutefois, ici, que cet argument ne pourrait pas à lui seul et sans les autres étudiés plus haut, suffire pour prouver la divinité originelle du Christianisme à des esprits exigeants. Mais l'intérêt d'un tel argument est tout de même réel, venant renforcer, si besoin était, la valeur probante et manifeste des autres arguments apologétiques étudiés plus haut.

° A noter ici qu'il y aura évidemment en cet argument un aspect subjectif (= l’appréciation des « plus nobles aspirations » et de la définition de « l'excellence » elle-même). Cet argument vaudra donc davantage pour un chrétien (vivant déjà son christianisme mais cherchant à en étudier les profondeurs) que pour tout autre restant à l'extérieur du christianisme.

Toute l'argumentation qui va suivre tendra donc à donner une nouvelle marque de la divinité de la mission de Jésus, en raison du caractère surnaturel de la doctrine qu'Il a prêchée. Et comme, en cette prédication, Notre Seigneur parle fréquemment en Son propre nom, cet argument révèlera en-même temps et de ce fait même la divinité de Jésus.

  1°/ - Le fait : La doctrine prêchée par Jésus

La valeur d'une doctrine religieuse se distingue à ce qu'elle enseigne de croire et à ce qu'elle ordonne de pratiquer.

Elle doit, en effet, nous faire connaitre la vérité, et nous faire pratiquer le bien ; et ainsi nous relier à Dieu par l'intelligence, par la volonté et par le cœur.

Examinons donc les enseignements de Jésus au double point de vue dogmatique et moral.

A.- Au point de vue dogmatique, nous constatons que :

° La doctrine prêchée par Jésus renferme sans erreur, de façon claire et accessible à tous, toutes les vérités religieuses connaissables par la raison sur Dieu, sur l'homme, sur son origine et sa nature, sur sa destinée et sur l'immortalité de l'âme.

Ainsi, elle comble le désir inné que nous portons tous en nous ­mêmes sur ces questions capitales = Qui sommes-nous? D’où venons-nous ? Où allons-nous? Elle dépasse même ce désir inné.

° Cette doctrine présente en effet, et de façon tout aussi claire et accessible à tous, un ensemble de propositions surnaturelles sur Dieu et Ses rapports avec les humains.

Or, ces propositions n'offrent aucune absurdité ou contradictions entre elles ou avec les vérités naturelles ; au contraire, elles complètent ces vérités naturelles, et elles sont entre elles proportionnées, cohérentes et formant un tout harmonieux.

A chaque découverte de la science humaine, à chaque progrès de la philosophie (=science du vrai), ces propositions révélées par Notre-Seigneur, que la raison n'a pas découvertes, apparaissent comme se liant toujours plus excellemment avec les vérités rationnelle.

Bien des fois, ces vérités révélées ont été utiles, au progrès de la philosophie et de la science, en stimulant et en dirigeant l'esprit humain.

B.- Au point de vue moral, nous constatons que la morale chrétienne, dont on trouve une esquisse spécialement dans le « Sermon sur la montagne » (=Béatitudes) et en divers autres passages des Evangiles, se présente avec tous les caractères de la perfection =

 

a) Dans son principe, tout d'abord = Dieu est législateur et maître suprême de l'homme, mais Il est aussi père très bon et modèle à imiter par les hommes qui sont devenus, par la Grâce, fils adoptifs de Dieu. C'est là, d'ailleurs l'idée directrice de la morale chrétienne.

b) Dans son but ensuite = Mener l’homme à Dieu et à l'héritage de ce Père céleste, c'est-à-dire au bonheur d'une vie éternelle, terme de ses désirs, et même dépassant ces désirs. Et tout cela, non pas par des pratiques d'un formalisme superstitieux ou méticuleux, mais par une sainteté vraiment intérieure, en union de l'âme avec Dieu, de façon à « plaire au Père qui voit dans le secret. »

c) Dans ses règles et maximes aussi = Règles qui, (qu'elles concernent Dieu, soi-même ou le prochain) sont à la fois immuables et qui peuvent s'appliquer aux conditions les plus diverses. Qui peuvent même aller jusqu'à l'héroïsme dans la pratique des vertus (Exemple= « Pardonnez à vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous persécutent ! »).

d) Dans les moyens de sainteté qui sont offerts = nombreux sont les exhortations au bien, les exemples donnés, les prières recommandées, le culte et la liturgie demandés et qui, tous, offrent, toute garantie d'efficacité parce que merveilleusement adaptés à la nature humaine et à ses besoins essentiels.

e) Dans son motif = amour de Dieu et du prochain « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur (= le fond de l'être), de toute ton âme et de tout ton esprit. Et ton prochain comme toi-même »  De ces deux Commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes (St. Mat.22, 37).Dieu n'est-Il pas notre Père? Et ne sommes-nous pas tous, de ce fait, frères ?

f) Enfin cette doctrine prêchée par Jésus se présente comme parfaite quant à ses résultats, lorsqu'elle est bien comprise et bien vécue = Nous constatons la sainteté éminente, et inexplicable humainement ainsi que le bonheur des individus de la société qui la vécurent vraiment et qui la vivent intégralement.

Jésus a d'ailleurs assigné ce terme = « Soyez parfaits comme, le Père céleste est parfait ! » Et Il a présenté Sa loi comme le code de vrai bonheur, dans le sermon sur les Béatitudes fait sur la montagne.

Tels sont, brièvement résumés ici, les caractères de la doctrine élaborée et prêchée par Jésus. Et cela fit dire, un jour, par ceux qui venaient pour l'enlever = « Jamais homme n'a parlé comme cet homme ! » (St. Jean 7,46) Et ses compatriotes de Nazareth, sachant bien que Jésus n'avait fait nulle étude spécialisée, ne pouvaient s'empêcher de dire = « D'où Lui vient toute cette science ? Quelle est cette sagesse qui Lui a été donnée ?! (St. Marc 6,2) Comment cet homme peu t-Il être aussi savant sans avoir jamais étudié ?! » St. Jean 7,13).

C’est à cette question que nous allons répondre =

 

2°/ - Le caractère du fait doctrinal de sus

 

Une telle doctrine apparaît donc à la fois =

A - Elevée au-dessus de la raison et sans aucune contradiction avec elle.

B – Sublime, et cependant accessible à tous et adaptée à tous les esprits

C - Très complète ; une, cohérente et harmonieuse dans son dogme comme dans sa morale.

 Or, l'invention d'une telle doctrine est un fait qui suppose de la part de celui qui en est l'auteur sans étude, sans défaillance et, sans      tâtonnement, une intelligence supérieure à toute intelligence humaine. De plus, menant toujours et parfaitement au vrai bien, elle ne peut pas provenir du Démon.

Donc, ce fait ne peut avoir sa raison suffisante et originelle que dans une origine divine et miraculeuse. Autrement, il n'y aurait pas de proportion entre la cause et l'effet.

 

3° / - Valeur apologétique (= probante) de cet argument

 

° Cette valeur est montrée par le raisonnement. Dieu, en effet, ne peut pas intervenir pour formuler ou favoriser une doctrine qui serait fausse. Donc, celle que Jésus a prêchée et qui suppose et manifeste l'intervention de Dieu, est certainement vraie.

Car, cette doctrine affirme que Jésus est le Messie, et même qu'Il est Dieu fait homme. Il l'est donc réellement.

° D'autre port, une autre confirmation est apportée de la divinité de la doctrine prêchée par Jésus. Cette confirmation est celle des résultats constatés chez ceux qui l'ont mise en pratique dons leur vie. « On juge l'arbre à ses fruits » a dit Notre-Seigneur.

Or ces fruits sont incontestables, et incontestablement d’origine surnaturelle.

Au point de vue intellectuel et moral, nous constatons les merveilleux effets et résultats du catholicisme = l'amélioration des mœurs par la pratique des vertus individuelles et sociales a été et est manifeste dans les sociétés chrétiennes. Certes, tous ceux qui ont le titre de chrétiens ne sont pas irréprochables - hélas ! - mais, partout où se manifesta et se manifeste un christianisme authentique parce que fidèlement vécu, la civilisation progresse. Par contre, partout où il ne pénètre pas c'est la barbarie et la décadence morale. Là où il est en décroissance de qualité et d'authenticité, c'est le désordre qui envahit tout, peu à peu et dans tous les domaines = individuel, familial, social, politique!, économique, international.

A côté de cela, il faut ajouter l’influence prodigieuse de certaines institutions chrétiennes et de certains saints sur leur siècle et dans leurs milieux; exemples St. François de Sales, St. François d'Assise, St. Vincent de Paul, etc...

Or, une telle influence, de tels fruits et changements, qui sont hors du mode habituel d'agir des humains, indiquent et révèlent nécessairement une « vertu » divine. C'est une confirmation éloquente et par les faits de l'excellence miraculeuse reconnue à la doctrine prêchée par Jésus.

 

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Citations et réflexions

 

 

« Une partie de ces vérités (du christianisme) avait peut-être été soupçonnée par certains sages de l'Antiquité; mais c'est de l'Evangile que date leur pleine, lumineuse et large révélation. Les écoles païennes marchaient à tâtons dans la nuit, s'attachant aux mensonges (et aux erreurs comme aux vérités dans leur route de hasard. Quelques-uns de leurs philosophes jetaient parfois sur les objets de faibles lumières qui n'en éclairaient qu'un côté et rendaient plus grande l'ombre de l'autre. De là tous ces fantômes créés par la philosophie ancienne. Il n'y avait que la sagesse divine qui pût substituer une vaste et égale clarté à toutes ces illuminations vacillantes de la sagesse humaine. Pythagore, Epicure, Socrate, Platon, (Aristote); sont des flambeaux; le Christ = c'est le Jour! »

                                                                           Victor Hugo (Cromwell)

« Toutes les vérités sont en lui (le christianisme), et nous ne faisons que balbutier, sous d'autres formes, en les lui empruntant, les notions parfaites de Dieu et de morale que son divin Auteur a enseignées à l'humanité »

                                                                Lamartine (La chute d'un Ange)

« Ce qui place la Religion chrétienne à part de toutes les autres c'est tout ensemble la sublimité de son dogme, la perfection de sa morale, la pureté et la puissance expressive de son culte; et c'est, enfin, la correspondance intime qui existe entre ces trois choses »

                                                                                          Ch. Cristiani

« Le christianisme est parfait; les hommes sont imparfaits. Or, une conséquence parfaite ne peut pas sortir d'un principe imparfait.

Le christianisme n'est donc pas venu des hommes. S’il n'est pas venu des hommes, il ne peut être venu que de Dieu.

S'il est venu de Dieu, les hommes n'ont pu le connaître que par révélation.

Donc le Christianisme est la Religion révélée. »

                                                  Chateaubriand (Le Génie du christianisme)

 

« N'est-ce pas le moment de me demander si, moi, jeune chrétien, j’ai bien une connaissance suffisamment personnelle et approfondie de la doctrine chrétienne = Dogme, morale et spiritualité ? C'est-à-dire une culture religieuse suffisante.

Sans doute, mon christianisme ne doit pas être un simple recueil de formules et de lois: Il doit-être avant tout une vie profonde et intime. Mais cette vie ne sera solide et féconde que si ma Foi est alimentée et mon comportement est dirigé par la nourriture doctrinale indispensable. Cette nourriture, je dois la rendre mienne et me l'assimiler par l'étude sérieuse, docile et personnelle, et par la réflexion. »

                                                                                         Ch. A. Texier

 


6ème Argument apologétique = La surnaturelle conservation de la doctrine préchée par Jésus.

 

 

A - Le fait

 

1° /Malgré les attaques de toutes sortes centre la Doctrine sainte, celle-ci a traversé les siècles sans altération substantielle ni durable. Les hérésies ont toujours été combattues lorsqu'elles se sont manifestées à l'intérieur de l'Eglise et, tôt ou tard, la vérité a été rétablie; voire même plus clairement explicite après l’erreur manifeste.

2° / Malgré la disproportion énorme entre les moyens humains et puissants utilisés par les ennemis pour attaquer la Doctrine d'une part, et par l'Eglise pour se défendre, d'autre part, la Vérité révélée a toujours triomphé de tout et de tous. Car la force de ses moyens était alors et demeure toujours la force surnaturelle et providentielle de Dieu.

3° / Malgré les exigences, humainement si souvent rébarbatives et déroutantes, voire même rebutantes, de la Doctrine révélée, l'Eglise n'a pas substantiellement modifié l'enseignement reçu de la Révélation.

Certes, le souci - trop humain - de. certains hommes d'Eglise d'attirer quantité de sympathisants par une pastorale aussi dangereuse que vague, et faisant bon marché de certains points doctrinaux exigeants, a pu - et peut encore de nos jours - mettre en danger la connaissance objective et saine des vérités doctrinales; mais, tôt ou tard, le rétablissement a été fait (à l'occasion des divers conciles doctrinaux, en particulier); ou, pour ce qui est des erreurs d'une certaine pastorale actuelle et qui se voudrait moderne, le rétablissement se fera un jour ou l'autre, d'une manière ou d'une autre.

 

B - L’explication du fait

 

Le caractère humainement surprenant et inexplicable de ce maintien de la Doctrine malgré toutes les traverses, oppositions et risques "d’usure" qu'elle a connus, révèle le caractère miraculeux et donc divin de cette conservation fidèle. Or Dieu ne peut pas favoriser quelque chose qui ne soit pas agréée de Lui. Donc la doctrine chrétienne vient manifestement de Dieu.

Et quoi d'étonnant à tout cela si l'on se rappelle la réflexion - promesse de Jésus à ceux à qui Il a remis Son enseignement = « Voici que Je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles »


7ème argument apologétique

 

 

La surnaturelle propagation du christianisme

 

A - Réflexions

° L'assistance divine miraculeuse à la religion du Christ a continué et continue à se faire sentir. Elle se manifeste, en premier lieu par sa surnaturelle conservation, comme nous venons de le voir rapidement ci-dessus, et ensuite par sa propagation rapide et constante.

° Cette propagation est un fait historique indiscutable, et dès le début et alors que les persécutions les plus acharnées et expéditives battaient leur plein de moyens mis en œuvre.

° Certes, l'argument de la propagation de la Doctrine chrétienne - comme d'ailleurs celui de sa conservation intègre - ne peuvent pas, à eux seuls, unis ou séparément, être des arguments suffisants pour convaincre un esprit exigeant de la véracité certaine du christianisme et donc de son origine divine. Mais ces deux arguments s'ajoutent harmonieusement au faisceau formé par tous les autres motifs de crédibilité, et ils viennent heureusement comme pour les confirmer et les renforcer dans leur valeur probante.

 

B - Le fait de la diffusion historique du christianisme

 

1° - Propagation et extension aux points de vue numérique et géographiques =

a) Au 1er siècle = Dès le début, le Christianisme devient presque universel. Le jour même de la Pentecôte, ce sont trois mille hommes ("sans compter les femmes et les enfants") qui se convertirent et furent baptisés par Pierre. Or ce jour-là, il y avait à Jérusalem quantité d'étrangers parmi les juifs eux-mêmes établis à l'étranger. Et St. Marc précise (en 16,20) ; «  Ils prêchent partout ». St. Paul, lui, (en 1ère aux Corinthiens, au chap. 6) mentionne que les chrétiens constituent déjà de son temps « une multitude immense, sur toute la terre, jusqu'aux extrémités du monde ». Et des groupes compacts de chrétiens l’accueillent, en 68, dans les synagogues.

En ce premier siècle, le christianisme est assez fortement établi en Palestine, en Asie Mineure, en Syrie, et en Occident : à Rome, en Grèce en Macédoine; quelque peu en Espagne.

Pline le jeune écrit = « Beaucoup (de chrétiens), de tous rangs, et de tous âges, de tous sexes, dons les villes, les villages et les campagnes; c'est une contagion !... »

Tacite, de son côté, écrira depuis Rome que « Ils constituent une multitude immense ». Enfin, Sénèque, rapporte = « Les vaincus (= les chrétiens martyrisés) ont imposé la loi à leurs vainqueurs ! »

b) Au deuxième siècle = Les témoignages se multiplient. Les plus intéressants sont ceux de Polycarpe, disciple de St. Irénée de Lyon, lui-même disciple de st Jean l'Evangéliste, et qui prétend (=Polycarpe) avoir connu « des chrétiens ce toutes les parties du monde ». C'est le païen Coecilius qui gémit sous l'effrayante propagation du christianisme ». Or, à cette époque de 178, c’est la persécution terrible de Marc-Aurèle qui sévissait et faisait de très nombreuses victimes.

Durant ce deuxième siècle, au point de vue géographique, le christianisme a gagné certaines régions de l'Afrique, la grande Grèce, la Germanie, la Gaule et plus profondément l'Espagne.

c) Au troisième siècle = Ce sont, les textes fameux de Tertullien et d'Origène, qui, dès le début du troisième siècle, nous enseignent : « Nous ne sommes que d'hier et cependant nous remplissons tout : vos cités vos campagnes, vos tribunes, vos décuries, le palais, le Sénat, les places publiques »; « nous formons presque 1a majorité dans chacune de vos cités » écrit Tertullien.

Origène, lui, s'exprime avec plus de pondération, parce qu'il écrit en historien et en savant; mais ii affirme que le christianisme est déjà fortement ancré et puissant dans le monde de ce temps-là.

d) Au quatrième siècle = A ce moment-là, le christianisme triomphe presque partout. La conversion de l'Empereur Constantin fut un résultat plutôt qu’une cause de l'expansion du christianisme.

Le christianisme de l'Etat ne devint possible que parce que l'empire avait déjà pratiquement été gagné à la cause des chrétiens. A partir de 313, le Christianisme sera aidé par la protection, impériale.

N.B. Si le christianisme fut, à l'origine surtout, la religion, des « petites gens », elle ne fut cependant jamais une religion de classes. St. Paul signale, certes, qu’il n'y eut que peu de « sages », de « puissants » et de « nobles » parmi les chrétiens. Mais il y eut ensuite des philosophes et des savants, comme Paul lui-même, Sergius Paulus, Denys l'Aréopagite, le Sénateur Acilius Glabrion (mis à mort par Domitien).

Au deuxième siècle, l'école d'Alexandrie fournit toute une quan­tit6 de savants et d'enseignants.

Donc; des humbles, des « petits », des « effacés »; mais aussi des « intellectuels » et des savants peuplent, assez vite, les rangs des chrétiens.

 

 

C - Le caractère surnaturel de la diffusion du christianisme.

 

A l'historien objectif et compétent, cette diffusion en expansion et en profondeur apparait comme inexplicable humainement. On ne peut conclure à un fait miraculeux lorsqu'on étudie quelque peu les circonstances en lesquelles le christianisme s'est développé = De nombreuses et fortes causes de destruction et de disparition étaient réunies, dès le début; et c'est, tout le contraire qui s'est produit.

S'il y eut des causes humaines, ici ou là, de succès de cette religion - et cela est vrai - elles sont cependant bien loin de suffire pour expliquer le caractère universel et qualitatif de cette diffusion du christianisme.

Ni le judaïsme (4.000.000 de juifs, au 1er siècle, dans l’Empire), qui devint persécuteur aussitôt après avoir été - involontairement, d'ailleurs - précurseur du christianisme.

Ni la conquête romaine, qui l'aide, certes, par la civilisation et la langue; mais elle ne peut pas motiver ni expliquer cette expansion. Très vite, au contraire, Rome devint persécuteur, matériellement très puissant et humainement efficace; et cela pendant trois siècles, et dès le début.

Ni les aspirations religieuses du temps n'expliquent cette expansion du christianisme. Elles existaient alors, dans certaines âmes, vers le surnaturel; mais ces aspirations étaient notablement assouvies et déformées par, les cultes orientaux et leurs rites, mystérieux, voire diaboliques.

Inversement, le Dogme chrétien (=ensemble des vérités stables et inchangeables), face aux souples et faciles théologies de l'Orient, se présentait comme une rebutante austérité. Il enseignait le monothéisme (= un seul Dieu) alors couramment confondu avec l'athéisme qui faisait regarder comme impies les disciples du Christ et les rendait odieux.

D'autre part, ce même Dogme prêchait un Dieu crucifié, et se couvrait, de ce fait et aux yeux des non chrétiens, de ridicule. Ce double point ce vue faisait « le scandale des païens » et n'était donc pas de nature à les attirer au christianisme.

De même que l'Eucharistie et les autres mystères chrétiens étaient aussi singulièrement déconcertants pour les intelligences païennes.

Mais c'est surtout dans sa morale que le christianisme allait trouver la cause de ce qui aurait dû provoquer sa ruine = la fraternité des hommes prêchée par le Christ, renversait les idées du monde antique.

L'obligation de la pureté des mœurs était particulièrement dure en ces temps où les cultes impurs, venus d'Asie avaient donné une espèce de considération et de consécration religieuse à la débauche sexuelle. La pureté chrétienne des mœurs exigeait, au contraire, un véritable héroïsme, propre à rebuter plutôt qu’attirer les gens de ce temps-là et de ces pays-là.

L'acte de profession du christianisme entraînait une foule de sacrifices journaliers dont, à distance, nous ne pouvons très bien nous faire une idée de ce qu'ils représentaient pour les gens de ce temps-là = Privation des théâtres, des jeux publics, des diners, de certaines visites amicales, parce que tout s'accompagnait habituellement de pratiques idolâtriques. En un mot, se faire chrétien, c'était, accepter de se retrancher  du monde, de sa famille, briser bien des affections et des amitiés...

Il faut noter aussi que le Christianisme, pour se diffuser si rapidement et en une telle profondeur comme il l'a fait en période si difficile, n'a cependant pas disposé de ressources ni de secours susceptibles d'expliquer et de motiver soin expansion : Dans leur grande majorité, les Apôtres étaient des gens sans connaissances intellectuelles profondes, ni étendues. Ils n'avoient aucun prestige, aucune popularité, aucun talent intellectuel. Ils n'étaient que d'humbles pêcheurs du lac, de simples travailleurs; des gens « obscurs » du petit peuple.

Donc, bien loin d'être épaulé, pendant les trois premiers et décisifs siècles de son existence par des chefs d'état ou des hommes politiques influents, le christianisme a été, tout au contraire, persécuté par les « puissants » de ce temps-là; tandis que les chrétiens ne disposaient d'aucune arme humaine = ni armée, ni diplomates, ni influences politiques ou territoriales. Et adhérer au christianisme, en ce temps-là; c'était même accepter la condamnation à mort.

Ce n'est que bien plus tord que des chefs d'états se convertiront, n'adoptant le christianisme qu'une fuis que les peuples l'auront accueilli largement.

A vue humaine, le destin d'une religion si combattue que le fût le christianisme était totalement compromis et sans avenir.

 

 

En conclusion logique =

Face à ce constat historique, on peut dire que puisque le Christianisme a rencontré en lui-même (St. Paul parle de « faux frères ») et autour de lui des obstacles qui, humainement, devaient le tuer; puisque le grain semé par le Christ n'a pas été étouffé malgré toutes ces conditions réunies pour y parvenir, mais s'est au contraire prodigieusement développé, ne faut-­il pas conclure qu'une intervention divine, seule, a pu le protéger et l'aider ?

Ne faut-il pas admettre que Dieu a positivement et nécessairement aidé les premiers propagateurs de l'Evangile? pourtant si notoirement insuffisants par eux-mêmes !

Par ailleurs, contrairement à d'autres religions qui sont des religions de peuples ou de races (Bouddhisme, judaïsme, Islamisme...) le Christianisme fut, tout de suite une religion mondiale ayant en elle même de quoi satisfaire et séduire à la fois l'âme rêveuse des Orientaux, l'âme artiste des Hellènes, l'âme pratique des Romains, et l'âme inculte des Barbares

De tout cela, on ne peut conclure raisonnablement que le fondateur du Christianisme ne peut être que Dieu Lui-même...

 

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8ème  Argument apologétique

 

 

La surnaturelle conservation du Christianisme

A)- Réflexion =

Compte tenu de ses exigences et des attaques dont il fut l'objet de l'extérieur et de l'intérieur, le christianisme était humainement voué à l'échec.

Cette conservation du christianisme dans sa pureté et son intégrité doctrinale au milieu de tant d'embuches de toutes sortes et de diverses provenances ne peut vraiment pas s’expliquer humainement.

Il a donc fallu une aide spéciale de Dieu pour cela.

Doctrine de perfection morale et de sacrifices, le christianisme est en lutte constante et ouverte contre ce qui fait le fond de la nature humaine déchue et perverse quant à ses tendances mauvaises et ses passions.

De plus, si le christianisme a connu et connaît en son sein des ministres de génie et des saints, il y a eu - et il y a toujours- des moments de son histoire où le dérèglement a sévi ou sévit dans les membres ­de sa Hiérarchie ou de ses enfants.

B)- Un constat historique =

Ainsi, St. François de Sales parle du clergé de son temps en faisant allusion au fait qu'il se laissait aller à la corruption.

Les hérésies ont maintes fois déchiré l'Eglise et provoquant des discordes parmi les fidèles. Schismes d'Orient, puis d'Occident...

Des sectes multiples et diverses se formèrent et qui tentèrent maintes fois de briser l'unité primitive = Manichéens, Ariens, Nicolaïtes, Eutychiens, etc...

Puis l'invasion musulmane, qui apportait une religion séduisante pour la nature dans les facilités qu'elle accorde et par les agréables promesses, aurait pu et même aurait dû balayer le christianisme; surtout si l'on se rappelle les moyens. violents de contrainte utilisés pour « convertir » les non-croyants en Islam.

Ce fut ensuite la renaissance païenne du XVIème siècle et le Protestantisme.

Puis ce fut la philosophie révolutionnaire des Francs-maçons, au XVIIIème siècle, particulièrement dirigée, par sa laïcité officielle, contre l'Eglise catholique. Cela se prolongea durant le XIXème siècle par les attaques des sociétés secrètes.

De nos jours, après le Nazisme athée, c'est le matérialisme marxiste et le socialisme qui sévissent de diverses manières dans le monde entier par la subversion, par des philosophies politiques, ou par les gouvernements ou par des syndicats.

Sans oublier le Modernisme, plus subtil et plus dangereux que les autres doctrines philosophico-politiques parce que se voulant conciliant avec le christianisme, alors qu'il le dénature inévitablement.

Toutes ces doctrines, partant ou aboutissant au rejet de Dieu ou à Sa relativisation, ont finalement un aboutissement identique = le bonheur terrestre, la facilité, les plaisirs, le confort en tout et partout, l'argent, les honneurs, les loisirs, la jouissance des biens terrestres avant tout et par-dessus tout; et tout = à tout prix, voire à n'importe quel prix...

C) - Caractère surnaturel de cette résistance aux oppositions et sa portée apologétique.

On ne peut vraiment pas expliquer le maintien du Christianisme dans son intégrité doctrinale à travers tant d'obstacles sans une intervention de Dieu peur protéger constamment la doctrine enseignée comme révélée par Dieu.

Or Dieu ne peut pas intervenir pour soutenir une doctrine fausse ! Donc la doctrine chrétienne prêchée fidèlement et constamment par l'Eglise catholique est et ne peut être que la vraie doctrine religieuse.

Et Jésus avait bien promis qu'il en serait toujours ainsi, lorsqu’il dit à Ses Apôtres = « Je serai avec vous jusqu' à la fin des temps ! »

 

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Citations et réflexions

« Nommez-moi les grands hommes de l'histoire: sages, législateurs, conquérants, et je vous expliquerai par des causes humaines les succès humains. M'expliquerez-vous humainement Jésus-Christ et Son triomphe?

Ici = toutes influences naturelles font défaut :

Les passions ? = Dans Sa vie, Il les immole; dans Ses institutions, Il les rejette.

La science ? = Il l'exclut. C’est ainsi que les premiers Apôtres de Sa doctrine sont pris, non pas dans des écoles mais dans des... barques de pêcheurs.

Le pouvoir ? = Il le dédaigne, déclarant Lui-même que Son royaume n'est pas de ce monde.

La force ? = Il la condamne. Il lui demande l'épreuve, la honte, la mort; jamais la puissance.

La force des idées ? = Il n'en tient pas compte. Il heurte de front celles qui dominent le monde. Et Il ne leur oppose que la folie de la Croix.

La popularité ? = Il meurt réprouvé par l'opinion de beaucoup et au milieu des blasphèmes et de la haine des déçus,

Et cependant Il triomphe. Comment expliquer cela si sus-Christ n'est pas Dieu ?

                                                                                             Delaplace

 

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« Voyez que cette Eglise, née dans les opprobres et parmi les contradictions, chargée de la haine publique, persécutée avec une fureur inouïe, premièrement en Jésus-Christ qui était son chef, et ensuite en tous les membres = environnée d'ennemis, de faux-frères... attaquée encore plus violemment par le dehors et plus dangereusement divisée au dedans par les hérésies... avec sa doctrine (humainement) rebutante et dure à pratiquer dure à entendre, impénétrable à l'esprit, contraire aux sens, ennemie du monde dont elle combat toutes les maximes, et qui cependant demeure ferme et inébranlable !...

Vous voyez que Pierre n'a pas cessé d'enseigner les peuples et de confirmer ses frères... Que toutes les hérésies qui ont osé s'élever contre la science de Dieu ont senti leurs têtes frappées par les anathèmes dont elle n'ont pas pu soutenir la force... que cette Église ne se diminue jamais d’un côté sans qu'elle ne s’étende de l'autre; en sorte que, dans sa vieillesse, si toutefois elle peut vieillir, elle qui est immortelle, elle soit aussi féconde que jamais et demeure toujours au-dessus de la ruine qui menace les choses humaines. »

                                                                              Monseigneur Bossuet

                                                        (Sermon pour le jour de Pâques 1681)


9ème argument apologétique

 

Les martyrs chrétiens

 

La propagation et la conservation miraculeuse du christianisme étaient accompagnées d'un autre miracle moral supposant donc l'intervention approbatrice de Dieu = La force morale héroïque et la constance prodigieuse, inexplicables humainement, des très nombreux martyrs.

Une fois le fait rigoureusement constaté, il faudra bien lui trouver une explication suffisante, et déterminer sa portée apologétique.

 

A.- Le fait historique

° Les chrétiens ont effectivement donné au monde les premiers véritables martyrs.

° De plus, c'est un très grand nombre de chrétiens qui ont subi le martyre et qui, après des tortures atroces et variées, ont donné leur vie plutôt que de renier leur Foi.

            ° Il est à remarquer déjà que Notre-Seigneur avait annoncé à Ses Apôtres qu'ils auraient à subir des persécutions sanglantes « On vous livrera aux tribunaux... etc... » et « S'ils ont traité ainsi le ‘bois vert’, (Jésus) à plus forte raison traiteront-ils (les persécuteurs) mal le bois sec (les Apôtres et chrétiens) ! »

Le fait historique se prouve par =

1°/ Les textes nombreux d'écrivains chrétiens (Eusèbe, Lactance) et païens (Tacite, Pline, Dion Cassius, Marc-Aurèle, Suétone, et Celse) qui parlent expressément d'une « multitude immense de martyrs », de « torrents de sang » parfois « cent en un jour et en un lieu." Et tout cela se reproduisant à périodes régulières pendant deux cent cinquante ans.

Il est avéré que sous l'Empereur Trajan dix mille gladiateurs périrent au cours des mêmes fêtes = Les Romains faisaient jeu et bon marché du sang répandu = C'est déjà là un point historique. De plus, rien n'était plus apte à soulever la haine et les violences, en ces temps-là, que les discordes religieuses et politiques. Dès lors, on ne peut pas s'étonner que les Romains se soient acharnés sur les chrétiens, la question religieuse étant, à Rome surtout, liée à la question politique.

Les chrétiens furent alors les bienvenus pour fournir, gratuitement, de la matière vivante aux jeux des cirques et des arènes. On les regardait comme des ennemis publics parce qu'ils refusaient de s'asseoir au culte national ; et on propageait contre eux les plus affreuses calomnies.

 

  B.- Le caractère surnaturel du comportement des martyrs.

- Ceux qui souffraient le martyre étaient de toutes conditions.

« Maîtres et serviteurs, riches. et pauvres, hommes, femmes, enfants, vieillards,  nobles, soldats, philosophes, savants et ignorants = tous rivalisaient d'ardeur pour confesser la Foi de Jésus-Christ » écrit l'éminent historien Paul Allard.

                   On trouve dans les rangs des martyrs =

odes Papes = Saint Pierre, St. Lin, St. Clément, St. Marcel.

odes Évêques = St. Ignace d'Antioche, St. Irénée de Lyon, St Janvier,

St. Polycarpe.

odes Prêtres et des Diacres = St. Laurent, St. Vincent.

odes gens de familles impériales = Flavius Clément, Flavia Domitilia.

odes lettrés comme le philosophe St. Justin.

odes médecins = Côme et Damien.

odes soldats = St. Victor et les quarante martyrs de Sébaste. St. Maurice.

odes patriciennes comme Ste. Cécile.

odes esclaves comme Ste. Blandine.

odes femmes, comme Ste. Félicité de Rome, et Ste. félicité et Ste. Perpétue de Carthage.

odes jeunes filles et fillettes, comme Ste. Catherine et Ste. Agnès.

odes jeunes garçons, comme St. Tarcisius.

odes vieillards, comme St. Pothin.

 

- Il est à remarquer que la conduite et le comportement de ces martyrs chrétiens dans leurs supplices fut, la plupart du temps, d'un héroïsme qui ne peut pas s'expliquer sans un secours spécial de Dieu.

- Les supplices qu'ils supportaient étaient les plus divers et souvent les plus cruels et les plus raffinés qu'on pût imaginer; déportations, travaux forcés aux mines, flagellations, chevalets, fouets de flagellation sanglante, croix, lances rougies au feu, huile bouillante, brasiers ardents, noyades, pâture aux bêtes furieuses ou féroces, glaive du bourreau, etc...

Et cependant, la plupart endurent ces souffrances' en faisant preuve des vertus les plus héroïques =

Patience, calme, douceur, humilité, courage, maîtrise de soi, sans orgueil ni fanatisme, liberté d'âme et entrain, charité pardonnant aux bourreaux et aux persécuteurs, joie, même, de souffrir pour le Christ. Aucune frénésie, aucun fanatisme, aucun orgueil.

Car ce n'était pas le désir des honneurs ou des richesses qui pouvait faire se comporter de la sorte les martyrs. C'était le contraire qui leur était assuré !... Tandis qu'on leur offrait richesses, situations agréables et honneurs s'ils abjuraient leur Foi.

D'après leurs propres témoignages et déclarations, ce qui soutenait de la sorte les martyrs, c'était Dieu. Et c'était Dieu qui les soutenait et leur donnait ainsi la force, surhumaine vraiment, de souffrir ainsi pour Lui.

Cette force héroïque et cette constance dans le comportement des martyrs vraiment chrétiens, ne peuvent être que d'origine miraculeuse.

En effet, il n’est pas dans la nature de l'être humain de supporter de la sorte tant de brutalités, sans réagir ou sans faiblir. Les lois ordinaires font, dans ces cas-là, agir les suppliciés différemment; sauf s'ils ont proportionnellement un motif particulièrement élevant et une raison supérieure de supporter patiemment les maux endurés.

 

C.- Valeur apologétique du martyr

A noter ici qu' on ne peut pas affirmer, « a priori », qu' une religion pour laquelle on meurt soit vraie par le fait-même. On peut, en effet, mourir pour une religion ou pour des idées fausses (Ex = les Vaudois, les Albigeois, Protestants, Nihilistes, Anarchistes, etc... qui se sacrifièrent ou acceptèrent courageusement le martyre pour une cause parfois mauvaise ou fausse, ou d’importance relative.)

Mais nous disons ici que le martyr chrétien prouve la divinité du christianisme non pas parce qu'il est un témoin en faveur d'une idée, mais en témoignage d'un fait.

En effet, on peut se tromper sur une idée ou une cause à défendre. La bonne foi n'exclue pas l’erreur, ou l'illusion due à une déficience mentale. Tandis que dans le cas des martyrs qui acceptent le sacrifice en raison de l'existence de faits précis qu’ils ont eux-mêmes vécus (comme ce fut le cas pour les Ap6tres et les disciples de Jésus) ou qu'ils ont appris de témoins sûrs, il y a témoignage de bien plus grandes signification et valeur.

Or, ces faits en faveur desquels témoignent les martyrs et qui furent miraculeux (= les miracles de Jésus, dont Sa Résurrection en particulier) et prouvent Sa divinité et celle de Sa doctrine. Dès lors, le témoignage du martyr constitue un argument, indirect mais réel, en faveur du christianisme.

Précisons encore =

La première génération des martyrs fut celle des Apôtr8s et des disciples de Jésus. Or, ces derniers avaient vu de leurs yeux, entendu de leurs oreilles et « touché de leurs mains » les miracles de Jésus et Son enseignement. Leur mort signifiait donc que les paroles et les actes du Christ étaient tels qu'ils nous les ont rapportés et pour le témoignage desquels ils sont morts. Et s'ils n’avaient pas été absolument sûrs de ce qu'ils croyaient et racontaient, ils se seraient expliqués; ils auraient démenti ; ils n'auraient surtout pas donné leur vie sans rien dire. Or, nous savons que c'est le contraire qui s 'est produit de leur part.

Ils furent donc martyrs au sens étymologique du terme, c'est-à-dire témoins, et témoins héroïques.

La deuxième génération témoigne dans le même sens; et ainsi de suite.

Pascal avait raison d'écrire = « Je crois les histoires dont les témoins acceptent de mourir pour porter témoignage. »

 

 

Conclusion

 

On a vu avec quelle tranquillité d'esprit, quel calme, et même quelle joie surnaturelle parfois, les martyrs chrétiens allèrent à la mort. Il y a vraiment dans la manière avec laquelle ils sont allés vers les souffrances et la mort, quelque chose de manifestement surhumain et qui décèle l'intervention divine. Cela n'est pas aussi psychologiquement spectaculaire que dans le cas du miracle, mais est tout de même inexplicable humainement.

Comment expliquer autrement que par une grâce particulière que tant d'hommes, de femmes et d'enfants, qui avaient la possibilité d'y échapper, aient pu supporter si courageusement de longues et terribles tortures, puis la mort ?

Que des êtres humains fanatisés par une idée affrontent courageusement la mort, n'est pas une chose impossible. Mais que de faibles natures (= femmes, vieillards, enfants), dans des circonstances tragiques, telles que des exécutions des uns devant les yeux des autres, avec à tout moment, la possibilité largement conseillée et récompensée d'y échapper, aient préféré la mort ignominieuse = cela ne peut absolument pas s'expliquer chez des gens dépourvus d'exaltation fanatique.

- Par ailleurs, face à ces chrétiens martyrisés, bien des geôliers, des soldats et des bourreaux se convertirent. Ces convertis comprenaient alors clairement qu'il y avait, dans l'attitude et la constance des martyrs, une force divine s'ajoutant à un motif surnaturel qui les faisaient se comporter de la sorte.

Quel qu'en serait le prix qu'ils auraient eux-mêmes à payer = ils allaient à la Foi chrétienne qui inspirait tant d'héroïsme aux martyrs.

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La force apologétique du martyr réside dans le fait que, étant un véritable miracle moral, il (= le martyr) prouve la divinité du christianisme et de son fondateur.

En effet, c'est pour demeurer fidèles à Jésus-Christ que les martyrs acceptent les souffrances et la mort. C'est aussi pour porter témoignage de la véracité de Ses miracles et de Ses dires, en même temps que de ses agissements sur terre.

Et comme par ailleurs, il est impossible de supporter humainement tant de souffrances sans habituellement faiblir, Dieu soutient manifestement les martyrs. Il s'engage donc ainsi en faveur de Celui dont les Martyrs entendent porter témoignage = Jésus.

Donc = Tout ce que Jésus a dit et enseigné, vient de Dieu et peut être tenu pour tel.

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VALEUR DES EVANGILES EN TANT QUE SOURCES HISTORIQUES

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Puisque c'est spécialement dans les Évangiles que nous sont présentés la personnalité et le message de Notre-Seigneur, il est opportun et même nécessaire de procéder, en annexe de ce cours d'apologétique, à une étude critique (au moins sommaire, mais tout de même, précise) de ces documents que sont les Évangiles.

On appelle ÉVANGILES quatre récits consignant les principaux événements de la vie de Jésus-Christ, ainsi 1"'111P, les enseignements qu'Il a donnés au monde.

Au sujet de ces Évangiles, trois questions se posent :

1.      Quels sont leurs auteurs? Qui les a composés, et à quelle époque?

2.      Le texte que, nous avons; vient-il tout entier de ces auteurs, ou bien a-t-il subi des altérations?

3.      Les faits rapportés dans les Évangiles sont-ils historiques ?

En résumé, ce sont là les trois questions de l'authenticité, de l'intégrité et de l'historicité (ou véracité) des Évangiles qui sont posées à notre esprit critique, et aux quelles il faut-donc répondre clairement et sûrement.

 

I.- L’AUTHENTICITE des Évangiles.

Un livre est dit authentique lorsqu'il a été composé par l'auteur auquel on l'attribue, et à l'époque qu'on lui assigne.

Nous allons voir que les livres appelés Évangiles selon St. MATTHIEU, St. MARC, St. LUC et St. JEAN ont bien été composés par ces personnages, qui furent des Apôtres (= Évêques) ou des Disciples (= partisans) du Christ ou des Apôtres.

Deux sortes d'arguments apportent cette preuve:

 

A) Arguments externes :

Ce sont des témoignages extérieurs à ces écrits eux-mêmes et provenant d'autres ouvrages, manuscrits ou monuments. Ils constituent les preuves les meilleures et les arguments les plus importants.

D'ailleurs, même si nous n'avions pas de témoignages explicites, nous pourrions  dire aux adversaires de cette authenticité des Evangiles: « Nous, chrétiens, nous sommes dans la situation du propriétaire qui sait d'où il tient les biens qu’il possède et qui est sûr de son droit ; depuis dix neuf siècles nous connaissons les auteurs des Évangiles ; c'est à vous, qui les niez, de démontrer que nous avons tort ; il ne faut pas inverser les rôles ! » (Abbé de Broglie).

Ce raisonnement, dit argument de prescription, et calqué sur le droit civil, est très sérieux: possession vaut titre.

Mais il y a d'autres preuves plus positives: ce sont les témoignages incessants et unanimes provenant de toutes les parties du monde ancien : des chrétiens et de leurs ennemis eux-mêmes, et qui affirment tous l'authenticité des Évangiles.

Voici, dans l'ordre ascendant quelques-uns de ces témoignages:

- Au IVème siècle:

L'historien Eusèbe (Asie), l'Empereur Constantin (Rome ,et Orient), St. Jérôme dont la documentation et la compétence en matière d'Ecriture-Sainte sont, remarquables et qui, par ses voyages réunit les traditions de l’Orient et de l'Occident.

- Au IIIème siècle :

-a) Les Catholiques: Origène, Prêtre d' Alexandrie (Égypte) érudit de premier ordre, atteste « que les quatre Évangiles sont reconnus comme, authentiques dans toute l'Église ». Il les dit avoir été composés : le 1er par st. Matthieu, d'abord Publicain (=collecteur d'impôts) puis devenu Apôtre et qui le publia en langue hébraïque pour les Juifs convertis au Christ. Le 2ème par St. Marc qui l’a rédigé d’après les enseignements de St. Pierre. Le 3ème par St. Luc, écrit pour les Gentils (= gens étrangers au peuple juif) et que St. Paul approuva. Enfin le 4ème par Ste Jean, le très apprécié de Jésus,

Tertullien, de Carthage, cite les auteurs des Évangiles en leur attribuant effectivement ces ouvrages.

b) De la part des non-Catholiques: Porphyre, philosophe gréco-alexandrin, cite les Evangiles sans en contester l'authenticité.

- Au IIème   siècle :

a) Les Catholiques : St. Justin, philosophe romain converti, cite les noms des Évangélistes et dit d'eux: « Ce sont deux Apôtres et deux Disciples ».

Le "Canon de Muratori", parchemin mutilé découvert à Milan dans la bibliothèque ambrosienne et datant de 170-190, donne, dans la liste des ouvrages acceptés par l'Église Catholique, les deux derniers Évangiles, qu'il appelle 3° et 4°, avec les noms de leurs auteurs. On reconnaît, par ailleurs, que, dans la partie mutilée, il parlait aussi des deux premiers.

Clément d'Alexandrie (Égypte) cite explicitement les auteurs des quatre Évangiles, en donnant, comme Origène, son disciple et successeur, des détails sur eux.

Ste Irénée fait de même : Évêque de Lyon, après un séjour à Rome, originaire d'Asie Mineure, il avait été jusqu'à l’âge de 15 ou 20 ans, disciple de St. Polycarpe ; lequel l'était de St. Jean l'Évangéliste. C'est donc un témoin de diverses contrées et d'une époque très proche de celle du Christ. Or, voici ce qu'il écrivait vers 180 : « Parmi les Hébreux, Matthieu mit par écrit dans leur propre langue l'Évangile, pendant que Pierre et Paul prêchaient à Rome et fondaient l'Église. Après leur départ, Marc, disciple et interprète de Pierre, mit aussi par écrit la prédication de Pierre. A son tour, Luc, compagnon de Paul, publia un livre: l'Évangile prêché par celui-ci. Enfin Jean, le disciple du Seigneur Jésus, celui qui reposa sur Sa poitrine (à la Cène eucharistique), donna aussi son Évangile, tandis qu’il résidait à Éphèse, en Asie ».

b) Les Hérétiques: parmi eux, Marcion reconnaît les auteurs des Évangiles; mais il tronque les textes en sa faveur. Basilide et Valentin acceptent les Évangiles comme authentiques et s'en servent.

c) Le païen Celse fait de même.

- Au 1er siècle :

Durant ce siècle et dès le début du second, donc jusqu'aux origines, on trouve encore des témoignages nous assurant de l'existence des évangiles : donc de leur authenticité.

St. Clément, Pape en 95, témoigne dans une lettre aux Corinthiens.

Nous trouvons aussi un manuscrit intitulé "La Doctrine des Apôtres" et datant de 80 à 100 selon les rationalistes eux-mêmes.

St. Ignace, martyre, Évêque d'Antioche, atteste de même.

St. Polycarpe, Évêque de Smyrne, disciple direct de St. Jean l'Évangéliste, et son ami Papias, Évêque d'Hiérapolis et également disciple de St. Jean, et dont le témoignage explicite en faveur de l'authenticité est d'une grande valeur.

A noter que : près des Évangiles authentiques, canoniquement et universellement connus et reconnus comme tels, existent des Évangiles appelés "Apocryphes" et qui nous apportent, à leur manière, une confirmation : soit parce qu'on a voulu leur attribuer comme auteurs les Apôtres ; et c’est donc à l'imitation d'autres Évangiles qui existaient donc déjà. Soit parce que l'Église primitive les a rejetés ; et, de ce fait, cette attitude de l'Église manifestait qu'elle réservait une valeur d'authenticité à d'autres Évangiles.

 

B)Arguments internes:

Ces arguments internes nous sont fournis par un examen consciencieux et sans parti-pris des Evangiles eux-mêmes qui nous renseignent sur leurs auteurs.

En étudiant attentivement et scrupuleusement le contenu, le style, et diverses autres particularités, on obtient ainsi, par le texte-même, des renseignements sur :

a)   le pays des auteurs: Ce sont des Juifs ; du moins, trois d'entre eux.

En effet, leur langue est soit l’hébreu (St. Matthieu), soit un grec fortement teinté d’hébraïsme (St. Marc et St. Jean). Seul, le troisième Evangile fait exception et est écrit en Grec plus littéraire. Par ailleurs, leur langue, qui reste celle du peuple, révèle, pour les trois mêmes, qu'ils ne sont, ni lettrés, ni philosophes, mais des hommes du peuple et d'origine sémitique.

Les détails historiques (généalogies) et géographiques (descriptions du pays, des mœurs, des idées, des monnaies) sont caractéristiques de la Judée.

b) leur époque: On voit que les auteurs ont été eux-mêmes témoins oculaires des événements qu'ils rapportent, ou qu’ils les tiennent de témoins oculaires : Ils connaissent parfaitement l'état des choses antérieur à la ruine de, Jérusalem (qui eut lieu en 70 après Jésus-Christ). Mais ils ne signalent à aucun moment cette ruine comme étant accomplie, alors qu'ils rapportent la prophétie que Notre-Seigneur a faite à ce sujet. Donc, ces Évangiles (= les trois premiers) sont d'une composition antérieure à cette date. Le quatrième, celui de St. Jean, date de 80 à 100.

c) La personne des Évangélistes: De l'examen du texte évangélique, on peut déduire les conclusions suivantes :

• Le premier Évangile a été composé :

- Par un Juif. Or, St. Matthieu, désigné comme auteur, était Juif.

- Pour les Juifs, car il se place à leur point de vue. Son idée dominante est celle-ci: Jésus est le Messie prophétisé et annoncé par les Écritures. Presque à chaque page il répète : « Ainsi s'accomplit la parole du Prophète... »

• Le deuxième Évangile a été écrit :

- Par un Juif : On le voit par des citations et des descriptions typiquement hébraïques dans leur style d'expression.

- Par un disciple de St. Pierre car les souvenirs touchant le Chef des Apôtres y abondent; même ceux qui sont à son désavantage et que lui seul pouvait connaître et rapporter dans sa prédication.

- Pour des Romains, à l'intention desquels l'auteur donne toutes les précisions utiles sur les coutumes juives ignorées d'eux. Il emploie aussi dans son grec des formules voisines du latin qu'ils comprendront mieux.

L'idée dominante est celle-ci : Jésus, Dieu-fait-homme et roi, est bien le Messie. Cette idée est bien faite pour attirer l'attention de ce peuple qui se disait roi de l'univers. Or, toutes ces caractéristiques correspondent à ce que la Tradition nous dit de St. Marc : Juifs d'origine et secrétaire de St. Pierre qu’il accompagne à Rome.

·Le troisième Évangile a pour auteur :

- Un grec d'origine ; car sa langue est pure, sans hébraïsme.

- Un médecin: il décrit les miracles en se servant de termes techniques.

- Le même auteur que celui des Actes des Apôtres ; car les dédicaces des deux ouvrages se font suite. De plus, le style en est le même.

- Un disciple de St. Paul : Les ressemblances de doctrine sont frappantes par leurs nuances entre le troisième Évangile et les Épîtres de St. Paul.

- Quelqu'un qui écrit pour des païens convertis en insistant sur l'universalité du salut des âmes pour les gens d'origine non-juive (= les Gentils) aussi bien que pour les Juifs : Doctrine chère à St. Paul. C’est aussi l'Évangile de la miséricorde. Toutes ces caractéristiques désignent clairement St. Luc, médecin grec et compagnon de st. Paul et auteur des Actes des Apôtres.

• Le quatrième Évangile enfin a été composé :

- Par un Juif d’origine : Mêmes raisons que celles énoncées ci-dessus.

Témoin de la vie de Jésus et Son ami intime, c'est ce disciple que Jésus appréciait particulièrement et qui a reposé sur Sa poitrine durant la Ste. Cène, qui atteste la vérité de ce récit, et qui l'a écrit.

Toute la Tradition reconnaît St. Jean comme auteur du quatrième Évangile. De plus, on retrouve beaucoup d'idées, de façons de s'exprime, de formes de style et de tendances identiques à ce que l'on constate, en ces mêmes caractéristiques, dans l'apocalypse et les Épîtres de St. Jean : C'est l'Évangile de l'amour de Dieu pour nous et du nôtre pour Dieu, en même temps que celui du Verbe-fait-Chair.

Conclusion et confirmation

Les Évangiles sont donc authentiques. Les innombrables témoignages et le texte lui-même le prouvent clairement et manifestement.

On en a, d'ailleurs, une confirmation dans les aveux des adversaires qui se contredisent entre eux ; lesquels ont attendu... 18 siècles pour prétendre éclaircir, si loin des événements et en partant d'idées préconçues, ce qu'admettaient, dès l'origine-même, tous les écrivains contemporains des faits.

 

 

2.- L’INTÉGRITÉ des Évangiles

 

Ce paragraphe a pour but de montrer qu'il n'y a pas eu d'altération essentielle dans le texte des Évangiles. Il n'existe aucune variante sur le Dogme ou sur la substance des faits rapportés par les Évangiles.

A - Le texte des Évangiles n'a pas pu être altéré :

Trois choses s'opposent à cela :

·La diffusion extrême des manuscrits dans un temps très restreint. Cette diffusion très rapide et très large produisit un grand nombre d’exemplaires, rendant donc impossibles, après coup, des modifications semblables dans tous les manuscrits : Un seul ou quelques-uns modifiés révéleraient la fraude.

·De plus, le zèle et la piété des Apôtres et des Chrétiens envers les Écritures Saintes empêchaient toute fraude : Pour eux, altérer, si peu que ce fut, c’aurait été profaner la Parole de Dieu.

Sur ce point, nombreuses sont les recommandations de St. Jean dans son Apocalypse; de St. Paul à son disciple Timothée: « Gardez le Dépôt (de la Foi) ! » Réclamations aussi contre les changements faits par les Hérétiques (Marcion) et contre toutes modifications même minimes : Un Évêque reproche à un autre d'avoir remplacé le mot "grabat" par le mot "lit".

·La vigilance hostile des Juifs, des Païens, des Hérétiques et de tous les adversaires des Chrétiens qui exerçaient une surveillance très active: Ces gens-là n'auraient pas laissé passer sans rien dire une altération de quelque importance, afin de pouvoir accuser les Chrétiens par la suite.

 

B - De fait, le texte des Évangiles n’a pas été altéré:

·Et tout d'abord, ce serait à ceux qui nient l'intégrité d’en apporter la preuve. Or, c'est le contraire qui se produit.

·Les Rationalistes n'ont pas de preuves à apposer, pas de témoignages sérieux à alléguer. Ils ne présentent que de simples suppositions gratuites pour essayer d'éliminer quelques passages qui les gênent par leur contenu trop clair (miracles ou enseignements). Ces passages sont, d’ailleurs, peu nombreux et secondaires en Apologétique.

·Au contraire, les Chrétiens présentent des preuves éclatantes :

- Existence de plusieurs manuscrits très anciens (: le Sinaïcus, le Vaticanus), versions latines et syriaques entièrement conformes à notre texte actuel de la Vulgate (=traduction de la Bible par St. Jérôme) datant du IVème siècle.

- Conformité de tous les manuscrits entre eux sur les points essentiels, et conformité absolue de presque tous, même sur les points secondaires. C'est là une preuve qu'ils sont conformes à l'original, étant donné le grand nombre et la diffusion très large des manuscrits depuis l'origine du Christianisme, comme depuis l'origine des premiers Écrits inspirés.

- Un fait relativement nouveau et très intéressant est la découverte des « papyri », fragments très anciens des Évangiles, conformes au texte actuel. Certain d'entre eux remonte aux premières années du deuxième siècle. Il contient des passages de l'Évangile selon St. Jean. Découvert en Égypte, il est à Londres. Enfin, encore plus récemment, la découverte, à Qumram, près de la Mer Morte, de manuscrits dits « Manuscrits de la Mer Morte », ajoute encore au crédit de l'authenticité de divers textes bibliques, en particulier d'Isaïe

En conclusion, on peut dire qu'ils n'y a pas eu d'altération dans le texte, ni du temps des Apôtres, ni depuis ; car la fraude aurait été impossible pour les motifs que nous avons dits.

C - La véracité des Évangiles :

Les faits rapportés dans les Évangiles sont vrais. Ces livres constituent une véritable histoire, et non une épopée ou une légende.

Preuves

Il ya deux preuves principales de cette valeur historique.

I.- Époque et mode de composition des Évangiles

a)Les quatre Évangiles ont été composés peu de temps après les faits qu'ils relatent:

Les trois premiers Évangiles ont été composés dans l'espace de vingt ou trente ans à partir des faits qu'ils rapportent. Le quatrième, celui de St. Jean, l'a été durant les dernières années du 1er siècle, et par un témoin oculaire encore vivant. Or, une légende ou une épopée ne peut se constituer qu'un certain temps, parfois un ou plusieurs siècles, après l'événement qui en est le point de départ. Il faut, en effet, donner à l'imagination le temps de former ou d'enjoliver, d'embellir et... de déformer très souvent ; comme il faut donner aux témoins oculaires le temps de disparaître...

b)Les Évangiles ont été composés à la manière d'une histoire rapportant des faits précis, non pas par une amplification légendaire de récits sans importance morale, mais, au contraire, par recueil minutieux d'événements connus et de conséquences morales graves.

St. Luc, par exemple, l'affirme dans son prologue: « D'après ce que m'ont transmis ceux qui, dès l'origine, en furent les témoins oculaires, j'ai résolu, moi aussi, qui me suis rendu compte de tout depuis le début avec exactitude, de t'en écrire l'histoire suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la solidité des enseignements que tu as reçus de vive voix. »

 2.- La valeur des témoins

a)Les Évangélistes sont des témoins qui ne se trompent pas. Ils ont la science de ce qu'ils rapportent.

• Deux Évangélistes, Ss. Matthieu et Jean, sont des témoins oculaires : « Nous L'avons vu et touché », disent-ils au sujet de Jésus.

Deux autres sont des disciples des Apôtres : St. Marc, disciple de St. Pierre ; et St. Luc, disciple de St. Paul. Ils résument leur prédication et écrivent sous leur contrôle immédiat.

• Tous les Apôtres furent lents à se laisser convaincre et ne se rendaient que devant la claire évidence: ce qui se comprend, car, sur le plan humain, ils n'avaient rien à gagner, mais au contraire tout à perdre,... y compris leur propre vie, qu’ils donneront tous de différentes manières pour témoigner précisément de la véracité du Christianisme. Il est à noter que maintes fois Notre-Seigneur leur reproche leur lenteur à croire: C'est, en fait, une garantie.

Ils rapportent des faits concrets, sensibles, matériels et donc faciles à constater, contrôler et, par ailleurs, extraordinaires & enfin d'une grande importance pratique. On peut, dès lors, bien considérer qu'ils y auront porté grande attention

b)Les Évangélistes ne nous trompent pas: ils ont la véracité.

• Ils n'auraient pas pu nous tromper, car il leur était impossible de concevoir l'Évangile, merveilleuse doctrine si éloignée de leur mentalité ignorante et temporelle qui attendait, par exemple, un Messie socialement et politiquement libérateur et conquérant ; doctrine très élevée, inimaginable par ces esprits rustres: cette doctrine contient, en effet, des dogmes dépassant la raison humaine même affinée par l'étude, et au-dessus de la raison (sans aller contre cependant), ce qui présente à cet égard un caractère miraculeux : Non, vraiment, des hommes sans instruction comme l'étaient les Évangélistes, ne pouvaient pas trouver cela.

 • De plus, quand bien même l’auraient-ils voulu  les Évangélistes n'auraient pas pu faire accepter et faire adopter le christianisme s'il eût été de leur invention, et donc sans signes surnaturels montrant bien son origine divine

• Il est manifeste, par ailleurs, que les Évangélistes n'ont pas voulu tromper leur monde. Leur sincérité se prouve:

- par le naturel, la simplicité, la précision dans l'exposé des faits: pas d'emphase pour en imposer ; pas de dissimulation de leurs défauts ; on sent, à chaque pas, par la netteté des détails, les témoins oculaires qu'ils furent.

- Par le ton de la certitude de leurs exposés de la Doctrine reçue du Seigneur :

Ils considèrent les faits comme admis par tous et sans contradiction réelle.

- par les aveux convergents des adversaires eux-mêmes : le Juif Josèphe Flavius et le païen Celse, par exemple, citent les miracles de Jésus et les considèrent comme tels. J.-J. Rousseau lui-même disait: « Ce n'est pas ainsi qu'on invente. Jamais des auteurs juifs ou païens n'auraient trouvé ni ce ton, ni cette morale. L'Évangile a des caractères de vérité si grands si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur en serait plus étonnant que le héros. »

De tout ce qui précède, il est manifeste que les Évangiles sont véridiques en ce qu'ils rapportent et apprennent de Jésus.

 

 

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Les trois premiers Évangiles et le quatrième (de St. Jean)

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On appelle parfois les trois premiers Évangiles "les Synoptiques".

Cela vient de ce qu'ils ont été composés sur un même plan. On peut mettre leur texte sur trois colonnes parallèles et obtenir ainsi une vue simultanée (: en grec: synopsis) sur la vie et les dires de Notre-Seigneur. C'est là le résumé par écrit des prédications orales des Apôtres.

Or, le quatrième Évangile, celui de Ste Jean, est composé suivant un autre plan, Il insiste davantage sur le ministère de Notre-Seigneur en Judée, plutôt que sur celui de Galilée, comme le font les autres ; et il met en pleine lumière la divinité de Jésus, que les Synoptiques proclamaient aussi, mais en l'énonçant simplement.

Les travaux des spécialistes en Écriture-Sainte (= les Exégètes) ont montré de façon qui ne fait aucun doute que :

- Non seulement il n'y a aucune contradiction réelle entre les récits des trois premiers Évangiles et le quatrième ; mais encore que :

- St. Jean, dernier survivant des témoins oculaires de Jésus, a voulu, en écrivant son Évangile, compléter les récits des trois premiers Évangiles sur les événements laissés par ceux-ci dans l'ombre, et mettre en lumière les doctrines attaquées par les premières hérésies.

- De plus, en y regardant de plus près, les enseignements donnés par les Synoptiques et par St. Jean concordent de telle façon qu’ils se confirment mutuellement dans la plus parfaite harmonie.

 

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Les autres sources écrites de la Révélation chrétienne

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Une démonstration analogue à celle faite pour les Évangiles pourrait être réalisée pour les "Actes des Apôtres" (écrits par St. Luc et racontant la vie des tout premiers temps de l'Église naissante), les Épîtres de maints Apôtres, et l' « Apocalypse » (écrit par St. Jean l’Évangéliste).

Après des efforts parfois acharnés en sens contraire, la critique rationaliste elle-même a été obligée de revenir sur tous les points essentiels et raisonnables qui sont les positions catholiques.

 

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RÉFLEXIONS DIVERSES

 

 

LES ÉVANGILES SONT DES TÉMOIGNAGES

par Mr. le Chanoine Cristiani

 

« Nos preuves sont celles que toute l'Histoire revendique. Il s'agit de faits qui ont été publics. Des foules entières les ont vus. Jésus Lui-même a confié l’avenir de Sa révélation, de ce que nos contemporains appellent volontiers d'un mot qui leur semble sans doute moins compromettant ‘Son message à des témoins’ : les Apôtres ; lesquels disent à ce sujet: ‘Ce que nous avons vu et entendu.’

Mais pour nous qui sommes hors de portée de leur voix humaine, comment ce témoignage subsiste-t-il ? par des écrits. Les principaux -non les seuls- sont les quatre Évangiles. Ils sont signés, c'est-à-dire ayant pour origine des auteurs identifiés et connus, et d'une identité irréfutable, qui furent les principaux témoins d'événements divins et humains tout à la fois qui ont changé la face spirituelle de l'univers terrestre: ce sont St. Matthieu, St. Marc, St. Luc et St. Jean.

Il n'y a certainement pas, dans tout le domaine de l'histoire, de procès qui ait été soumis à une vérification aussi prolongée que celui de la vie du Christ.

On peut même dire que voilà bientôt vingt siècles qu'il dure.

On constate alors que, d’un côté, il y a l'opinion traditionnelle, sans cesse confirmée par les nouvelles découvertes, les démonstrations neuves et se présentant sous forme de chaîne ininterrompue, depuis les Apôtres et les Évangélistes, sans une lacune, sans une contradiction sérieuse, sans une hésitation.

Tandis que, de l'autre côté, les adversaires de la véracité des Évangiles ne s'additionnent pas. S'ils nient la valeur historique des Evangiles, ils ne nient pas moins la valeur des systèmes qui ont précédé le leur, et ainsi de suite.

Il se dégage, entre la fixité et la solidité de la thèse catholique, l'aisance avec laquelle elle peut répondre aux difficultés, aux chicanes que chaque siècle lui oppose et les perpétuelles variations des critiques incrédules, leurs contradictions, leurs impuissances, une impression irrésistible. »

                                                                                         Ch. Cristiani.

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« Voyez les livres des philosophes avec leur pompe: Qu'ils sont petits à côté de celui-là (= l'Évangile)! Se peut-il qu'un livre, à la fois si sublime et si sage, soit l'ouvrage des hommes? Se peut-il que celui dont il fait l’histoire ne soit qu’un homme lui-même?

Dirons-nous que l'histoire des Évangiles est inventée à plaisir? Ce n’est pas ainsi qu'on invente ; et les faits de Socrate dont personne ne doute sont moins attestés que ceux de Jésus-Christ.

Il serait plus inconcevable que plusieurs hommes d’accord eussent fabriqué ce livre, qu'il ne l'est qu’un seul en ait fourni le sujet. Jamais des auteurs juifs n'eussent trouvé ce ton, ni cette morale ; et l'Évangile a des caractères de vérité si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur en serait plus étonnant que le héros. »

                                                                                      J. J. Rousseau.

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PENSÉES, RÉFLEXIONS, MAXIMES et IDÉES-FORCE

corroborant ou éclairant certains points de la Morale et de l'Apologétique

 

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1. C'est bien peu de chose que l'homme, et tout ce qui a fin est peu de chose...

Ma vie est de 80 ans environ; prenons-en cent: Qu'il y a eu de temps où je n'étais pas! Qu'il y en aura où je ne serai plus! Et que j'occupe peu de place dans ce grand abîme du temps ! Je ne suis rien. Et ce petit intervalle de mon existence n'est pas capable de me distinguer du « néant » où il faut que j'aille. (Bossuet.)

2. Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser. C'est tout ce qu'ils ont pu inventer pour se consoler. (Pascal)

3. Le 1er Septembre 1926, on réveille, au petit matin, le condamné Passerache pour le conduire à la guillotine; « On m'exécute? Mais alors, où vais-je aller maintenant ? »

4. La force de l'homme est petite; nul de ses projets n'aboutit complètement. Sa courte vie n'est que peine sur peine; et la mort, l'inévitable mort pend au-dessus de lui, inévitablement. (Simonide)

5. La jeunesse angoissée tourne vers nous ses regards parce qu'elle aspire vers une synthèse intellectuelle qui donnera un sens et un ordre à toute sa vie. Tant qu'il n'y aura pas de réponse définitive et adéquate aux questions: Quel est le sens de ma vie, le sens de la douleur, de la mort ?, on gardera l'impression de voir le sol se dérober sous les pieds. (Pie XII, 21 nov.1946)

6. La soif d'exister davantage fait le fond de l'angoisse humaine, de notre angoisse vitale. Jamais cette soif d'être et cette angoisse du néant n’ont été plus violents que de nos jours. Elles s'expriment par la ruée présente vers toutes les formes de pensée et d'art matérialistes et existentialistes. (R. Levesque)

7. Le problème de la vie consiste essentiellement dans la contradiction violente, incompréhensible et douloureusement sentie qui existe entre la vie telle qu'elle est et la vie telle que l'homme la désire. Ce qui distingue l'homme de l'animal, c'est précisément que la vie constitue pour l'homme un problème. On peut dire qu'il n'est véritablement homme que le jour où ce problème lui apparaît et se pose à lui. (L. Sullerot)

8. Pourquoi vous obstinez-vous à vous enquérir d'où vous venez et où vous allez ? Vous ne saurez jamais un mot de tout cela. Laissez-là ces chimères: Ces problèmes sont une maladie; le moyen d'en guérir, c'est de n'y pas penser. (Littré; qui s'est converti au moment de mourir...)

9. Le problème de la vie? Je n'y pense qu'une fois par an. J'y ai pensé hier; repassez dans un an... (A. Karr)

10. Sur la tombe de combien de gens pourrait-on écrire ces mots: « Ici repose quelqu'un gui n'a jamais su pourquoi il vivait... ( Bopp)

11. Le désarroi où sont plongés les hommes vient de ce que le soir ils ne savent pas pourquoi ils' se sont levés, et pourquoi demain ils recommenceront. (P.Doncoeur)

12. La plupart des hommes n'ouvrent les yeux qu'une seule fois: Au moment de la mort... Et on s'empresse de les leur refermer! ... (H. Bordeaux)

13. Ce furent, je le dis maintenant franchement, la crise de l'adolescence et la honte de certains aveux qui me firent renoncer à mes habitudes de piété. Bien des hommes qui sont dans ce cas conviendraient s'ils étaient sincères, que ce qui les éloigna d'abord de la Religion ce fut la règle sévère qu'elle impose à tous au point de vue des sens et qu'ils n'ont demandé que plus tard, à la raison et à la science, des arguments métaphysiques qui leur permettent de ne plus se gêner. (F. Coppée)

14. Mon expérience de onze ans d’internat de Lycée et celle de mes quatre années d'Ecole Normale m'ont montré que, dans la plupart des cas, le jeune-homme cesse d'être catholique pratiquant moins pour des raisons d'ordre intellectuel que pour des motifs d'ordre moral. C'est parce qu'il n'a plus le cœur pur qu'il se détourne de Dieu et qu'il se refuse à ces règlements de comptes que sont les confessions et surtout la communion. (J. Guiraud)

15. Ce recul intellectuel dans la croyance en Dieu est ordinairement la conséquence d'un déchet moral. Sous l'influence d'une passion on en arrive à désirer que Dieu ne soit pas, et, sous l'action de ce désir, on finit par se persuader que Dieu n'est pas. (Duplessy)

16. L'homme, en se détachant de la foi, se détache surtout d'une chaîne à ses plaisirs. Je n'étonnerai aucun de ceux qui ont traversé les études de nos lycées en affirmant que la précoce impiété des libre-penseurs en tunique a pour point de départ quelque faiblesse de la chair insurmontée et accompagnée d'une horreur orgueilleuse de l'aveu au confessionnal. Le raisonnement - quel raisonnement !- arrive ensuite et fournit des preuves à l'appui d'une thèse de négation acceptée d'abord pour les besoins de la pratique. (P. Bourget)

17. L'histoire de Saint-Augustin, l'Africain, se répète pour chacun de nous: La perte de la foi coïncide avec l'éveil des sens. Ce n'est pas la raison qui détourne de Dieu l'adolescent, c'est la chair. L'incrédulité ne fait que fournir des excuses à la vie nouvelle qu'il mène. (L.Bertrand)

18. Un fils peut bien renier sa mère : Il ne cesse pas pour autant de lui être biologiquement uni. Ainsi, loin de la maison paternelle et devenus pour elle des étrangers, ces incroyants entendent encore, sans s'en rendre compte peut-être, l'écho de cette hérédité chrétienne qui, bien souvent dans leurs résolutions et dans leurs actions, les préserve de se laisser complètement dominer et guider par des idées fausses auxquelles ils adhèrent. (Pie XII, le 1er sept. 1944)

19. Dieu ne peut qu’être Lui-même présent dans toute inquiétude qui Le cherche ; et on ne Le cherche que parce que Lui-même, au fond du cœur, oriente celui-ci. (R. Schwob)

20. L'objection est courante et facile: « Des gens intelligents et instruits soutiennent le contraire de ce qu'affirme la Religion catholique; ils sont donc dignes d'attention ! ». Mais cela ne change rien au problème posé, ne met pas dans l’embarras, sauf celui qui raisonne ainsi ; car celui-ci doit lui-même réfléchir et apporter la réponse au problème. Au reste, le Catholicisme ne perd pas, de nos jours - tout au contraire - son attrait parmi les humbles Comme chez les intellectuels, comme le prouvent des milliers de conversions qu'il enregistre chaque année : En Angleterre, on compte de 15 à 20 mille le nombre des conversions annuelles. Aux U.S.A., l'Eglise Catholique est passée de 16 millions en 1916 à 32 millions et plus en 1965. Et parmi les contemporains, nombreuses sont les conversions importantes ou retentissantes, dont celles de : Claudel, Rivière, Ghéon, Lavallière, du Bos, Huysmans, Retté, Baring, Leyvraz, Chesterton, Psichari, Jammes, Mlari­tain, Bergson, Dwelshauwers, Joergensen, Péguy, Nicole, Dom Lou, Doroty Day, Arnod Lunn, Pierre Dupouey, Sigrid Undset, Camelli, Pierre Van der Meer de Walcheren, Dom Bruno Destrée, Wallace, Max Jacob, Dom Bède Camm, Clara Shéridan, Papini, de Foucauld, Cohen, Garry Cooper, Verkade, Schwob, Charles Nicolle, Graham Greene, Vla­dimir Chika, Alexis Carrel, Joseph Lhotte, Daniel Sargeant, Pierre Termier, Bourget, Herriot, Lecomte du Nouy, Evelyn Waugh, Gabriel-Marcel, etc...

21. Moi, c'est pour comprendre que je suis Catholique (J. Rivière)

22. Si je n'étais pas Catholique de conviction, je voudrais l'être rien que pour, d'un balcon, regarder ces idées modernes, malades et anémiées. (P. Bourget)

23. Pourquoi je suis Chrétien ? : Parce que je sens que l'aventure humaine débouche sur autre chose qu'un creux désespoir, une creuse interrogation ou une creuse insouciance. (G. Thibon)

24. La vérité est si obscurcie en ces temps, et le mensonge si établi qu'à moins d'aimer la vérité on ne saurait la connaître. (Pascal)

25. Le secret des caractères énergiques, c'est l’énergie des convictions. Là où les principes ne commandent plus, la volonté se tourne au gré de l'intérêt. (E. Caro)

26. Faites tous les jours quelque chose sans autre raison sinon que vous préféreriez ne pas le faire, de sorte que lorsque surviendra l’heure terrible de la détresse, elle ne vous trouve pas sans énergie. (W. James)

27. Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est que parfois on la trouve. (P. Sertillanges)

28. Il Y a une sœur et un frère que Dieu créa inséparables : la Vérité et l'inconvénient ; et je ne crois pas qu' à cause du frère, il soit bon d'étrangler la sœur. (Lamennais)

29. La difficulté, ce n'est Pas de commencer, mais de recommencer. Il n'y a que ceux qui recommencent qui achèvent. (O. Pirmez)

30. N'ayez pas peur des échecs ; Le premier est nécessaire, car il exerce la volonté. Le second peut être utile. Si vous vous relevez du troisième, vous êtes un homme. (R. Bazin)

31. Notre sincérité doit consister â renouveler sans cesse notre effort vers la sincérité. (Abbé Flory)

32. 0 homme vain! Drapé d'un peu d'autorité, tu joues devant les cieux de si grotesques comédies que tu ferais pleurer les Anges ! (Shakespeare)

33. Organiser scientifiquement l'humanité, tel est le premier et le dernier mot de la science moderne. Il est indiscutable que la raison, après avoir organisé l'humanité, organisera Dieu. (Renan)

34. Le vrai savant n'hésite pas à déclarer que ses méthodes ne suffisent pas à donner satisfaction à toutes les aspirations de l'âme humaine. (M. Lecornu de l'Académie des Sciences)

35. Quels que soient, dans l'avenir, les progrès de l'algèbre et de l'analyse, les grands problèmes de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme échapperont toujours à leurs formules. Le plus grand géomètre du monde n'en sait pas plus long sur ces questions qu'un élève de l'école primaire. (E. Goursat, Professeur à l'Université de Paris)

36. La Science est aussi un cimetière d'hypothèses. (Chan. Lemaître)

37. Impossibilité do remonter aux causes premières: existence même et harmonie des choses, mystère de la pensée; et de la vie; mystère partout : Quelles raisons pour la Science de proclamer son ignorance! (Georges Claude, Ac. des Sciences)

38. Toutes les sciences confinent à l'inconnaissable; toutes sont plaines d'énigmes, insolubles pour la plupart; toutes sont évocatrices du mystère, bien plus qu'explicatrices (P. Termier)

39. L'on connait bien les lois de la chute des corps, mais non la raison vraie du mouvement. Voyant que tout se passe comme si, réciproquement, les masses s’attiraient, on attribue gratuitement à la matière, sous le nom de pesanteur ou de gravitation universelle, une mystérieuse propriété attractive analogue à la propriété dormitive de l'opium. On peut en dire autant de la chaleur ; de la lumière, de l'électricité, etc... Désespérant de jamais découvrir l'essence intime des phénomènes, la raison humaine, pour les expliquer, forge des hypothèses et dissimule, sous le mirage des mots, son incurable ignorance. (Ch. Lallemand, de l'Ac. des Sciences)

40. J'ignore ce que le monde pense de mon travail ; mais, pour moi, dans toutes mes recherches scientifique, je n’ai jamais été qu'un enfant qui joue sur la plage. Quelquefois, peut-être, j'ai trouvé un caillou plus rond, ou un coquillage plus joli que n'en trouvaient mes compagnons : mais l'océan de la, vérité est toujours resté un mystère à mes yeux. (Newton)

41. A chaque question que lui pose l’expérimentateur, la, Science donne bien une réponse; mais cette réponse soulève, à son tour, vingt problèmes nouveaux. La Science est, avant tout, une école de modestie et de sincérité. (A. d'Arsonval; prof. au Collège de France)

42. Quelque loin que la Science pousse ses conquêtes, son domaine sera toujours limité; c'est tout le long de ses frontières que flotte le mystère; et plus ces frontières seront éloignées, plus elles seront étendues. (R. Poincaré; Récep. à l’Académie Française)

43. Sur le pourtour si étendu des sciences actuelles, les questions se posent en un nombre prodigieux que chaque pas en avant accroît d'une façon affolante. Chaque découverte suscite plusieurs points d'interrogation, et la réponse chacune de ces questions ne peut amener qu'une multitude de questions nouvelles. (Joly)

44. Le sens du mot « mystère » ne saurait se restreindre au domaine religieux : Il est de mise toutes les fois qu'en remontant les causes, la, logique et l'expérience cessent de donner satisfaction à ­l'esprit: L'axiome, notion scientifique d'intuition, tout comme le mystère religieux. Dans l'une et l'autre voie d'exploration, il faut, au départ, commencer par un acte de foi. (M. Desgrez, Prof. de chimie biologique à l'Université)

45. Le mystère éclaire à sa façon, comme un plan d'ombre dans une eau-forte. Il souligne les clartés; il localise l'obscurité... En dépit de nos prétentions, nous ne faisons, psychologues, cosmologues ou métaphysiciens, que brasser du mystère. Bien aveugle qui ne le voit pas ! (P. de Sertillanges.)

46. Heureusement qu'il Y a des mystères dans la Religion ! S'il n'y en avait pas, je me méfierais: Je craindrais qu'il n'y ait là qu'une construction artificielle de l'esprit humain. Le mystère me rassure: Il est la marque de Dieu. (Ch. Nicolle)

47. Le mystère n'est pas un mur où l'intelligence se brise : C'est un océan où l’intelligence se perd. (G. Thibon)

48. Une religion sans mystère, cela me fait penser à une annonce que j'ai lue dans les journaux : « Vin sans raisin ». (de Goncourt)

49. Dans le mystère, ce n'est pas le manque, mais l'excès de lumière qui empêche notre intelligence humaine de voir. (xxx)

50. Beaucoup de science permet à l'homme de découvrir sa vaste ignorance. (Young)

51. Il y a entre l'image que la science peut nous fournir d'un homme et de la réalité de cet homme, la même différence qu'entre un plan soigné de petite ville et la vie intime de ses habitants. (Lecomte du Nouy)

52. Ce n'est certainement pas l'homme qui est la cause de l'ordre du monde. Il ne met même pas l'ordre dans son propre corps, puisque le pouvoir de son intelligence ne s'étend pas à la création ni même au fonctionnement de ses organes. (Sullerot)

53. L'œil et l'aile d'un papillon suffisent pour écraser un athée (Diderot)

54. On regarde comme un génie celui qui trouve un des secrets de la nature... Serait-il donc déraisonnable d'admettre que si tant d'intelligence s'affirme dans ces simples découvertes, il n’en a fallu aucune pour présider à l'établissement de lois si compliquées et si harmonieuses ?... (Lesêtre).

55 Où que j'étende les bras, je nage dans la splendeur de Dieu (P. Claudel)

56. Quand un rayon de soleil entre dans une pièce, lui-même ne se voit pas. Ce qu’on voit n'est que la danse des poussières de l'air qui reçoivent et nous révèlent sa lumière : Ainsi la clarté pure de la Pensée créatrice n'apparaît qu'indirectement dans la danse des choses. (P. de Sertillanges)

57. Tout homme exerce l'affirmation de Dieu, même celui qui la refuse ; comme tout homme affirme la vérité, même celui qui dit : « Il n'y a pas de vérité ». (P. de Sertillanges)

58. Toute marée dénonce au-delà des nuages un astre vainqueur : L'incessante marée des âmes est-elle seule à palpiter vers un ciel vide? (Fr. de Curel).

59. Le cœur de l'homme a été à l'origine blessé d'un trait qui partait de l’infini. Nul ne guérira de cette blessure que Celui qui l'a faite (Mgr. d'Hulst).

60. Tu m'as fait pour Toi, Ô mon Dieu ; et mon cœur est inquiet tant qu'il ne s'est pas reposé en Toi. (St. Augustin)       .

61. Le monde est régi par une Intelligence infinie. Plus j'observe plus je vois cette Intelligence qui rayonne derrière le mystère des choses. Je sais qu'on ne manquera pas de m'en railler. Très peu m’en soucie. On m'arracherait plutôt la peau que la croyance en Dieu ... Dieu ? ... : Je n’y crois pas: je LE vois. (Marconi).

62. Tout homme de science sait qu'il est des mystères insolubles. Seule la croyance à un Etre supérieur - croyance qui requiert notre obéissance - nous donne le courage d'aborder vaillamment l'étude des secrets de la vie. (Marconi).

63. C'est pour avoir étudié et réfléchi beaucoup que j'ai gardé une foi de Breton. Si j'avais réfléchi et étudié davantage, j'en serais venu à une foi de Bretonne! (Pasteur).

64. Ce sont mes travaux-mêmes qui m'ont ramené à Dieu et à la Foi.       (Becquerel, Radiologue)

65. Puisqu'aussi bien l'intelligence et la science ne peuvent rien savoir des choses profondes de la vie, ce n'était pas la peine de s'écarter de la vieille tradition. Et, pour moi, j'y reviens; et je n'ai aucune peine à m'incliner devant le Maître.(Charles Nicolle, au moment de sa conversion).

66. Les sciences, dans leur ensemble, disposent l'esprit à reconnaître que Dieu existe... Le savant, quelle que soit sa science spéciale, est mieux préparé qu'un autre homme à reconnaître que tout être observé est immobile, causé, contingent, composé et imparfait, ordonné et multiple. Il lui est donc plus facile qu'à l'ignorant de s'élever à l'idée d'un Etre qui est immobile, non causé, nécessaire, simple et parfait, ordonnateur unique de toutes choses... C' est dans ce sens que les sciences conduisent à Dieu. C'est dans ce sens que l'on a pu dire que le monde physique est le sacrement de Dieu. (P. Termier).

67. Nous savons tous qu’il existe des domaines de l'âme qui échappent à toute loi de la physique. Dans notre quête nostalgique de Dieu notre âme s'élève et tend vers la réalisation d'une tendance profonde de notre nature.

La justification de cette tendance se trouve en nous-mêmes, dans cet élan puissant qui s'éveille, dans notre conscience, à une lumière intérieure oui nous vient de Dieu. La science ne peut mettre en doute cette justification (Sir A.S. Eddinton, astr.)

68. Mon grand secours c'est que, depuis mon enfance, s'est solidement enracinée en moi la croyance inébranlable en la Toute-puissance et la Toute-bonté de Dieu ... La Religion et la Science ne s'excluent pas, comme certains le croient ou le craignent de nos jours ; mais elles se complètent mutuellement. (Max Planck, physicien).

69. Si quelqu'un dit que le Dieu unique et véritable, Créateur et Seigneur, ne peut être connu d’une façon certaine par les lumières naturelles de la raison, au moyen des choses qu'Il a faites, qu’il soit anathème ! (Concile du Vatican I).

70. Dieu peut être connu, et par conséquent aussi démontré avec certitude, par la lumière naturelle de la raison, au moyen des choses qui ont été faites, c'est-à-dire par les ouvrages visibles de la création, comme la cause par les effets (St. Pie X).

71. Quelle plus grande absurdité qu'une fatalité matérielle et aveugle qui aurait produit des êtres intelligents! (Montesquieu).

72. C'est en vain qu'au spectacle des instincts merveilleux de l'insecte, on s'efforce de ne trouver là que des concordances fortuites ; ce n'est pas avec le hasard que s'expliquent de semblables harmonies (Fabre, entomologiste).

73. Il est aussi absurde de rapporter le système du monde à des lois physiques, sans tenir compte du Moi ordonnateur, que d’attribuer la victoire de Marengo à des combinaisons stratégiques sans tenir compte du premier Consul.

74. Il Y a l'athée dilettante qui va en sifflotant, satisfait de s’être débarrassé des chimères, et ne s'apercevant pas qu'il a fait de la terre une solitude où l'on n'entend plus que des gros rires, des plaintes et des hurlements (de Sertillanges).

75. La sensualité tente le cœur du désir qu'il n'y ait pas de DIEU pour qu’il n’y ait ni frein ni juge. Voilà pourquoi tant de défections se produisent chez les adolescents ; voilà pourquoi la foi meurt quant naît la passion (Duplessy, apologiste).

76. J'aurais bientôt quitté les plaisirs, dit l'incrédule, si j’avais la Foi... Et moi je vous dis : Vous auriez bientôt la Foi, si vous aviez quitté les plaisirs. (Pascal, in Pensées).

77. Quelle autorité peuvent avoir, pour inquiéter des croyants, des hommes qui n'ont d'autre argument contre Dieu que de vouloir légitimer leurs désordres? (J. Guibert).

78. Nul ne nie Dieu, s'il n'a intérêt à ce qu'Il n'existe pas (St-Augustin).

79. Je fais une grande différence entre l'athée jouisseur, semblable à la bête « qui fouille du groin la flaque sans voir au fond le reflet du ciel » (J. Serre), et l'athée par erreur, par déviation intellectuelle, voire par réaction contre de faux déismes qu'il sait rejeter et ne sait pas remplacer. (de Sertillanges).

80. Quand, au fond de mon être, s'élève un cri de détresse vers la cause inconnue de cet être, je ne puis croire que la source de toute pensée n'ait point de Pensée et que le principe de tout amour ne soit point l'Amour (Paul Bourget).

81. Expliquez-moi un grain de sable et je vous expliquerai DIEU (Lamennais).

32. On ne comprend ni la vie ni la mort ; on ne comprend pas soi-même, et l'on voudrait pénétrer clairement tous les secrets du ciel et de Dieu ? (L. Veuillot).

83. Le feu follet ignore la terre profonde ; ainsi la vie falote que nous menons ici ignore les profondeurs de Dieu d'où elle émerge ainsi qu’une flamme légère. (de Sertillanges).

84. L'existence en l'homme normal du désir naturel du surnaturel est aujourd'hui une thèse certaine qui, en théologie, a retrouvé tous ses titres... A la condition de ne pas en faire une question de droit, ni de puissance, ni de besoin, ni de projet, encore moins d'exigence, cette vie transcendante et divine est le sens du vœu suprême de l'humanité. (E. Masure).

85. Toute âme est naturellement capable de la Grâce ; par le fait même qu'elle est créée à l'image de Dieu, elle est capable de Dieu par la Grâce, comme le dit St-Augustin (St-Thomas d'Aquin, Ia IIae, q. 113, a,10).

86. Je voudrais dire à mes compatriotes : Lisez donc l’Evangile... Prenez toutes les pages de l’histoire de l’Eglise, y compris quelques pages maculées par la faiblesse ou la malice de certains hommes... Faites la part des choses, la part des hommes et la part de Dieu, et vous conclurez à un fait social absolument supérieur et unique. Peut-être alors, vous poserez-vous la question : « Le Créateur S'est-Il révélé ? » (Mgr. P.-C. Lou).

87. Assurément, la foi s'appuie sur les preuves, parce qu’elle est pour une part, intelligence du vrai. Mais elle est un acte libre de       notre volonté qui se jette avec confiance dans les bras de Dieu, quand nous sommes arrivés au point où la science, n’a plus rien à dire. (J. Calvet).

88. Le rôle décisif du cœur dans la Foi, est une évidence ; il y aura toujours des pharisiens pour discuter pied à pied et nier le miracle de la guérison de l'aveugle-né ; et il y aura toujours des saints Jean pour reconnaître le Maître dans la brume du matin. (Joly).

89. La raison humaine, pour éviter toute tromperie et toute erreur dans une affaire de si haute importance, doit faire l'enquête la plus attentive sur la réalité de la Révélation divine, afin qu'il lui soit absolument certain que Dieu a parlé. (Pie IX).

90. Le chrétien est celui qui ne trouve le dernier mot du monde et de la vie qu'en Jésus-Christ. (P. Rousselot).

91. Le chrétien est celui qui s'unit au Christ comme à quelqu'un que l'on connaît intimement, que l'on aime passionnément, et que l'on sert héroïquement. (R. Claude).

92. Il est Celui qu'avec des milliards de vivants et centaines de milliards de morts j'ai l'honneur d'appeler Notre-Seigneur Jésus-Christ ! (R. Bazin).

93. Quelle supériorité de savoir seulement un peu de Jésus-Christ ! (L. Veuillot).

94. Quoi qu'il fasse, l'homme doit emprunter un minimum de substance aux choses de la terre ; il ne suffit pas : Toute son activité se résume, en somme, à explorer ce qui est créé, pour en trouver les lois, et ce sont alors les sciences, ou bien à agencer ou à reproduire ce qui est créé, et ce sont les arts. Il découvre, assemble, ou copie; mais il ne crée pas.

Résignons-nous donc à ne pas comprendre, en lui-même et par l'intérieur, l'acte qui a donné naissance au monde et qui maintient celui-ci dans une dépendance totale per rapport à son Créateur DIEU !

95. Se représenter le passage du néant à l'être, c'est difficile. Mais de là à conclure que ce passage est impossible, il y a loin !... Nous ne pouvons pas, observe Spencer, nous représenter l'univers dans ses proportions véritables : Cela ne nous empêche pas de croire à son existence ! (Duplessy).